tenesop2Les mesurettes annoncées ont le mérite de montrer, que Paul Biya a fait massacrer des personnes innocentes, dont le seul crime est d’avoir usé de leurs droits civiques pour revendiquer le respect de la constitution et de meilleures conditions de vie. Paul Biya reconnaît donc que les manifestants n’étaient manipulés par personne. 

Mr Biya a décidé, à la suite d’un conseil de ministre le vendredi 07 mars, de prendre un certains nombre de mesurettes pour prétend-il, « apaiser le climat social», né de la répression sauvage qui a accompagné, à la fin du mois de février, les manifestations populaires contre la vie chère et contre la présidence a vie du président-despote.

Parmi les mesurettes prévues, Paul Biya annonce vouloir « annuler les frais de douane sur les produits de consommation courante, augmenter les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat 15% et accentuer la lutte contre la corruption » (sic);

Le Conseil National pour la Résistance note que Paul Biya n’a toujours pas eu de mots de compassion pour les centaines de personnes qu’il a fait tuer par son armée.

Cette décision de Paul Biya appelle de nous des observations de forme et de fond.

1. Dans la forme

Paul Biya avait dans son allocution du 27 février 2008, prétendu que le Cameroun se portait très bien, et que les manifestations populaires qui ont gagné tout le pays à la fin de février, n’étaient que l’œuvre «d’apprentis-sorciers manipulés» par ceux qui veulent renverser les institutions. Mr Biya avait ensuite salué les tueries massives de manifestants non armés par ses milices appelées abusivement forces de l’ordre et leur avait donné le feu vert pour « ramener l’ordre », en massacrant tous les contestataires présents les rues. Le bilan provisoire de ce carnage est de 165 morts et ne cesse de s’alourdir de jours en jours

Les mesurettes annoncées ont le mérite de montrer, que Paul Biya a fait massacrer des personnes innocentes, dont le seul crime est d’avoir usé de leurs droits civiques pour revendiquer le respect de la constitution et de meilleures conditions de vie. Paul Biya reconnaît donc que les manifestants n’étaient manipulés par personne et qu’il a eu tort de les faire massacrer par ses milices sanguinaires qu’on appelle abusivement « forces de l’ordre ».

En plus, les manifestations populaires de la fin février ont vu descendre dans la rue, plusieurs catégories sociales, avec chacune ses revendications propres: les transporteurs, les benskineurs, les fonctionnaires, les élèves et étudiants, la jeunesse déscolarisée et désœuvrée, la jeunesse diplômée et sans emploi, les déflatés des sociétés parapubliques bradées, les ménagères, les chômeurs de longue durée, les ouvriers agricoles, etc. .Toutes ces catégories sociales se sont ensuite unies dans la rue autour du « Non à la cherté de la vie, Non à la révision de la constitution ! Non à la présidence à vie !».

Les prétendues «mesures d’apaisement», ne tiennent donc pas compte de la diversité des revendications sectorielles que portait le mouvement populaire de la fin février et n’attaquent pas les problèmes de fonds, ayant généré les soulèvements populaires de la fin février.

2. Dans le fond

Les prétendues «mesures d’apaisement» de Paul Biya ne sont en réalité que du saupoudrage politique, sans aucune consistance, qui montrent bien que Monsieur Biya, n’a pas encore pris l’ampleur de la grave crise sociale dans laquelle ses mesures antisociales répétées depuis 1988 et sa politique d’injustice sociale, ont plongé le pays depuis plusieurs années. Le saupoudrage politique est donc devenue la seule réponse à laquelle ce régime anti-populaire a habitué les camerounais face aux situations de crise de toute nature dans notre pays.

Que peut bien signifier une augmentation de salaire de 15% brut, pour un fonctionnaire ou agent de l’Etat qui a vu son salaire diminuer de 70% en 15 ans ?

Une juste augmentation des salaires aurait dû tenir compte à la fois du niveau des salaires de 1992, plus les effets pervers de la dévaluation du CFA en 1994 et le niveau réel de vie actuelle. Ce qui veut dire que les fonctionnaires et agents de l’Etat sont en droit d’attendre des augmentations de leurs salaires d’au moins 200%. Une telle augmentation ne relève pas de la fiction, car des ressources existent ou peuvent être trouvées en luttant concrètement contre la corruption et le pillage des biens publics par Paul Biya, les thuriféraires de son régime et leurs affidés internes et externes.

Quid des revendications des autres catégories sociales ? Motus et bouche cousue.

Le Cameroun a besoin d’une véritable thérapie de choc que le régime corrompu au pouvoir n’est pas en mesure et n’a pas la légitimité nécessaire pour la mener. Il faut baisser les taxes sur les hydrocarbures pour faire baisser le prix du carburant, améliorer les conditions de vie et des études des élèves et des étudiants, s’attaquer véritablement au chômage des jeunes, car un jeune sans avenir est un kamikaze ambulant, etc.…

III. Mesures d’apaisement et après ?

C’est la décision de Paul Biya de changer l’article 6.2 pour rester président a vie, qui est le facteur politique qui a déclenché la crise sociale larvée qui couvait dans le pays depuis plusieurs années et qui s’est violemment manifestée dans la rue a la fin du mois de février 2008.

L’ampleur de la contestation de février, a clairement montré que contrairement à ce qu’a prétendu Monsieur Biya, la très grande majorité des camerounais est contre son projet annoncé de tripatouillage constitutionnel.

Dans le contexte actuel de graves tensions, de crise socio-politique et de deuil, de vraies « mesures d’apaisement », attendues par tout le peuple, auraient consisté pour Paul Biya, à :

-Demander pardon et s’incliner sur la mémoire de centaines de personnes innocentes qu’il a fait massacrer par sa milice d’armée, dans les rues et les domiciles, au cours du soulèvement populaire de la fin février;

-Décider de la prise en charge par l’Etat du Cameroun, des Obsèques de toutes les personnes innocentes tuées par l’armée au cours des manifestations de février;

-Annoncer sa volonté d’accepter l’arrivée au Cameroun d’une Commission d’Enquête Internationale et Indépendante, comme nous le réclamons, pour faire la lumière sur la répression barbare et les massacres injustifiés des populations civiles par l’armée, en établir les responsabilités, identifier les coupables et les traduire devant les tribunaux;

-Renoncer publiquement à un changement de l’art. 6.2 de la constitution, accepter de se retirer du pouvoir en Octobre 2011, et annoncer dans la foulée, la création d’une véritable CENI pour les élections de 2011.

Pour le reste, les masses populaires et les forces progressistes doivent rester mobiliser dans la lutte jusqu’à ce que Paul Biya renonce à son projet de tripatouillage constitutionnel et quitte le pouvoir. Le président-dictateur a plus que jamais le dos au mur et tente, par tous les moyens,  de diviser le soulèvement actuel avec de prétendues «mesures d’apaisement», qui ne sont en réalité que pure diversion ! Nous devons rester vigilant et renforcer la lutte!

A bas les assassins du peuple, A bas les tortionnaires! Honneurs et Gloire éternelle aux combattants de la Liberté tombés les armes à la Main!

La lutte continue
Unis et Solidaires, pour la Patrie et l’Afrique, nous vaincrons

Le 09 mars 2008

Tene Sop, Secrétaire Général du Conseil National pour la Résistance
cameroon.resistance.council@googlemail.com

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