Insalubrite

Lorsqu'on évoque la situation du Cameroun, cela a l'air d'un cas d'amusement aux yeux de ceux qui suivent l'actualité sur ce pays en négligeant tout ce qui s'y passe, depuis l'accession à la tête de l'Etat des pouvoirs néocoloniaux de 1960 jusqu'à ce jour. D'aucuns ne me croiront pas en lisant ces quelques lignes pour se demander de quoi parlons-nous ?

Eh bien nous parlons d'un pouvoir qui totalise aujourd'hui plus de trois quart de sa vie teintée de tous les maux, sans que les personnes avisées ne s'en rende compte; tellement le flou artistique qui entoure le problème du Cameroun

C'est un pouvoir tellement bourré d'orgueil, surtout qu'aidé par certains pays en occident et en tête certains hommes politiques et affairistes français et chinois qui l'ont armé pour le placer à la tête du Cameroun si bien que le peuple et le pays sur lesquels il règne ,sont en passe de devenir une propriété d'un seul homme qui a par devers lui presque tout: l'armée, la fonction publique, le BIR(Bataillon d’Interventions Rapides)qui roulent leur bosse dans le pays, prêts à tout faire puisque le Cameroun est à recoloniser. Cela n'est pas normal.

D'abord, ce pouvoir est illégitime parce que celui-ci est issu de l'élection truquée de 1992, ensuite sa constitution illégalement et inégalement imposée aux Camerounais font que la notion de démocratie n'a point d'être cité dans ce pays.

Les discours les plus contestataires, les plus virulents à l’encontre du système Biya se sont transformés en incantations sous le poids des bouteilles de bières et des tissus de pagnes. J’ai vu des familles se disloquer à cause des sacs de riz, bouteilles de bières à la venue d’un haut cadre du RDPC dans un village; J’ai vu des membres de ce parti politique, puant d’alcool en train de saboter les initiatives des forces de l’opposition à Douala. Quelle ordures....

C'est ainsi que les camerounais sont pris en otage en dehors de quelques privilégiés de l'entourage du maillon de pouvoir, ceux venus pour des causes alimentaires. Possédant l'argent que le pétrole leur octroie, Ils narguent tous ceux qui ne sont pas avec eux.

Vous avez entendu dire que le Cameroun est un et indivisible; Vous avez lu que l’Etat assure à chaque citoyen la protection, la justice, la sécurité et l’accès à la propriété. Ces beaux principes qui ont bâti les grandes démocraties mondiales sont foulés au pied depuis des décennies par des politiques avides de pouvoir et de postes mirobolants. Ironie du sort, ce sont toujours les mêmes qui parlent, qui décident, qui blessent depuis 34 ans qu’ils sont au pouvoir.

Les camerounais sont donc devenus des simples vulgaires personnes sans sourire. Entre autres: enseignants, médecins, ouvriers ,ingénieurs, vivant en dessous du seuil de la pauvreté, ils sont condamnés à une vieillesse rapide en attendant que la mort ne vienne les surprendre dans leurs lits. Et puis, plus rien.

Pour preuve, on a qu'à sillonner un jour les villes et les villages du Cameroun pour lire le paradoxe qui règne dans ce pays pourtant regorgeant de ressources humaines et économiques pouvant changer la situation actuelle de pauvreté avancée.

A Yaoundé, on reste aphone face à la dure réalité du vécu quotidien du bas peuple. Et la classe politique qui devait soulever un débat national autour de ces problématiques a les yeux braqués ailleurs. La conservation du pouvoir, pour les uns et la conquête du pouvoir pour les autres dictent désormais les mœurs de la classe politique. Tout ce qui n’entre pas dans ce schéma est relégué au second plan.

Pour ceux qui ne le savent pas, je parlent de certains étrangers, le “Biyaïsme” repose sur le partage du gâteau, le saucissonnage du pouvoir, l’emprisonnement de ceux qui pensent à remplacer Biya, la corruption, le népotisme, le vol, la recherche du luxe, le musellement de l’opposition. En fait, rien n’a vraiment bougé au Cameroun depuis 1982. Bien sûr, Paul Biya parle de quelques ambitions novatrices mais…..pour 2035... Encore des ordures de la république quand on sait qu'aujourd'hui au Cameroun, on a plus peur des hôpitaux que de la maladie.

Les cadres des années 1980 ont géré le pays pendant des décennies, sans jamais peser sur le décollage économique du Cameroun. Ils se sont contentés de pratiquer la politique du ventre. Des égoïstes calculateurs...

Pour un semblant d'élection présidentielle dont le débat sur la question fait couler tant d'encre que de salive, tout y est fait par le gouvernement qui n'a que le temps d'étaler une science et des calculs dans le seul but de se maintenir au pouvoir.

2018 n'est plus loin. Ici, on n'organise pas les élections pour perdre. L'élection présidentielle aura bel et bien lieue. Le même va gagner avec pour but de mourir au pouvoir même si on devient par la suite aveugle du fait de son âge.

Critiquer Paul Biya, c’est un crime au Cameroun. Il faut voir avec quelle agressivité les soldats camerounais répriment les populations ou les forces de l'opposition aux mains nues au, et ailleurs!

Fini le temps de ce que Paul Biya appelait les apprentis sorciers, les pêcheurs en eau trouble, ceux qui clignotent à gauche tout en virant à droite. Un jour, le peuple souverain tranchera. Nous n'allons pas continuer à vivre éternellement dans la poubelle politique qu'on nous imposent depuis 1982.

Battons le fer tant qu’il est chaud. A un moment donné la soldatesque de paul Biya sera fatiguée. Nous l'avons vu au Burkina. Ne jamais attendre que le pouvoir fasse un pas pour bouger. Bougeons en permanence. S’arrêter de bouger, c’est mourir. Bougeons. Dès aujourd’hui. Demain, ce sera trop tard. En clair, des meetings. Encore et toujours des meetings. Peu importe leur forme. Dans les quartiers. Dans les villages.Tous les jours. Jusqu’au jour de la "délivrance".

 

Hugues SEUMO