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A quoi sert finalement l'hôpital au Cameroun ?

Lit_Ibrahim

Il suffit de s’y rendre pour s’en rendre compte. Sur ce lit d'hôpital que vous avez en photo, fut récemment soigné le jeune Ibrahim Bello avant qu'il ne soit transféré dans une autre institution sanitaire du Cameroun.

L’image du lit dans cette pièce délabrée, on dirait la cave d’un bâtiment abandonné en dit suffisamment long sur les maux que nous décrions sans cesse depuis des années sur la santé de nos hôpitaux

L’image actuelle de nos hôpitaux est très pathétique. On dirait des prisons à ciel ouvert. On peut dire sans risque de se tromper que les hôpitaux ne répondent pas aux attentes des Camerounais.

Tout porte à le croire, vu le nombre de patients qui s’y présentent sans voir l’ombre d’un personnel soignant. On peut ajouter à cela, le manque de considération notoire envers les patients dans des situations d’urgence, une attitude fréquente dont la conséquence la plus grave est la perte de vies humaines.

Il vaut mieux ne pas tomber malade au Cameroun pour ne pas avoir à être trimbalé entre les différents hôpitaux du pays où les patients, souvent, sont accueillis à bras ouverts dans l’antichambre de la mort.

Entre la maternité, les urgences et autres unités de soins, il faut choisir et réfléchir à deux fois avant d’y envoyer un proche qu’on aimerait revoir en vie.

Faut-il le rappeler pourtant que s’engager dans la politique et diriger une nation, c’est d’abord et avant tout savoir gérer l’argent public pour que la population accède aux services publics, y compris les soins sanitaires de qualité?

Il ne s’agit point de profiter de l’argent public pour se faire voir, et combler ainsi beaucoup plus le besoin de paraître de son ego que les besoins vitaux de la population qui meurent dans la misère avec un record africain voir mondial de taux de mortalité maternelle et infantile : C’est cela la réalité au Cameroun.

Pour les Camerounais les plus défavorisés qui n’ont pas les moyens de filer des billets doux pour le portefeuille du personnel soignant (du médecin aux infirmiers, sages-femmes et autres auxiliaires de santé), les hôpitaux publics du pays sont des mouroirs.

Tant qu’une équipe de politiciens et politiciennes, éclairés, patriotes et réellement désireux d’œuvrer pour l’intérêt supérieur de la Nation n’arrive un jour pas au pouvoir, la situation dans les hôpitaux publics continueront à se détériorer, tout comme la qualité des soins, et comme les tenants du pouvoir, au moindre malaise ou accidents, sont évacués en dehors du pays

L’état désastreux, humiliant, dégradant et honteux des hôpitaux du pays, ne les concerne pas. Ils n’y vont pas tout comme leurs familles.

L’augmentation de la corruption et la détérioration de la gouvernance au Cameroun depuis des décennies sont des réalités politiques indiscutables. N'en déplaise à celui qui condamnera nos propos car nous disons tout haut ce que les autres préfèrent gober et mourir en silence.

Nous parlons de ces zélés, ces griots, et fanatiques supporteurs qui, à la moindre critique, s’empressent de dédouaner leur idole (Biya Paul) devant ses échecs éblouissants, juste pour le plaisir d’une rhétorique oiseuse. C’est cette espèce de mentalité, qui tente systématiquement de cacher la réalité et de détourner l’attention des insuffisances et des incompétences de Paul Biya en matière de gestion publique.

La liste des Camerounais qui meurent dans nos hôpitaux par manque de soins s’allonge chaque jour.

S’il y avait des installations sanitaires bien équipées, certes la mort est inévitable, mais les Camerounais pourraient avoir des soins adéquats et mourir dignement et confortablement entre les mains et le regard des parents et amis.

Plusieurs hôpitaux et formations sanitaires dits d'arrondissement ou de district nous font peur pour la plus part. Il suffit d’y faire un tour pour vivre la réalité. ..

Avez-vous vu ce lit de l’hôpital d'Ombessa ? On dirait une carcasse rouillée sur laquelle on a déposé un matelas pourri ramassé dans une décharge à ordures

Pourquoi le gouvernement camerounais ne veut pas investir pour construire dans le pays des hôpitaux modernes de premier plan où les Camerounais peuvent bénéficier des mêmes qualités de soins que les Français et les Américains ? Où une mutuelle de santé s'occupera de la couverture des frais sanitaires? Où le médecin ne sera plus un vulgaire commerçant ?...

Cela n’est pas impossible. Aujourd’hui, les hôpitaux camerounais sont dans une situation très inquiétante. Il manque tout et tout se vend même l’accès à l’enceinte des hôpitaux. Quand est ce que les Camerounais apprendront que les problèmes balayés pour être accumulés sous le tapis ne disparaissent pas mais plutôt, finissent toujours par remonter au même moment à la surface au point de mettre la nation en péril ?

Il appartient à tous les Camerounais de retrousser les manches, pour que chacun s’engage chacun dans son domaine de compétences et avec ses talents propres, à l'œuvre de reconstruction d'une nation camerounaise dont l'âme a besoin d'une seconde « renaissance ».

Dans un pays où l'insécurité sanitaire est grandissant, dans un pays où on meurt à l'entrée des hôpitaux par manque de soins, dans un pays où les détenteurs du pouvoir et les mieux nantis se soignent plutôt à l'étranger, les Camerounais n’ont qu’une crainte majeure qui hante les esprits : celle de tomber malade et de devoir affronter la misère noire des hôpitaux. « Ne pas aimer le Cameroun c’est ne pas s’aimer soi même. Ce pays nous a nourrit c’est à nous de lui rendre ce qu’il nous à donné ». A méditer

Hugues SEUMO

Posté par seumo à 18:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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