Ecole_Brousse_Cameroun09021

Encore 48 heures, ce sera le 11 février, journée de la fête de la jeunesse au Cameroun.Ce sera une journée d'intenses activités réservées à la jeunesse camerounaise. Mais, les jeunes de la génération sacrifiée seront-ils de la fête ? En 53 ans, rien ne leur aura été épargné: ils n'auront connu que deux Présidents de la république, ils auront flirté avec le pouvoir néocolonial, avec des assassinats divers; ils auront connu des insurrections, des émeutes, ils n'auront connu que de crise sociales diverses, de chômage, de dépravation de moeurs, le tout noyé dans un horizon bouché couplé d'un avenir incertain.

Dans tous les quatre coins du Cameroun, toute la jeunesse vibrera au rythme des festivités de la 53ème édition de la fête nationale de la jeunesse

Comme d’habitude, les jeunes attendent le message du chef de l'Etat qui embrassera le répertoire du déjà entendu souvent noyé dans les promesses hasardeuses et habituelles.

La jeunesse camerounaise désespérée cherche toujours ses marques sous l'œil d'une kyrielle de maux qui la minent. Dans certaine de nos campagnes, des centaines voire des milliers de jeunes se retrouvent entassés dans les salles de classe, mal assis devant un nombre insuffisant d'enseignants. Ce phénomène n'épargne pas certaines écoles primaires de nos grandes cités.

Quelle formation attendre de ces innocents ?

La jeunesse camerounaise d'antan avait fréquenté les grandes écoles et les universités étrangères et avait produit ses compétences incontestables mais qu’a-t-elle fait pour son pays ? .Piller les ressources de l’Etat, fruit du pauvre contribuable.

La jeunesse d’aujourd’hui, à l’image ce celle d’hier, si elle n'a pas triché, elle se laisse prendre par le piège de l'obsolescence des mœurs avec toutes les conséquences que cela comporte.

Le pouvoir de Yaoundé a toujours brandi la fameuse phrase "Jeunesse, fer de lance de la Nation" pour tromper la jeunesse camerounaise voire tout un peuple. Aujourd’hui cette jeunesse évolue en phase avec la situation sociocritique du pays

La jeunesse camerounaise veut clairement et simplement accéder au savoir, à la formation et à un meilleur avenir. Mais comment y arriver ? Equation difficile à résoudre.

La seule alternative pour les jeunes : Fuir ou subir ?

Combien sont ces jeunes qui rêvent seulement partir pour des cieux nouveaux parce qu’ils n'y croient plus en l’avenir dans notre pays ?

Il est dit du Cameroun que les poissons meurent de vieillesse, que la nature est si généreuse qu’une semence jetée dans la nature pousse sans aucun soin particulier et donne du fruit.

Les lobbys divers se sont donnés des moyens logistiques pour détruire à grande échelle le Cameroun afin de réaliser des superprofits sur le dos des pauvres citoyens qu’on continue à endormir dans la notion de la jeunesse.
Conséquence : Le peuple victime, réduit à la misère la plus totale, subissant des traitements les plus déshumanisants est obligé d’aller mendier chez les voisins à des milliers de kilomètres..

Les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus qu’une alternative : Subir ou s’exiler dans un pays où ils peuvent retrouver la liberté, la dignité humaine qu’ils ont perdu dans leur propre pays où ils deviennent des étrangers.

Aujourd’hui des milliers d’immigrés camerounais se trouvent par exemple en Europe en prise entre deux feux. D’une part les horreurs qui les attendent dans leurs pays respectifs en cas d’expulsion, d’autre part la traque dont-ils font l’objet devant les polices des frontières ou de l’immigration. Inutile de revenir sur les conditions de rétention des étrangers en attente d’expulsion ou mieux encore sur la vie quotidienne de ceux qui pavanent dans le désert « No Man’s land » marocain

Il y a de cela un peu plus de cinq mois, un chercheur dans une université belge affirmait à Bruxelles qu’en Afrique centrale de nos jours, les jeunes camerounais sont parmi les plus nombreux qui sillonnent le monde entier à la recherche de leur pitance journalière alors que leur pays regorge de toutes les matières et ressources utiles à leur épanouissement. Ce constat parmi tant d'autres n'inquiète point le pouvoir de Yaoundé qui n'a jamais pensé à mesurer l'ampleur de cet exode massif des jeunes meurtris par la misère vers les pays étrangers.

Pour cela il faudrait que toutes les forces qui aspirent au changement et au progrès multiforme se mobilisent et dans un seul but: Améliorer les conditions de vie de l’Homme ; respecter et faire respecter les droits fondamentaux de l’Homme au Cameroun où règne une espèce dictature d’Etat.

Si le Cameroun veut continuer de se prévaloir d'un important capital humain dynamique, il faut qu'il ait un courage d'introspection et celui d'un sauvetage des jeunes qu'il s'est fait depuis 53 ans. Faute de quoi tout le capital des institutions de Brettons Wood peut y parvenir, rien n'y fera.

A 53 ans, on est supposé franchir un autre cap, celle de la sagesse et la vie abandonnant derrière soi les souvenirs de la jeunesse. Tant pis, on est toujours jeune même si à 53 ans on n’a jamais eu l’occasion de rédiger une lettre de motivation et un CV pour un emploi.

De quelle jeunesse parlons-nous ? Lorsque les aînés refusent de montrer à la jeunesse le chemin? Ce dernier, abandonné à lui-même se doit de le trouver lui-même. Il est temps de cesser d’instrumentaliser cette jeunesse. La preuve en est que tous les jours, lors des nominations dans les hautes sphères de la nation, on prend toujours les mêmes, et on recommence pour les mêmes résultats que nous connaissons tous. Il est donc plus que jamais temps de combattre ces mentalités rétrogrades qui tuent les rêves de réussir et font que la jeunesse reprenne à son compte les défauts de ses aînés.

© Hugues SEUMO