Prisma Canal International

Prisma Canal International est un blog indépendant animé et dirigé par Hugues B SEUMO, acteur de la vie contemporaine, pour réagir sur l'actualité contemporaine.

06-11-08

Cameroun : Les enfants du 6 novembre 1982

Enfants_du_06_novembreJe suis né le 6 novembre 1982 à l'hôpital Laquintinie de Douala d'un père enseignant et d'une mère infirmière. De mon souvenir d'enfance, j'avais vécu quelques années dans un Cameroun somme toute prospère, mais frileux sur le plan des libertés individuelles. A l'âge de 5 ans, inscrit dans une école maternelle de Douala , tous le monde chantait en chœur Rigueur et moralisation. Une chanson de l'époque qui était diffusée plusieurs fois sur les antennes de la Radio Douala.

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31-10-08

Madagascar: Chronique d'un malaise social

Av_Indep30109275Samedi 24 janvier 2009: Andry Rajoelina organise un meeting réunissant plus de 25000 personnes

Andry Rajoelina alias "TGV" appelle à la grève générale dès le lundi 26 janvier. Le Président alors en déplacement en Afrique du sud est revenu dès dimanche soir à Madagascar (au lieu de lundi matin) et a dénoncé les propos de Andry Rajoelina qui selon lui correspondent à un coup d’Etat. Serait-ce un motif suffisant pour le faire arrêter ?

Plus de 25 000 personnes se sont rassemblé place du 13 mai à Antananarivo, lieu symbolique de la contestation malgache. « Les dirigeants qui ignorent le peuple ne doivent pas être au pouvoir ; nous sommes là pour refuser d'être bâillonnés ; j'appelle toutes les forces vives à continuer de lutter pour réclamer la démocratie. Je suis prêt à diriger le peuple si il y avait une transition. (…)affirme Andry Rajoelina le jeune maire d'Antananarivo

Lundi 26 janvier 2009. Une manifestation de l'opposition dégénère

TV_saccages300109275Les locaux de la radio nationale malgache (RNM) à Antananarivo ont été saccagés lundi 26 janvier par des partisans du maire de la capitale Andry Rajoelina et étaient en feu en milieu de journée, à la suite d'un rassemblement de l'opposition. Plusieurs milliers de partisans du maire d'Antananarivo se sont en effet rassemblés lundi matin dans le centre de la capitale malgache après l'appel lancé par le principal opposant, le maire Andry Rajoelina, à une grève générale contre le régime du président Marc Ravalomanana. Les militants occupaient la place du 13 mai, au centre de la capitale malgache. Le président Ravalomanana avait affirmé dimanche vouloir « rétablir l'ordre » et « sauvegarder la République ».

Mardi 27 janvier 2009. Appels au calme après une journée d'émeutes

Andry_Rajoelina290109210Le maire de la capitale malgache Andry Rajoelina,durcit le ton face à son adversaire chef de l'Etat Marc Ravalomanana, exige la mise sur pied d'un gouvernement de transition.

Le maire d'Antananarivo Andry Rajoelina, devenu le principal opposant du président malgache, a annoncé qu'il suspendait avec effet immédiat les manifestations contre le régime, lors d'une intervention à l'antenne d'une radio malgache : « Il n'y a pas de discussions ou dialogue aujourd'hui. Il faut d'abord juger le militaire qui a tué un de mes partisans », a-t-il ajouté.

Marc_Ravalomana260109200Le président Marc Ravalomanana renouvelle lui aussi son appel au dialogue. La situation reste néanmoins tendue sur la Grande Ile au lendemain d'une importante manifestation qui a tourné à l'émeute à Antananarivo où les pillages se poursuivent. Un climat d'insécurité embrase la grande île de l'ocean indien, suscitant la colère des uns et des autres.

La communauté internationale quant à elle sort de mutisme. les appels au dialogue entre les parties concernées fuses des quatre coins du monde.

