Prisma Canal International

Prisma Canal International est un blog indépendant animé et dirigé par Hugues B SEUMO, acteur de la vie contemporaine, pour réagir sur l'actualité contemporaine.

21-10-08

Cameroun : le Cameroun peut-il se sortir de sa crise culturelle ?

ama_tutu_muna250907160Depuis plus de quarante ans, sa ns doute à cause de l’appauvrissement par autodépréciation de l’expression artistique locale et par un mimétisme esthétique qui engendre des œuvres décalées par rapport à leur environnement culturel d’une part, et du contrôle des réseaux de distribution par les grandes entreprises dominantes qui laisse rarement à l’industrie culturelle locale non seulement l’occasion de se faire connaître mais de contribuer aussi à une diversification de l’offre d’autre part, les artistes camerounais, dans leur grande 

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21-07-08

Cameroun : le Cameroun peut-il se sortir de sa crise culturelle ?

ama_tutu_muna250907160Depuis plus de quarante ans, sa ns doute à cause de l’appauvrissement par autodépréciation de l’expression artistique locale et par un mimétisme esthétique qui engendre des œuvres décalées par rapport à leur environnement culturel d’une part, et du contrôle des réseaux de distribution par les grandes entreprises dominantes qui laisse rarement à l’industrie culturelle locale non seulement l’occasion de se faire connaître mais de contribuer aussi à une diversification de l’offre d’autre part, les artistes camerounais, dans leur grande majorité, et quelles que soient les filières auxquelles ils appartiennent, se sont négativement focalisés sur le droit d’auteur, objet des querelles et des haines de toutes sortes aujourd’hui.

Et pourtant, le décalage entre la loi existante, son décret d’application (loi N° 2000/011 du 19 décembre 2000 relative au droit d’auteur et aux droits voisins du droit d’auteur et décret N° 2001/956/PM du 1er novembre 2001 fixant les modalités d’application de ladite loi) et leur non application est dû tant à l’ignorance de la législation en vigueur par les décideurs et les créateurs qu’au manque d’outils et de soutien public auxquels les sociétés de droit d’auteur sont confrontées. Toute chose qui freine le développement de la production artistique au Cameroun.

Cette situation, que j’ai pris le soin d’analyser, a retenu toute mon attention et mérite cette réflexion parce qu’elle met au jour une étonnante contradiction de la politique culturelle du Cameroun.

Vers une violation récurrente de la législation en vigueur....

La contradiction ? Comme je le dénonçais déjà dans une tribune libre publiée par le quotidien MUTATIONS dans son édition N° 1170 du lundi 14 juin 2004, tous ceux qui observent et dissèquent la politique culturelle du Cameroun sont certainement intrigués par l’incohérence des démarches et les bricolages politico-juridiques des sécurocrates d’un autre âge du ministère de la Culture : la violation récurrente de la législation en vigueur, le refus délibéré de renforcer les acquis pourtant réalisés par l’ex-ministre d’Etat en charge de la Culture, Son Excellence Ferdinand Léopold OYONO, et appréciés par le président de la République, l’absence de codification du droit de la culture, le manque de développement des moyens des sociétés de droit d’auteur à travers des perceptions accrues par l’intégration de leurs actions dans un système de sensibilisation des usagers, des professionnels et un partenariat avec les services de police et des douanes.

Le piratage, qui n’est pas en reste, ne peut que décourager les créateurs, les éditeurs et les producteurs des œuvres littéraires et artistiques à contribuer au développement du secteur de la culture. Il ne peut non plus attirer l’investissement étranger, encore moins permettre au public de profiter d’un large éventail d’œuvres. Autant de facteurs qui ont des effets néfastes et dévastateurs sur les plans économique, social et culturel du pays.

Le marché de l’audiovisuel, pour ne prendre que cet exemple, est marqué par un piratage quasi systématique de nouveaux films. La vente illégale de décodeurs numériques et de paraboles détourne les spectateurs des salles de cinéma, du moins celles qui existent encore. Les bars improvisés en salles de projection vidéo prennent une ampleur particulière au point de paralyser la production nationale par la diminution des recettes  fiscales. La vidéo-projection payante se développe ainsi dans le circuit informel et s’enracine dans les quartiers populaires. 90% des films sur ce marché sont piratés.

