Brice_Nitcheu101208275Après la manifestation de la semaine dernière organisée par le CODE devant l’ambassade du Cameroun à Bruxelles, cette dernière a créé un tollé général à travers le monde et un véritable effroi au sein du RDPC au Cameroun et à l’étranger. Afin de fixer les idées de nos milliers de lecteurs, nous sommes retournés dans le Sud Est de Londres sur les traces de Brice Nitcheu le principal artisan de cette manifestation. Le leader du CODE, toujours plus implacable, inflexible, ne mâche pas ses mots.

Mr le secrétaire exécutif, quel bilan faites-vous de la manifestation que le CODE a organisée à Bruxelles  le 27 février dernier ?

Avant de répondre à vos questions, permettez-moi de revenir sur les raisons qui ont motivé notre décision d’organiser cette manifestation, qui n’est que l’avant-goût de ce qui attend désormais Paul Biya. Il se fait qu’il y a un an, le dictateur tropical qui règne en potentat sur le Cameroun, dans le seul et unique soucis de mourir au pouvoir, a personnellement ordonné le massacre de plus de 100 jeunes compatriotes, qui étaient descendus dans les rues du pays pour crier leur rejet de sa tentative de modifier la constitution, et pour protester contre la faim, qui est le seul patrimoine que le Renouveau a légué aux Camerounais. Alors que des patriotes organisaient une semaine pour commémorer ces massacres, Paul Biya, dans une attitude de mépris qui caractérise ses 27 ans de règne, a quitté le Cameroun avec toute sa famille pour aller en vadrouille en Suisse. Je vous l’ai déjà dit en d’autres occasions, Paul Biya à beau courir, il sera un jour arrêté, jugé et condamné pour tous les crimes qu’il a commis contre notre peuple. On peut toujours narguer un peuple lorsqu’on détient les leviers du pouvoir. Mais le jour où ce pouvoir se dérobe, on paie pour ses crimes. Nous avons constitué un dossier solide de tous ses forfaits, que nous avons remis aux meilleurs avocats qui vont s’occuper de lui. S’agissant du bilan, nous avons fait ce que nous avons promis de faire. Nous laissons les Camerounais juger.

Votre manifestation a provoqué une onde de choc dans les cercles du pouvoir, et a suscité une réaction musclée du ministre de la communication dans le quotidien National Cameroon Tribune et dans plusieurs émissions de la Radio Nationale. Des militants du RDPC ont aussi fustigé votre attitude, vous accusant d’insulter le gouvernement camerounais et de traîner le drapeau national dans la boue. Que répondez-vous à cette avalanche de critiques ?

Le ministre de la communication est un homme qui est doté d’une grande intelligence, car je connais son parcours. Il est dommage d’un tel esprit ait accepté de servir le démon. Le Cameroun de demain a besoin d’hommes de sa trempe. Il est temps pour lui de comprendre qu’il se trompe, car Paul Biya n’a pas d’amis. S’il croit pouvoir assurer son maintien en poste par ses attaques contre nous, il se rendra vite compte, comme tous les anciens amis de Biya qui croupissent en prison, que cet homme ne fait confiance qu’aux maîtres des sectes diaboliques qui assurent sa survie politique, et broie sans pitié tous ceux qui croient être les piliers de son régime.  Nous avons apprécié les attaques du ministre contre nous, de même que les lamentations de la confrérie de pleurnichards qui constituent les cellules moribondes du RDPC en Europe, lesquelles vivent dans un état d’hibernation permanente, et ne sortent de leur torpeur que pour répondre au CODE. Le peuple Camerounais a maintenant les preuves que la peur a changé de camp.

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(Photo illustrative, dernière manifestation du Code devant l'ambassade du Cameroun, Londres)

« La peur a changé de camp »

La ligne de défense du ministre et des membres du RDPC est que votre manifestation a été un échec, vu le nombre réduit des Camerounais qui ont répondu présents à votre appel.

L’histoire nous a appris que tous ceux qui perdent la légitimité s’enferment toujours dans la logique des chiffres. Quelle corrélation y a-t-il entre le chiffre qu’ils décrient et les raisons de la manifestation qui étaient en cause ? Veulent-ils donc suggérer que les Camerounais, pour n’avoir pas répondu massivement à mon appel, soutiennent les massacres qu’ils ont commis contre des jeunes sans défense? D’ailleurs que pouvez-vous attendre de thuriféraires du RDPC ? Nous avons là un parti qui est un véritable repère de criminels à col blanc et de voyous de tout acabit. Ces petits opportunistes de dimanche doivent savoir que les temps ont changé. S’ils sont assez courageux pour défendre le RDPC et son éternel chef, ils peuvent toujours venir nous attendre la prochaine fois devant les ambassades du Cameroun, car  leurs soucis ne font que commencer.

Justement, avez-vous d’autres actions en vue  dans les prochaines semaines ?

Je peux vous dire ici que Paul Biya ne sera plus jamais en paix. D’ailleurs, je vous annonce en exclusivité que le 20 mai prochain, le CODE organise devant l’ambassade du Cameroun à Bruxelles, une manifestation active pour commémorer les 27 années de martyrisme que Paul Biya inflige aux Camerounais. A cette occasion, nous allons y déposer 27 cercueils, qui symbolisent ses 27 ans de gabegie. Les détails seront donnés en temps opportuns. Nous avons aussi demandé à nos cellules opérationnelles au Cameroun de rester en état d’alerte, car dans les prochaines semaines, nous allons agir. L’appareil sécuritaire de Paul Biya a beau s’activer, il ne peut plus sauver un régime en déroute.

Ne croyez-vous pas qu’il faut un compromis pour sauvegarder la paix au Cameroun ?

On ne fait pas de compromis avec des gens sans âmes, qui tuent des enfants et s’en vantent. On ne peut pas faire de compromis avec une coterie de voleurs qui ont ruiné notre pays par un pillage systématique de ses ressources, dont le premier bénéficiaire est Paul Biya en personne. Ce régime de ripoux n’a pas de conscience. Il faut le chasser, par tous les moyens que le droit international reconnaît à tout peuple opprimé. Et dans le cas du Cameroun, seule une insurrection populaire peut venir à bout de ce régime réactionnaire. 

© Camer.be : Propos recueillis par Herman Oswald Gnowa