Le peuple se fâche au micro de RFI Ecoutez ICI

Mercredi 28 janvier 2009

Madagascar_emeutes280109275_corps_calcinesAu moins vingt-cinq corps carbonisés ont été découverts à Antananarivo, le mercredi 28 janvier, dans un grand magasin de la capitale malgache, à la suite des émeutes qui ont secoué la ville en marge d'un grand rassemblement organisé par le maire de la capitale et dirigé contre le président malgache. Selon le porte-parole de la gendarmerie, ces victimes ont succombé "à des piétinements entre pillards et à cause de piles de sacs de riz qui se sont effondrées" sur elles.

Jeudi 29 janvier 2009: Ville morte à Antananarivo

Ville_morte_Tana290109275Ville morte ce jeudi  à Antananarivo, un conseil des ministres s’est tenu mercredi 28 janvier 2009, au Palais d’Etat d’Iavoloha, sous la direction du Président de la République, Marc Ravalomanana. L’appel pour une "ville morte"  dans la capitale malgache a été lancé mercredi par Andry Rajoelina le maire d'Antananarivo. Le principal opposant au président de Madagascar Marc Ravalomanana appelle à la mobilisation pour obtenir l'arrestation des meurtriers d'un adolescent tué lundi lors d’émeutes et de pillages qui ont fait plusieurs morts dans tout le pays.

Parmi les raisons possibles de la grogne des Malgaches contre l'administration Ravalomana, on trouve ce projet de convention que les Sud-coréens de Daewoo voudraient passer avec Madagascar :

Ecoutez l'analyse de la rédaction de RFI  Ici

Pillage290109275« Des citoyens ont fait des comités de vigilance, pour aider les policiers... Les pillages ne font pas partie du mouvement populaire...»
Par Nicolas Champeaux le 28/01/2009

Ecouter le  reportage de RFI sur le désarroi devant les pillages ( ici)

Correspondance : Le pouvoir de Marc Ravalomanana battu en brêche

Propriete_Ravamalona_brulee« La grande majorité de l'empire industriel de Marc Ravalomana a été brûlé et saccagé lundi et mardi. Quant à son pouvoir politique, il est trop tôt pour dire ce qui en restera... »
Par Grégoire Pourtier le 28/01/2009

Ecoutez ici

Cliquez ici pour avoir accès aux photos des émeutes.

NB: La mise à jour de cette chronique n'est pas interrompue, elle est susceptible d'ajout de nouveaux éléments à toute heure.

Merci une fois de plus

Chronique réalisée avec la complité de Anny R., RFI, HS

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18-04-08

Cameroun : Une sauce qui n’a plus de goût

Prisma_Internationale_ecritOn a coutume de dire que la mésintelligence sociale qui a contraint plusieurs Camerounais à s’exiler dans leurs pensées de la résignation collective résulterait d’une fantaisie personnelle de quelques entrepreneurs dirigeants politiques en mal d’ambitions. Dans la cuisine camerounaise de l’intelligentsia, l’on a essayé toutes les sauces. Hélas, elles n’ont plus de goût.

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05-02-08

Cameroun : Une sauce qui n’a plus de goût

Prisma_Internationale_ecritOn a coutume de dire que la mésintelligence sociale qui a contraint plusieurs Camerounais à s’exiler dans leurs pensées de la résignation collective résulterait d’une fantaisie personnelle de quelques entrepreneurs dirigeants politiques en mal d’ambitions. Dans la cuisine camerounaise de l’intelligentsia, l’on a essayé toutes les sauces. Hélas, elles n’ont plus de goût.

Il ne sert à rien d’hurler dans le langage agressif pour qualifier un pouvoir fut-il dictateur. S’il faut lire entre les lignes, avec des mots et le poids que pèsent ces littératures, on a l’impression que ceux-ci semblent échapper au contrôle des autorités locales habituées à ces discours.

Au Cameroun, la lutte politique s’est relativement focalisée sur un seul individu : le  président camerounais, faisant croire que l’Etat ne serait qu’une entité abstraite et absolu, alors que celui-ci, véritable rapport social et culturel avait la réalité qui lui fut contestée depuis les luttes de résistances des années 90. On dénombre peu de discours dénonçant les dérives d’un ministre ou d’un haut responsable local. Toutes les critiques acerbes ne sont diligentées que contre un seul individu.

