Denis_Sassou_Nguesso150709300Comme nous le savons tous déjà, M. Sassou Nguesso, qui a cumulé près de  25 ans de présence à la tête du Congo (d’abord de 79 à 92, puis de 97 à nos jours) et qui sollicitait dimanche dernier à travers "ses" urnes un nouveau septennat face à douzaine d'adversaires, dont les rapports des différents observateurs et scrutateurs ont mentionné un boycott de plusieurs candidats en lice, a réussi avec brio le résultat d'entrée et d'éternité au pouvoir avec la mention méritée de « Peut mieux s’accrocher au pouvoir ».

M. Sassou Nguesso, 66 ans a ainsi obtenu 1.055.117 des 1.342.242 suffrages valablement exprimés (78,61%) alors que le taux de participation a été de 66,42%, selon ces chiffres communiqués par le ministre de l'Administration du territoire Raymond Mboulou.

Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, candidat indépendant, se classe deuxième avec 7,46% des voix, devant l'opposant modéré Nicéphore Fylla de Saint-Eudes (6,98%) tandis que l'opposant radical Mathias Dzon, considéré avant le vote comme le principal adversaire du président-candidat, a obtenu 2,30%.

L’affaire est donc classée sans suite, Denis Sassou Nguesso a en effet été réelu « 78 % avec un taux de participation de 65 %, comme l’avaient probablement prévu à l’avance les ordinateurs du somptueux palais de Mpila. On devrait dire comme ses ordinateurs que toutes les conditions étaient réunies pour que ce score soit soviétiquement atteint.

Voilà donc les Congolais repartis pour un autre bail de Sassou, qui va leur permettre d'allonger indéfiniment et ce pour de trente-deux ans en plus le listing des griefs développés ici et là par le peuple congolais et qui seront ankylosés dans un système qui fera tout pour le supplier dans quelques années de modifier la Constitution pour lever la condition d’âge et de limitation de mandats.

Une faction de l’opposition congolaise a même souhaité d'aller déposer dès le 16 juillet 2009, en compagnie des militants, un recours au Conseil constitutionnel pour contester les résultats. Mais auront-elle gain de cause ? Nous n'y pensons pas car, le président de cette institution n'est autre que le cousin de l'autre.

L'actualité dans ce pays de l'Afrique centrale nous rappelle de mémoire que Denis Sassou Nguesso fait désormais partie de dirigeants africains qui savent qu'on n'organise pas les élections dans un système "corrompus" pour perdre

Il avait, certes, eu l’élégance de partir en 92 après avoir été battu par Pascal Lissouba, mais c’était pour mieux revenir 5 ans plus tard à l’issue d’une guerre civile couronnée par un coup d’Etat.

L’enfant de Mpila déclarait il y a quelques temps à la presse internationale au sujet de la limitation des mandats présidentiels qu’aucune Constitution au monde n’est immuable.

Tout observateur averti le voyait venir, comme avant lui beaucoup d’autres "patriarches " africains à l'instar de Blaise Compaoré au Burkina, Idriss Deby au Tchad, Paul Biya au Cameroun,Ben Ali en Algérie et, aujourd’hui...... Tandja.

Dans ce contexte de suspicion avec leurs peuples respectifs, si certains dirigeants africains rêvent de s'éterniser au pouvoir, 78,61 % de suffrages obtenus par Sassou Nguesso  lui permettront de conserver son fauteuil jusqu'au jour où il sera contraint  par son peuple ou par le coup du destin  à quitter le pouvoir

Et si Denis Sassou Nguesso avait été un bon élève, il serait plus judicieux d'inscrire sur ses relevés de notes, à la discipline élection présidentielle : « Peux mieux s’accrocher au pouvoir ».

Il va maintenant être chaudement félicité par la communauté internationale qui oubliera de faire le constat selon lequel ceux qui ont mis les bulletins dans les urnes, ceux qui les ont décomptés ont été taillés sur mesure pour permettre au candidat naturel à pérenniser son talentueux pouvoir .

Le cas du Congo vient une fois de plus nous pousser à dire sans anicroche que l'alternance politique peine encore à se frayer du chemin dans les pays africains.

Que ce soit au Congo, Cameroun, Tchad, Burkina, etc..plusieurs opposants au parti au pouvoir n'ont pas les moyens de faire de la politique, car les leaders de l'opposition n'ont pas de statut et quand bien même ils ont un statut dans certains cas mais isolés, ils ne s'accordent jamais d'un même son de violon pour contrecarrer leur adversaire commun.

Les dirigeants profitant de cette faiblesse de leurs oppositions parviennent à contrôler tous les rouages de la démocratie, du Sénat à la justice donnant ainsi l'impression qu'il existe une "Afrique de jour", saluée par la communauté internationale, et une "Afrique de nuit", gérée de façon familiale.

Au Congo, celui qui est traqué depuis quelques mois dans l’affaire dite des biens mal acquis et qui s’est constitué un véritable trésor de guerre a été servi par une opposition qui, en plus d’être faible, n’a pas toujours su coordonner ses actions

"Aujourd'hui, le Congo célèbre la victoire de la démocratie dans la paix et la concorde", a déclaré peu après Denis Sassou Nguesso, en invitant les "acteurs politiques toutes tendances confondues" à sonner la fin des "joutes électorales".

De nombreux points de discordances seront relevés ici et là par l'opposition congolaise

Le nombre d'électeurs

Officiellement, 2,2 millions de Congolais sur 3,6 millions d'habitants  étaient appelés à voter, chiffre contesté par l'opposition selon laquelle le fichier électoral a été "gonflé pour booster l'élection de Denis Sassou Nguesso".

La participation aux élections

Selon certains observateurs présents au Congo, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, les six candidats "boycotteurs" avaient annoncé une "abstention record", à "plus de 90%". Taux "farfelu", avait répondu le porte-parole du gouvernement, Alain Akouala Atipault. M. Mboulou avait assuré que ce taux serait "au-dessus de la moyenne". La faible participation à cette élection a été constatée par plusieurs ONG locales ayant déployé des observateurs du vote

Au Congo Brazzaville, depuis 2002, année de la première présidentielle après la guerre du 5 juin 1997, le Congo Brazzaville a toujours organisé ses sessions électorales sur la base d’un découpage électoral conçu sous le ministre de l’administration du territoire François Ibovi, ce découpage électoral, bien sûr, qui plébiscite la partie nord plus peuplée que le sud alors que sur le terrain la réalité est contraire.

A l’instar de ce qui précède, on y note la révision des listes électorales dont le recensement date des années très lointaines ; recensement sur lequel le pouvoir s’appui pour gonfler les suffrages ; sans oublier l’orientation de la Commission Nationale des Elections (CONEL) en sa faveur. Le cas du Congo Brazzaville  devra servir de leçon aux voisins. A méditer

Hugues SEUMO