25-05-07
Cameroun: Lutte contre le Sida : Obala tire les bénéfices de la gratuité des Arv
Le nombre de séropositifs pris en charge a considérablement augmenté à l'hôpital de district de la ville depuis le 1er mai, grâce à gratuité des Arv.
Le lundi 14 mai dernier, la cour de l'hôpital de district d'Obala, ville située à une quarantaine de kilomètres de Yaoundé,a accueillie ses visiteurs habituels. A l'aile gauche de l'hôpital, le rang des aspirants à la consultation ne raccourcit pas, malgré le temps qui s'écoule. Aux urgences, juste à l'entrée, la quasi totalité des places sont occupées, même s'il est déjà plus de 11heures. De temps en temps, une mototaxi amène un nouveau patient, qui vient rejoindre l'un ou l'autre groupe. A la droite du bâtiment des urgences, un chemin qui serpente jusqu'à la maternité. Assis sur des bancs rangés le long du mur, des patients n'ayant rien de femmes enceintes attendent leur tour chez le Dr Joël Fokom.
Ce jeune médecin est le responsable de l'Unité de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida. Ce jour, la dizaine de malades qu'il reçoit a droit à une séance IEC (information, éducation et communication) : " Nous avons là des patients sous traitement qui viennent renouveler leur ordonnance ; ceux qui, sous traitement, ont présenté des problèmes de santé (diarrhée, toux, problèmes cutanés, hausse de la température… ; et ceux qui, n'étant pas encore sous traitement, ont besoin de nos conseils ", dit le Dr Joël Fokom. L'Upec de l'hôpital d'Obala ne ploie pas sous des demandes mais un frémissement est perceptible depuis deux semaines. L'entrée en application de la décision du ministre de la Santé publique de rendre gratuit le traitement sous antirétroviraux (ARV) n'est pas étrangère à cette situation. Le directeur de l'hôpital, coordonnateur de l'Upec, Dr Paul Eloundou explique : " Depuis que la gratuité des ARV a été instituée, on a noté une affluence inhabituelle des patients séropositifs. Certains qu'on avait perdu de vue sont revenus et d'autres qui n'osaient pas venir arrivent. "
Cette mesure gouvernementale a presque sauvé la mise à l'Upec de l'hôpital d'Obala. " On nous autorise de prendre en charge gratuité pour cause d'indigence 15% du nombre des patients. Nous en sommes passés à 18%, puis à 20%, mais il y en avait encore. Aujourd'hui, fort heureusement, c'est gratuit pour tout le monde", se satisfait Dr Paul Eloundou. En effet, le 1er mai étant un jour férié, dès le lendemain le responsable de l'Upec a noté une augmentation significative du nombre de personnes désireuses de commencer ou de poursuivre le traitement sous ARV. "Nous avions 119 patients répertoriés au 31 décembre 2006, et enregistrions environ 15 malades de plus chaque mois, soit une marge de progression de plus de 17,5%. Deux semaines après la mesure de gratuité des ARV, on a déjà enregistré 15 patients ; on devrait avoir le double à la fin du mois ", pronostique Dr Joël Fokom.
Néanmoins, il subsiste encore une incompréhension chez les patients qui arrivent en raison de la gratuité des ARV : " ils ne comprennent pas qu'on leur dise que le bilan thérapeutique coûte 3 000 francs et que lui n'est pas gratuit ", se plaint le coordonnateur de l'Upec. Ce qui confirme que le mot magique ici, c'est "gratuité". "Vous savez, le test de dépistage a été ramené à 500 francs, le prix d'une bière, mais les gens ne se bousculent pas. Mais dès qu'on dit dépistage gratuit, ils accourent", indique le Dr Joël Fokom.
La seule inquiétude qui semble sourdre dans cette Upec est liée à la disponibilité permanente des médicaments. Le personnel médical veut être certain que l'hôpital sera toujours ravitaillé et que les stocks seront toujours disponibles Pour sa première commande, l'Upec de l'hôpital d'Obala a été livrée de manière satisfaisante. " Nous avons reçu une quantité suffisante pour couvrir nos besoins et même au-delà, en tenant compte de l'augmentation du nombre des patients ", précise le Dr Joël Fokom.
Avecun taux de séroprévalence évalué à 6%, pour une population estimée à 150 000 habitants, la ville d'Obala tire donc avantage de la mesure gouvernementale de rendre les ARV gratuits. L'Upec de l'hôpital de district a été référencée pour un projet de recherche franco camerounais sur la stratégie la mieux adaptée pour l'Afrique dans la prise en charge aux ARV des personnes vivant avec le VIH/sida.
Parfait N. Siki
© Repères
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