Ventocratie_RDPC2018

Tout semble l’indiquer. Ce pays, plongé depuis des décennies dans un fleuve d’amertumes, donne l'impression de vouloir y revenir. Aujourd'hui dans ce pays voisin du Tchad, il n'y a que le mécontentement de la grande partie de la population qui habite les esprits. On parle des grandes ambitions pour le décollage économique, on évoque des projets sociaux divers mais, fatigué, le peuple ne cesse de craindre pour son avenir.

lI y’a peu, j’ironisais sur la situation inédite, à la limite ubuesque de certains militants du parti au pouvoir au Cameroun. Ils n’ont aucune espèce de frontière morale ou idéologique, pourvu seulement qu’ils se maintienne au devant de l’actualité, que certains médias impétueux parlent d'eux. Autant dire que l’adieu de l’insubmersible à la scène politique, n’est pas pour demain même si leur image en prend un sacré coup. Et pire leurs fourberies, hélas, ne datent pas d’aujourd’hui.

C’est tout simple. Sous le règne du RDPC, le Cameroun est passé de l’illusion d’un modèle démocratique chanté dans toute l’Afrique centrale jadis, à la voyoucratie. Carrément ! Tout est là. Nous avons toutes les tares sous les yeux

L’avenir du Cameroun est loin d’être celui que nous tous avons toujours projeté.

C’est au Cameroun que le 20 mai dernier nous avons une fois de plus vécu une scène honteuse des militants du parti au pouvoir... entouré des casiers de bières en train de tenir des discours d'affamés en quête de leur pitance habituelle.... Parmi ces militants, au moins soixante sont des jeunes dont l’âge varie entre 16 et 22 ans. Et parfois moins. Ils scandent tous la victoire de leur président...même sans aller aux élections.

Ce spectacle est d’autant plus frappant que la promiscuité de ces jeunes avec des adultes rompus de la tâche citoyenne n’est pas synonyme d’école de bonne moralité, loin s’en faut : Elle est plutôt le germe d’une décadence prévisible.

Ces militants du R. tiennent les discours d’auto-gloriole comme leur sbire devant le regard amorphe d’une population dépassée par le coût de la vie.

Nos dirigeants actuels ne préparent pas les Camerounais aux idées de droits de devoir, de justice, d’égalités... On ne les forme pas aux idéaux de patriotisme mais à ceux de népotisme de corruption et de mendicité.

La République du Cameroun donne l'image d’Etat idiot, qui ne sait pas où il va, et dans lequel les valeurs nobles ont disparu. Ceux qui devaient être nos lumières nous ont plongés dans les ténèbres de la bêtise humaine.

Les analystes s’empoigneront longtemps sur la nature des causes proches et lointaines, directes et indirectes de la paupérisation éhontée de nos populations.

Les raisons de notre descente aux enfers, sans toute fois prendre le risque de me tromper, se résument en quelques mots : la marginalisation politique des populations, leur exclusion des processus de décision et de choix politiques qui affectent le destin du pays.

Une marginalisation politique qui s’appuie sur un boycott quasi institutionnalisé des systèmes d’enseignement dans le pays, se traduisant par l’impossibilité pour la majorité de la population camerounaise d’acquérir les outils techniques nécessaires à une prise en mains effective et efficace de son quotidien. La conséquence de cet état de choses, c’est un enrichissement insolent d’une infime minorité au moment où le commun des mortels, l’homme de la rue, croupit sous le poids d’une misère chaque jour plus abjecte.

Le Cameroun doit se doter des moyens d’impliquer davantage sa population dans le choix de ses dirigeants pour que ceux-ci internalisent l’obligation de rendre compte comme élément central d’un fonctionnement juste de l’Etat.

Un dirigeant qui sait que sa survie politique dépend de la sanction que lui réservent les électeurs s’assurera bien que sa gestion cherche en permanence à trouver des solutions aux problèmes de ses administrés. Au Cameroun, nous sommes encore loin de réunir cette condition institutionnelle fondamentale.

Nous devons nous hâter de résoudre ce problème, faire en sorte que la population retrouve enfin son statut de Patron et les dirigeants celui de ses dignes Serviteurs.

C’est à cette condition que les tenants du pouvoir pourront enfin commencer à travailler pour l’Homme de la rue, lui qui est le vrai maître des ressources du pays.

Pour y parvenir, les Camerounais devraient bannir de leur logiciel mental le virus inoculé par les dirigeants au pouvoir, avec pour tête de file le dossard numéro 35 (le nombre d’années qu’il est resté au pouvoir) qui refuse d’être remplacé alors qu’il a lui-même contribué à détruire le terrain dans lequel il est en train de jouer sans relâche.[...] A suivre

Hugues Bertin SEUMO

La fête du 20 mai au Cameroun: No comment