ouadjigongangInhumé samedi dernier, à  Bamena dans le département du NDE, André Ngongang Ouandji, l’ex-ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun auprès de la Fédération de Russie repose désormais en paix.

M. André Ngongang Ouandji ,ancien doyen du corps diplomatique africain à Moscou décédé des suites de maladie, le 27 juin dernier, à Bruxelles a eu droit aux obsèques officielles et à une décoration à titre posthume. Il a été élevé au rang de grand cordon de l’ordre du mérite camerounais par le représentant personnel du chef de l’Etat, le Ministre d’Etat chargé des Relations Extérieures, Jean-Marie Atangana Mebara.

Le samedi 4 août dernier, le village Bamena a connu une affluence peu ordinaire mais seulement, l'accès sur les lieux de la cérémonie n'était du tout pas facile pour les visiteurs. Un véritable parcours de combattant.

Des routes qui ne sont entretenues que lors des obsèques des natifs du coin

A Bamena, on a assisté à une cérémonie à double vitesse avec l'arrivée en compte goûtes des invités à cause de la vétusté de la route.

Accéder au quartier NGNOU à Bamena, n'était du tout pas facile à cause du mauvais état de la route. Malgré Bamena_routeles efforts de la population pour rafistoler par endroits la piste abandonnée depuis des lustres, il fallait replier son pantalon pour arpenter les sentiers abandonnés. L'on a même vu certaines personnes enlever leur cravate et veste, se déchausser pour faufiler dans les champs de maïs afin de se rendre à NGNOU. La kyrielle des véhicules  tout terrains  présents à Bamena n’ont pas pu vaincre les nids de poules et les tranchées de NGNOU. Il n'ya que les conduteurs de motos taxi qui se sont frottés les mains parce que fort sollicités. Même le représentant personnel du chef de l’Etat a dû emprunter une piste à partir de Bangoua, pour y accéder.

Selon Djampou Isaac, un villageois que nous avons rencontré, le village est abandonné par ses dignes fils et l'état des routes en est une preuve patente. Quelques rares routes encore praticables sont celles qui ont été réaménagées dans le cadre des obsèques des habitants du coin ajoute-il.

M. André Ngongang Ouandji né en 1936 à NGNOU- Bamena dans le département du Ndé, a fait ses études primaires à Bamena, Bangou et Bangangté, études sanctionnées en juillet 1951 par le Certificat d'études primaires élémentaires (C.E.P.E.).

Après de brillantes études secondaires au Collège évangélique de Libamba et au lycée général Leclerc de Yaoundé, il obtient en juin 1955 le B.E.P.C., en octobre 1957 la première partie du baccalauréat et en juin 1958 le baccalauréat de l'enseignement secondaire. Il se rend alors en France où il s'inscrit à la Faculté de droit et des sciences économiques de l'Université de Bordeaux. En 1962 il obtient la Licence en droit, en 1964 le diplôme d'études supérieures des sciences criminelles et le diplôme de l'Ecole française de la magistrature . Avant de rentrer au Cameroun, il s'inscrit au doctorat d'Etat en droit avec comme thèse, « Les mesures de sûreté au Cameroun». En 1968 il défend avec succès cette thèse et obtient ainsi le grade de docteur d'Etat en droit.

Sa carrière diplomatique commence en 1987, quand il est nommé ambassadeur du Cameroun  en Espagne. En 1995, il accède au poste d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Cameroun auprès de la Fédération de Russie. Fonctions qu’il exerce jusqu’en date du 27 juin 2007, quand il décède. M. Ngongang Ouandji André laisse derrière lui deux femmes, 5 enfants et de nombreux petits fils.

Bintou Fatimata. 

Retour_bercailSous le régime de Monsieur  Biya, des ambassadeurs vieillissants retournent au bercail toujours dans les cercueils...

En  l’espace de quatre ans, quatre chefs de missions diplomatiques du Cameroun auprès de pays étrangers sont décédés en fonctions et sont revenus au bercail dans un cercueil… La moyenne étant d'un ambassadeur par année.

Pour mémoire, trois autres ambassadeurs avaient tiré leur révérence, toujours des suites de maladie à l'instar de Madame Isabelle Bassong ambassadrice du Cameroun auprès de la Belgique, la Hollande et le Luxembourg  à Bruxelles, décédée  en 2006 à l’âge de 69 ans. Monsieur Jean Hilaire Mbéa Mbéa, ambassadeur du Cameroun en Ethiopie et auprès de l’Union Africaine, décédé à l’âge de 59 ans et Monsieur  Philippe Mataga septuagénaire décédé en 2003, qui fut ambassadeur du Cameroun en Espagne. Tous et à tour de rôle ont   été élevé au rang de grand cordon de l’ordre du mérite camerounais, devenu une habitude au Cameroun, sous le règne de Paul Biya

A ce jour, le problème de la relève se pose dans toutes les représentations diplomatiques du Cameroun à l'étranger. Pourquoi toujours abandonner ces vieux dans nos ambassades alors que des milliers de jeunes diplômés et qualifiés sillonnent les couloirs du MINREX à longueur des journées ?

Sous d'autre cieux, les ambassadeurs sont mutés endéans 5 ans (en moyenne)  de leur nomination pendant qu'au Cameroun, ils sont  oubliés dans leurs fonctions pendant des décennies.  Plusieurs d'entre eux  atteignent, voire dépassent de façon criarde l’âge de la retraite et sont dans la plus part des cas tous souffrant.

Comment expliquer les décès successifs des diplomates camerounais dans leur exil diplomatique ?. Peut être au Cameroun, le vécu quotidien précipitera leur mort dira-t-on. Et s'il le savent très bien ainsi, pourquoi continuer à faire comme si tout allait bien Cameroun ? Messieurs les ambassadeurs, la vérité ne tue pas. Même si l'on est politiquement neutre car,étant le porte parole de son pays à l'étranger, il faut quelquefois dire la vérité à ceux qui caressent l'envie de se rendre au Cameroun afin qu'ils puissent analyser eux-mêmes la situation sur place une fois arrivés. C'est ce qui manque à nos ambassadeurs et on continue à construire le pays dans le mensonge et la malhonnêteté.

L'on ne peux pas compter le nombre de fois que le feu NGONGANG, alors ambassadeur en Russie se retrouvait accompagné comme un gamin dans les parcs à Bruxelles, notamment celui de Woluwé Saint Lambert où nous l'avons aperçu de son vivant plusieurs fois presque mourant en train d'admirer la nature.

Madame Isabelle Bassong quand à elle, à sa mort était presque paralysée, absente de son poste pendant des mois. Pendant que le pouvoir de Yaoundé était bien informé de la situation de cette dernière.

Il en est de même pour plusieurs d'entre eux qui, gagneraient mieux à prendre leur retraite et de retourner paisiblement respirer l'air du pays au pied de leur bananeraie ou mieux encore dans leur village natal respectif .

Tout se passe comme si vieillir en fonctions et mourir doyen de corps diplomatique constituerait  une victoire diplomatique sous le régime du Renouveau. Que faire ? Croiser les bras et attendre le prochain larron ? A qui le tour ? L’histoire nous le dira.

Hugues SEUMO.