LiassesSelon les textes régissant le statut du personnel de la fonction publique camerounaise, le traitement des agents publics varie d'un corps de métier à un autre avec des taux de variances très faibles.

Depuis les récents remaniements ministériels au Cameroun, les rumeurs circulent dans les bureaux de l'administration camerounaise au sujet d'une revalorisation rémunérations des fonctionnaires et agents de l'Etat. Cette rumeur naît selon certaines sources du fait que parti au pouvoir ait raflé durant les dernières consultations électorales la grande parti des sièges à l'assemblée nationale et dans plusieurs communes de la république.

Si nous essayons de revenir sur la rumeur relative à une éventuelle hausse de salire au niveau de la fonction publique camerounaise, que gagne aujourd'hui le fonctionnaire camerounais ?

Selon l'article 27 du statut général de la fonction publique, " le fonctionnaire a droit, après service fait, à une rémunération comprenant un traitement indiciaire, des prestations familiales obligatoires et, éventuellement, des indemnités et primes diverses ". Le nouveau barème du traitement indiciaire des fonctionnaires civils en activité, applicable depuis 2000, définit comme éléments de rémunération la solde de base, le complément forfaitaire et une indemnité de logement représentant 10% de la solde de base. Sur cette base, la rémunération varie entre 43.580 Fcfa  et 268.510 Fcfa. Ce traitement salarial varie aussi selon qu'on appartient à un corps régi par un autre texte particulier.

Au niveau de la santé publique, leur statut particulier institue une prime de technicité variant entre 3000 Fcfa et 30 000 frs Cfa, une prime de santé publique comprise entre 10 000 frs Cfa et 30.000 Fcfa, et une prime d'astreinte qui se situe entre 6000 Fcfa et 12.500 Fcfa. Soit une augmentation de 72.500 Fcfa pour le plus haut cadre et 18.000 Fcfa pour le dernier agent public. La rémunération d'un médecin en début de carrière (Cat A2, indice 605) sera donc presque de 210.000 Fcfa, alors qu'un infirmier (B1) gagne à peu près 130.000 Fcfa.

S’agissant des enseignants, un professeur des lycées de l'enseignement général ( PLEG), un professeur des collèges, à sa sortie de l'école, est classé à la catégorie A1, indice 430. Il bénéficie alors d'une solde de base de 133.550 Fcfa, à laquelle s'ajoutent un complément forfaitaire de 900 Fcfa, une indemnité de logement de 13.355 Fcfa, et des allocations familiales de 10.090Fcfa.Aussi,le statut particulier du corps de l'éducation nationale lui octroie une prime de technicité professionnelle de 25.150 Fcfa (pour les catégories A1 et A2, et 17.000 Fcfa pour la catégorie B) et une prime d'enseignement et d'évaluation de 10.000 Fcfa (pour toutes les catégories). Après toutes les retenues salariales et les impôts divers, l'enseignant se retrouve avec un net à percevoir de 172.353 Fcfa. Alors qu'un instituteur, classé en B1, s'en tire avec presque 140.000 Fcfa.

Les journalistes des médias publics ne sont pas loin de ce traitement salarial alloué aux enseignants à la seule différence qu’il reçoivent beaucoup de prime à l’instar des primes de missions, déplacements divers etc….

Au niveau de la Sûreté nationale, le statut particulier a prévu une prime de risque de 17000 Fcfa. Aussi, à la sortie de l'Ecole de police, un commissaire (A1, indice 530) se retrouve-t-il avec une solde d'environ 170.000 Fcfa. Un magistrat en début de carrière est intégré à la catégorie A2, indice 530. Outre les 164.505 Fcfa que lui offre le barème du traitement indiciaire des fonctionnaires civils, le statut particulier de son corps lui réserve une prime de sujétion de 30.000 Fcfa, une indemnité de logement de logement de 50.000 Fcfa et une indemnité d'eau et d'électricité de 20.000 Fcfa. Soit un complément de 100.000 Fcfa. Ce qui lui procure avec tous les frais de missions et déplacement une rémunération d'environ 325 000 Fcfa.

Les administrateurs civils et les inspecteurs des régies financières de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature  sont recrutés à la catégorie A1, indice 480 qui leur donne droit, hormis les primes non statutaires dont ils peuvent bénéficier, à une rémunération brute de 156.330 Fcfa. Une somme plus ou moins supérieure de 50 000 frs Cfa est majorée sur la rémunération brute des Administrateurs civil principaux et hors hiérarchie.

Dans le privé, les salaires sont à la contractualisation, c’est –à- dire un arrangement entre l’employeur et l’employé. Quelquefois dans le secteur privé, il n'existe pas de contrat de travail, ni bulletin de paie, sans oublier le fait que l'on n'est pas  affilié à la CNPS.

Et combien gagnent alors toutes ces personnes travaillant pour le compte des radios et télévisions privées au Cameroun ? Les salaires diffèrent d'un organe à l'autre. Tous les salaires des journalistes à Equinoxe télé sont au dessus de 100.000 francs Cfa . Une autre source proche des employés précise que le plafond salarial est actuellement de 150.000 francs Cfa dans cette boîte. Ces chiffres sont presque identiques pour les employés de la radio Equinoxe, dont les journalistes effectuent par ailleurs des piges à la télévision du même nom. 

Au niveau de Le messager, confidentialité oblige. Personne n'ose en parler

A Spectrum télévision, les journalistes sont tous au dessus de 200.000 francs Cfa, nous confirme une source Au niveau du syndicat des journalistes, une source qui a requis l'anonymat affirme que les salaires des journalistes au Cameroun oscille entre 100 000 et 150 000 frs Cfa, 

En conclusion, la rémunération des fonctionnaires camerounais varie d'un corps de métier à un autre. Ce qui est sure, les salaires ne reflètent pas le niveau de vie réel de certains agents publics camerounais, surtout quand on sait que ces derniers sont les mieux logés, roulent dans les grosses cylindrées etc... Sinon au Cameroun, que l'on soit du privé ou de l'Etat, chacun s’organise comme il peut, pour joindre les deux bouts.

© Camer.be : Hugues SEUMO & Bintou FATIMATA