Néanmoins, l’on a vu ces dernières années, la presse indépendante camerounaise aiguiller le pouvoir en place sur de nombreuses malversations financières des anciens barons du régime et assimilés  en place. Ces derniers ont passé  le temps à se servir  de la sauce publique et tenait à être continuellement servi.

Si, du moins, ces anciens directeurs de sociétés d’Etat et ces anciens ministres montraient un peu de vertu dans la gestion de la fortune publique, le peuple ne se ferait pas prier pour louer les bons et loyaux services qu'ils rendraient à la République. Hélas ! On dirait plutôt que des ministres, anciens ministres et assimilés s'arrangent à sans cesse pour être impliqués dans la plupart des mauvais coups qui ont, jusqu'ici, ébranlé le pays. Les interpellations, arrestations, emprisonnements et même des soupçons, concernant ces princes qui nous gouvernent en témoignent.

Un Cameroun exceptionnel

Une chose est certaine, le Cameroun est l’un des rares pays qui a connu tant de personnes qui, au lendemain de leur nomination à des postes de responsabilités deviennent subitement des milliardaires. C’est aussi un pays où les forces de l’ordre au lieu de jouer leur rôle de la force muette, dégaine sans remords sur la population.

Le Cameroun est encore parmi les rares pays qui ont connu moins de cinq jours de la descente dans la rue des populations avec ce que cela a pu orchestrer comme frayeur. C’est donc un volcan endormi qui peut se réveiller à tout moment et  le pouvoir en place  en est conscient. De quoi  tout faire pour canaliser les revendications populaires constituant les signes avant coureurs du réveil qu’ils redoutent. 

Il faut dire  pour reprendre l’enseignant syndicaliste Jean Claude Tchassé dans l’une de ses chroniques que « ce qui effraie le pouvoir, ce sont les multiples coups de force qu’il a perpétrés contre le peuple et contre la démocratie. Chaque exaction a contribué à faire monter la pression, et à mesure que le temps passe, l’on se rapproche de l’instant fatidique de l’explosion. ».

Il ne sert à rien de dire qu’il y a la paix au Cameroun. Sommes-nous en paix quand on a faim ? Sommes-nous en paix quand on ne peut  pas se coucher sur son lit ayant les yeux fermés de peur d’être surpris par les brigands ? Quand on n’a plus de routes, d’hôpitaux ? etc. Trop de frustrations, de rancœurs, d’égoïsmes, de jalousies, de trahisons, de crimes impunis, de fraude électorale alimentent les vies quotidiennes des peuples..

La paix du coup est menacée obligeant les victimes à aller pour ceux qui ont les moyens, quémander chez les voisins.

Le processus camerounais est traversé de clivages et de conflits entre un parti au pouvoir dominant et qui manipule constamment dit-on le jeu politique, et une opposition divisée par des querelles  de leadership.

Dans un contexte où il y a multiplicité d’acteurs, un processus global de remise en question collective devient de plus en nécessaire et ne peut se réaliser efficacement que si toutes les parties prenantes acceptent de se mettre ensemble. Il devient urgent de développer la tri-articulation Etat- Hommes politiques -Peuples qui débouchera sur la mise en place de systèmes de concertation perfectibles, s’appuyant sur des mécanismes de partenariat et de dialogue socialement définis et articulés sur différents niveaux de territoires, différents niveaux de décision.

Le processus qui nous semble avoir le plus de chance de succès est celui qui prend en compte les intérêts de tous et qui s’appuie sur la reconnaissance des compétences notamment celles des composantes sociales. L’effort de construction nationale devrait être l’œuvre commune de toutes les composantes nation et non la volonté  calculatrice et égoïste d’un groupuscule. Si cette option n’est pas envisagée, la sauce camerounaise continuera à  ne pas avoir de goût et finira à coup sûr à ne plaire qu’à ceux qui l’ont cuisiné. A vendredi et bon vendredi

© Camer.be Hugues SEUMO

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