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Tout semble l’indiquer. Ce pays, plongé depuis des décennies dans un fleuve d’amertumes, donne l'impression de vouloir y revenir. Aujourd'hui dans ce pays voisin du Tchad, il n'y a que le mécontentement de la grande partie de la population qui habite les esprits.

Ils étaient hier membres du cercle de ceux qui promettaient l'enfer à Paul Biya. Aujourd'hui, ils ont formé le groupe dit "Groupe des 20". Tous, ils ne jurent plus qu'au nom de leur manitou de Yaoundé

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne sont ni de parfaits inconnus ni de simples innocents venus d’une autre planète. Ceux qui ont placé l'intérêt personnel au dessus des objectifs collectifs ...L’on se demande bien quelle crédibilité pourrait-on accorder à ces opposants qui retournent verticalement leur veste balayant ainsi les idéaux de démocratie qu'ils ont longtemps souhaité pour leur pays.

lI y’a peu, j’ironisais sur la situation inédite, à la limite ubuesque de certains militants du parti au pouvoir au Cameroun. Ils n’ont aucune espèce de frontière morale ou idéologique, pourvu seulement qu’ils se maintienne au devant de l’actualité, que certains médias impétueux parlent d'eux. Autant dire que l’adieu de l’insubmersible à la scène politique, n’est pas pour demain même si leur image en prend un sacré coup. Et pire leurs fourberies, hélas, ne datent pas d’aujourd’hui.

C’est tout simple. Sous le règne du RDPC, le Cameroun est passé de l’illusion d’un modèle démocratique chanté dans toute l’Afrique centrale jadis, à la voyoucratie. Carrément ! Tout est là. Nous avons toutes les tares sous les yeux

L’avenir du Cameroun est loin d’être celui que nous tous avons toujours projeté.

C’est au Cameroun que le 20 juillet dernier nous avons une fois de plus vécu une scène ubuesque et honteuse de certains hommes politiques... Une coalition de 20 partis de l'opposition qui annonce devant la presse, son soutien au candidat Paul Biya (35 ans au pouvoir), candidat du RDPC au pouvoir à l'élection présidentielle prévu le 7 octobre prochain. Pour justifier ce ralliement, ils ont invoqué le contexte sécuritaire et l'absence d'une candidature unique de l'opposition. Ils ont tous scandé la victoire de leur président...

Nous respectons leurs choix. Mais, l'on serait tenté de croire qu'ils sont tous des adeptes de la politique du ventre. Malheureusement pour ces fins calculateurs, le peuple camerounais n’est plus dupe car son sang n’a que trop coulé sans raison valable.

Comment comprendre cette attitude du Groupe des 20 ?

La résultante de ce revirement trouve sa source dans le fait que l'opposition camerounaise n'a pas assuré sa mission historique : Celle d’écouter le peuple et porter sa voix.

Certes l'opposition camerounaise subit depuis de nombreuses années la répression de la part de nos tenants du pouvoir actuel. Certes elle souffre d'un manque de moyens. Quand on voit certains opposants camerounais se rallier à l'idée inepte d'un pouvoir qui a rendu en 35 ans le Cameroun en un pays de tous les maux, quand on voit l'état de décomposition de cette opposition, alors on a mal au cœur et on a peur.

Il ne faut plus s’étonner qu’au Cameroun, de plus en plus de gens préfèrent s'endormir dans les églises d'Éveil...que de parler politique car, les déceptions diverses sont incommensurables et indicibles.

Nos dirigeants actuels ne préparent pas les Camerounais aux idées de droits de devoir, de justice, d’égalités... On ne les forme pas aux idéaux de patriotisme mais à ceux de népotisme de corruption, de mendicité, de l'impunité...

Les analystes s’empoigneront longtemps sur la nature des causes proches et lointaines, directes et indirectes de la paupérisation éhontée de nos populations.

Les raisons de notre descente aux enfers, sans toute fois prendre le risque de me tromper, se résument en quelques mots : la corruption, le népotisme, la marginalisation politique des populations, leur exclusion des processus de décision et de choix politiques qui affectent le destin du pays.

Le Cameroun doit se doter des moyens d’impliquer davantage sa population dans le choix de ses dirigeants pour que ceux-ci internalisent l’obligation de rendre compte comme élément central d’un fonctionnement juste de l’Etat.

Un dirigeant qui sait que sa survie politique dépend de la sanction que lui réservent les électeurs s’assurera bien que sa gestion cherche en permanence à trouver des solutions aux problèmes de ses administrés. Au Cameroun, nous sommes encore loin de réunir cette condition institutionnelle fondamentale.

Nous devons nous hâter de résoudre ce problème, faire en sorte que la population retrouve enfin son statut de Patron et les dirigeants celui de ses dignes Serviteurs.

C’est à cette condition que les tenants du pouvoir pourront enfin commencer à travailler pour l’Homme de la rue, lui qui est le vrai maître des ressources du pays.

Pour y parvenir, les Camerounais devraient bannir de leur logiciel mental le virus inoculé par les dirigeants au pouvoir, avec pour tête de file le dossard numéro 35 (le nombre d’années qu’il est resté au pouvoir) qui refuse d’être remplacé alors qu’il a lui-même contribué à détruire le terrain dans lequel il est en train de jouer sans relâche.[...]

Briguer un autre mandat de 7 ans à l'âge de 85 ans sous le couvert d’assurer la stabilité du Cameroun, est un jeu personnel, sans regard pour des populations qui n'aspirent qu'à un changement politique qui renforcerait à coup sur le renforcement des institutions et non des hommes politiques.

Mais avec un pays comme le Cameroun, abandonner le pouvoir sera d’autant plus difficile. A suivre.

Hugues Bertin SEUMO