Biya_Vieux

S’il y a un homme que Mongo Beti, a le plus détesté et combattu sa vie durant, c’est bien Louis Paul Aujoulat. Mongo Beti lui en voulait surtout pour son action à l’émergence d’une élite politique post coloniale, qui n’avait conscience des enjeux et de la libération du Cameroun du joug colonial, et du progrès véritablement indépendant de ce pays. Pour reprendre Mongo Beti dans l’une de ses sorties médiatiques publiées à l’époque par Le Messager, le Dr Aujoulat a incarné à la perfection le refus opposé avec une obstination criminelle par la France à tout dialogue avec l’UPC.

Il est vrai que c’est la tradition de la France de ne jamais négocier avec les mouvements indépendantistes dans ses colonies, ainsi qu’en témoigne une histoire constante de Saint-Domingue en 1791 au Cameroun d’aujourd’hui, en passant par la Syrie, l’Indochine, l’Algérie. Ce sectarisme a conduit à chaque fois à une guerre de libération longue et sanglante. Le Dr Aujoulat le premier a appliqué cette stratégie au Cameroun, et, de plus, avec un fanatisme et un savoir-faire dont atteste aujourd’hui encore, malgré les nombreuses décennies écoulées, la totale monopolisation du pouvoir réel au Cameroun par ses héritiers ou ses disciples. »

La plupart des historiens contemporains sont formels : ce sont les Aujoulatistes qui ont introduit au Cameroun les sectes aux relents diaboliques telles que la franc-maçonnerie, la rose croix et autres. Ce sont eux qui ont introduits la corruption, le népotisme.

Aujourd’hui encore, l’esprit Aujoulatiste semble loin de s’être estompé au sein de la classe politique. Il n’y a qu’à voir comment nos dirigeants ont tous le regard tourné vers l’ancienne puissance coloniale lorsqu’il faut prendre une position sur des questions majeures de politique internationale qui divisent.

Au regard de cette hypothèse, Paul Biya est l’incarnation de cette malédiction au Cameroun.

Son parti politique, le RDPC, accusé de corruption et de trafic d’influence sur les opérateurs économiques Camerounais. Ses sbires, les cadres du RDPC tous, noyés dans la rivière de la corruption et du détournement de la fortune publique…

Le pourvoir de Paul Biya a montré ses limites, dans un monde de plus en plus en mutation. Tel est l’état présent de l’empire Biya, appelé à l’heure actuelle à faire valoir ses droits à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé au Cameroun

Paul Biya est à un carrefour, peut-être le plus important, de son existence. Voila que c’est Le quotidien camerounais Le jour, qui avait perçu tout comme plusieurs autres journaux camerounais, des millions de francs Cfa du cabinet civil de la présidence du Cameroun pour la couverture de la dernière élection présidentielle au Cameroun, qui revient avec une autre révélation puisée dans le site internet de Al Jazeera.

Selon cette dernière, la campagne du chef de l’Etat camerounais avait coûté 3 milliards Fcfa, et les deux pages de communiqué dans Le Monde du 11 novembre, 307 millions Fcfa. L’article est signé de Julie Owono, journaliste et consultante en relations internationales camerounaise installée en France. Intitulé « Les leaders du Golfe de Guinée achètent leur crédibilité », il dénonce selon la même source, les campagnes de communication de plusieurs présidents africains en Occident : Idriss Deby du Tchad, Ali Bongo du Gabon, Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale et… Paul Biya du Cameroun.

Comment, alors que l’on a fait massacrer des camerounais par une sordide volonté de se maintenir au pouvoir par tous les moyens, et mis le pays sens dessus-dessous.

Le Rdpc, il est vrai, a été la clé de voûte de la triste actualité politique camerounaise depuis une trentaine d’années.

En trente et cinq ans de présence aux affaires, ce parti s’est bâti une solidité financière. Ses cadres, trop pressés de s’enrichir, se sont comportés en véritables rapaces. Déstructurant l’économie nationale et pillant les biens publics : grosses fortunes, châteaux, vie de pachas. Ils en ont fait voir de toutes les couleurs au peule affamé. L’avenir apparaissant radieux pour le système mis en place par Paul Biya.

En trente et cinq ans, le Cameroun a perdu tout ses repères. Il s’agit là, en effet, des conséquences visibles de ce que devient sous nos yeux, l’empire Biya. Le perdant dans cette histoire n’est ni le pouvoir, ni les partis politiques qui le soutiennent. Le RDPC est, là, empêtré dans ses propres turpitudes.

Ce ne sont pas les manœuvres du pouvoir actuel de Yaoundé avec le soutien de certains pays occidentaux ces derniers mois ; ce ne sont pas, non plus, les manœuvres de chantage dont le but est de jeter le discrédit sur les opposants, les vrais qui feront que les Camerounais pardonneront aussi facilement les années d’enfer que l’entêtement de Paul Biya et son gouvernement fantoche leur font subir.

Paul Biya et son RDPC sont largement discrédité dans l’opinion nationale et internationale à cause de leurs mensonges manifestes et des fautes graves qu’ils commettent tous les jours. Aujourd’hui, les dirigeants du Cameroun sont en panne de stratégie face à la kyrielle de maux qui rongent ce pays.

Scruter cette vérité en face à partir des faits, c’est admettre qu’une page se tournera au Cameroun. Le pays devra refermer le long chapitre d’un homme qui finira zéro alors qu’il aurait pu être un héro. Le chapitre d’une génération de dirigeants politiques qui ont abusé de la confiance des populations pour s’enrichir et conduire le pays vers l’hécatombe du désespoir et les profondeurs abyssales de l’horreur.