Op_ration_EpervierQue ce soit en Belgique, en France, en Suisse ou en Allemagne où plusieurs progénitures des barons au pouvoir au Cameroun ont  posé leur valise dans le cadre de leurs études, ces derniers sont en train de passer des moments difficiles à cause de la campagne d'assainissement dans la haute administration publique plus connue sous l'appellation « Opération épervier » qui a déjà permis l'arrestation de nombreux hauts responsables au Cameroun. Camer. Be enquête

Il est presque midi le samedi ( 19 avril) 2008, jour de notre descente sur le terrain. Un soleil printanier rayonne. La température affiche 12 degrés. Ce samedi un marché hebdomadaire se tient à la Grande Place au cœur de Bruxelles. Tout au long de la rue du marché aux fleurs, des commerçants ambulants font des va et vient tenant dans leurs mains leurs marchandises.

Le marché de la Grande Place est le plus cher de Bruxelles. Le rapport qualité- prix est imbattable et ce ne sont que des personnes aisées financièrement qui viennent  pour s'y ravitailler. C’est ici que l’on rencontre les fils des ministres et des hauts cadres des pays africains. C'est aussi un lieu qui révèle  le " melting pot  " du royaume. Des Africains, des Chinois, des Arabes, des Juifs... tous se croisent et se mélangent.
Mais aujourd'hui, c'est un jour exceptionnel, de toutes les personnes rencontrées sur place, aucun Camerounais aisé n’a osé de se déplacer. Selon un bijoutier bien connu de la place, ses clients les plus réguliers sont des fils des ministres camerounais . Mais depuis bientôt plus de deux mois ajoute t-il, ils ont presque tous disparu .Ils se font de plus en plus rares sur ces lieux,.

Autre point autre constat, nous nous rendons à l’Avenue Louise au numéro XX, sur la sonnette d’un appartement huppé  occupé il y a de cela quelques mois par un jeune camerounais fils d’un ancien ministre, le nom a disparu de la sonnette. Nous essayons d’appuyer dessus. C’est un autre occupant qui nous affirme qu’il est le nouveau locataire. Une affichette signale qu’un autre appartement est à louer sur laquelle nous pouvons lire ceci : «  700€, charges 100€, Parking 150€ ». Au total 950 € ( 622 250 frs Cfa).

Et comme si cela ne suffisait pas, nous nous dirigeons vers la Rue du Theux dans la Commune de Etterbeek. C’est le même scénario, le fils d’un ancien ministre camerounais a lui aussi déménagé. La fourchette mensuelle des prix des Loyers dans cette rue oscille autour de 700€ ( 458 500 Fcfa).

Au niveau de Woluwé Saint Lambert, l’équipe de Camer.be s’est rendu à la Rue Praekelinden, le temps de s’assurer que  l’une de nos compatriotes s’y trouvaient. Depuis quelques semaines, son téléphone ne répond plus. Elle a déménagé dit on pour aller squatter chez des amis à l’ULB ( Université Libre de Belgique) depuis que son papa se trouve en situation de délicatesse au Cameroun.

Et comme si cela ne suffisait pas, Camer.be a continué à mener ses enquêtes en banlieue parisienne où à Jouy Le Moutier et plus précisément à la Rue des Falaises, la maison uni familiale appartenant au fils d’un autre baron du régime de Yaoundé a changé de propriétaire.

Au niveau de Lille J. A., étudiant dans une Ecole fréquentée par les Juifs en majorité compte changer d’option l’année prochaine à cause du prix prohibitif du minerval ( pension) évalué à 7000€ , presque  4 600 000 frs Cfa.. En février dernier, pour survivre, il a été obligé de vendre la Golf 4 qu’il utilisait dans le cadre de ses déplacements.

Selon diverses sources concordantes , au niveau de la  rue Winkelried à Genève en Suisse, des étudiants camerounais, tous des fils des anciens ministres et députés squattent dans une pièce réduite où ils sont obligés de payer à tour de rôle le loyer.

Que ce soit à Bruxelles, Paris, Génève, le constat est clair et indubitable. Les fils des "barons" du pouvoir de Yaoundé, apeurés par l'opération Epervier, qui a déjà conduit plusieurs ministres et hauts cadres en prison pour détournement de fonds, passent des moments difficiles dans les villes Européennes où ils sont installés dans le cadre de leurs études.
(A suivre)

© Camer.be : Une enquête spéciale de Hugues SEUMO