Paul_Biya_Bye_byeLe gouvernement camerounais a  annoncé vendredi dernier une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et la suspension des droits de douane sur plusieurs produits de première nécessité.

Pour les observateurs avertis de la scène sociopolitique camerounaise, cette annonce  tire sa source ou mieux encore s’abreuve dans les récents mouvements de contestation contre la vie chère et la modification de la constitution du Cameroun qui ont paralysé le Cameroun à la fin du mois de février passé.

Le président Paul BIYA et sa smala  corrompue n’ont jamais compris ou donnent l’impression de ne pas comprendre le cri du cœur profond d’un peuple longtemps abandonné à lui-même où les seuls espoirs qui se conjuguent à tous les temps ne se limitent qu’à des phantasmes : s’enrichir qu’importe les moyens utilisés à l’image de leurs dirigeants, devenir prêtre en journée et se transformer en brigand dans la nuit. Si l’on ne parvient pas à exercer ces deux métiers, l’unique option n’est que celle de subir ou de fuir de cette vaste prison qu’est devenue ce pays voisin du Tchad.

Fallait-il attendre qu’il y ait le chaos pour prendre des mesures comme celles là ? Existaient- t-ils des fonds isolés quelque part  et qui n’attendaient que les « apprentis sorciers » puissent sortir de leur caserne afin qu’on les débloque ?

Même si ces mesures seront effectives dès le 1er avril prochain. Qu’allons nous vivre avec la nouvelle camisole que l'on voudrait que nous portons depuis quelque temps et qui est la révision de l'article 6 .2 de la constitution ?

Et que dire de la kyrielle de jeunes condamnés par la justice camerounaise et qui aujourd'hui sont l'aboutissement logique des situations de marginalité que notre société a laissé s'enraciner et s'exacerber ? Ces jeunes sont les fruits de notre société sans  repères, victime de rejet et de stigmatisation.

Que dire des jeunes assassinés par la police lors des émeutes ?

Pour reprendre Enoh Meyomesse, candidat déclaré  à  la (probable) élection présidentielle de 2011, « les héros de février, actuellement en prison, ont bousculé le président de la République. Paul Biya qui avait voulu maintenir le suspens »  jusqu’à la dernière minute afin de sortir la dernière carte à la veille de l’ouverture de la campagne présidentielle.. Dommage que les « apprentis sorciers » devenus des « vrais sorciers » sont descendus dans la rue pour changer la donne.

La seule alternative qui lui reste maintenant  c’est soit de modifier la constitution et ne plus se représenter aux élections ou rester tout simplement aux risques et périls du prix à payer. Ce qui est certain, il est tard car les blessures de ces récentes émeutes demeurent et ne s’effacent pas d’un revers de la main à travers des mesures provisoires.. Il n’y a que Lucky Luke,  le célèbre et  fameux  personnage de bandes dessinées crée par Morris  qui parvenait à rattraper son ombre. 

Source: Camer.be / Hugues SEUMO