Police

Voitures incendiées, magasins pillés, policiers blessés, bagarres, la victoire du Maroc face à la Côte d'Ivoire a eu un goût amer à Bruxelles hier soir.

Il fallait s'y attendre et ces manquements étaient prévisibles et pour cause... La police belge de mon point de vue a souvent négligé les informations issues des pays africains. A l'heure de la mondialisation, elle devrait s'atteler à s'accrocher à l'actualité mondiale.

A mon arrivée hier soir au Boulevard Maurice Lemonnier, je me suis arrêté chez une connaissance du coin afin d'attirer son attention sur l'issue du match de football qui opposait la Côte d'Ivoire au Maroc. Entre trois rendez-vous qu'il avait avec ses clients, il a vite compris les enjeux de la rencontre de football du jour et a vidé sa caisse après avoir éloigné ses marchandises de valeurs les plus prisées.

Le Boulevard Maurice Lemonnier grouillait déjà de monde à 17h... Signe qu'à la fin du match, il devait y avoir quelque chose. Mais la police belge n'avait rien compris.

Il fallait être aveugle pour ne pas accepter de perdre volontairement quelques secondes de son temps à analyser l'ambiance inhabituelle dans cet avenue jusqu'au niveau du piétonnier

Avant le match, vue l'ambiance régnante, il était mieux conseillé de mettre sur place un dispositif policier dissuasif. Question de freiner les ardeurs de tout manifestant. Ce qui n'a pas été fait car, comme il s'agit d'une actualité africaine, autant mieux ne pas s'y intéresser.... Erreur d’appréciation.

Il suffisait pour la police belge, de se faire accompagner par les spécialistes de l'actualité africaine pour comprendre qu'une qualification du Maroc au mondial de football serait synonyme de débordement des fêtards. Cela faisait 20 ans que le Maroc ne s'était pas qualifié pour le Mondial

Il n’est pas toujours aisé de cerner les mobiles des débordements des fêtards. Mais à regarder de près le changement brusque d'ambiance dans certaines rues de Bruxelles hier soir, on comprenait aisément qu’il y aurait quelque chose à la tombée de la nuit .. Ce que la police belge n'avait sans doute pas mesuré l’ampleur.

Un peloton du service d'intervention était présent sur place à partir de 20h00 avec une autopompe et un renfort de la police fédérale.

20h, c'était tard car, il fallait être sur place dès 17h quand le Boulevard Maurice Lemonnier grouillait de monde. La simple présence d'une grande patrouille était dissuasive.

Que dire des commerces pillées par les émeutiers? Bien que régulièrement la police mène des opérations de sécurisation des rues, habitations, transports , etc.. Hier, l'on a noté la lenteur d'intervention des forces de l'ordre devant les commerces pillés.

Cap en 2018 au mondial russe. A vous d’aiguiser vos stratégies de prévention. Ce sera sans doute chaud à la fin des différentes rencontres…

Hugues SEUMO