Par ailleurs, l’offre locale fait face à de faibles possibilités de financement à toutes les phases de la chaîne. L’accès limité au crédit touche particulièrement les entreprises culturelles qui exercent une activité relativement risquée. Les difficultés d’accès aux ressources nationales réduisent les marges de manœuvre des professionnels et limitent leur capacité à répondre aux demandes des marchés locaux et internationaux.

Malgré le décret présidentiel N° 2001/389 du 5 décembre 2001 portant création d’un Compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle qui est un acte révolutionnaire dans le cadre de la subvention et du développement des industries culturelles au Cameroun, l’on ne manque pas de s’interroger sur la définition claire des critères et le suivi qui entourent l’octroi des fonds issus de ce Compte aux artistes.

Plus grave, les responsables du ministère de la Culture, qui ne sont pas pour autant prêts à faire preuve d’un tel sens de responsabilité, se sont toujours curieusement refusé, chose regrettable, de traduire toutes les dispositions de la loi N° 2000/011 du 19 décembre 2000 dans les faits. Une condition du succès du décret N° 2001/389 du 5 décembre 2001 serait pourtant qu’ils saisissent cette opportunité pour mettre en branle toutes les décisions d’approbation qui entrent dans le Compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle  et qui doivent logiquement générer des milliards de FCFA.

Ainsi en est-il par exemple des redevances dues au titre de la représentation ou de la fixation du folklore conformément aux dispositions de l’article 2 du décret N° 2001/956/PM du 1er novembre 2001 fixant les modalités d’application de la loi N° 2000/011 du 19 décembre 2000 relative au droit d’auteur et aux droits voisins du droit d’auteur d’une part, des modalités de versement de la taxe sur les spectacles au Compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle conformément aux dispositions de l’article 10 du décret susvisé d’autre part et de la rémunération pour copie privée du phonogramme et de vidéogramme conformément aux dispositions de l’article 13 du décret susvisé de troisième part.

De ce qui précède, il est largement reconnu que le président de la République, en signant le décret portant création du Compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle, se présentait comme un véritable visionnaire en jetant les bases structurelles des industries culturelles au Cameroun. Malheureusement, sept ans après, les conditions de l’épanouissement culturel et du développement humain dans notre pays ne sont toujours pas réunies.

Le Cameroun toujours à la traîne à l'ère du numérique..

Alors que nous sommes désormais à l’ère du numérique, alors que le chef de l’Etat, dans le décret N° 2001/389 du 5 décembre 2001, anticipait en faisant allusion à la copie privée numérique, notamment aux supports d’enregistrement amovibles, afin d’établir les montants applicables au support des matériels du type HI-FI intégrant les disques durs ou décodeurs enregistreurs, le Cameroun reste malheureusement à la traîne.

Les dirigeants du ministère de la Culture doivent pourtant savoir que l’Histoire est tragique. Elle jugera par conséquent durement tous ceux qui, aujourd’hui, n’auront pas fait l’effort de saisir les opportunités de changement qui s’offrent aux uns et aux autres avec l’avènement du Compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle.

L’article 4 du décret N° 2001/389 du 5 décembre 2001 garantit par exemple les prêts consentis par les établissements de crédit. Et cette disposition n’est pas littérature. Cela implique donc d’aménager aux entreprises culturelles un espace économique favorable pour produire et se consolider car les produits culturels contribuent à la création des emplois et des revenus.

Si nos entrepreneurs culturels bénéficiaient d’une telle garantie dans les dix provinces du Cameroun, le droit d’auteur deviendrait, par ce fait, un épiphénomène. Et ce ne sont pas des promoteurs qui manquent actuellement. S’il faut saluer des initiatives telles que le FENAC, le FOMARIC, les Ecrans Noirs, les Journées camerounaises de la musique, l’on doit par ailleurs encourager et soutenir des promoteurs tels que René AYINA du Festi-Bikutsi, Consty EKA pour CAMFEST en projet, Ambroise MBIA des RETIC, AJAJO, Sylvain NKOM et bien d’autres qui devraient être un tremplin pour l’organisation des spectacles au Cameroun.

Le déséquilibre qui existe entre le potentiel économique et culturel des pays partenaires et grands fournisseurs des produits culturels et le nôtre implique que le Cameroun se donne les moyens de soutenir le développement et une meilleure distribution de sa production nationale. Aussi a-t-il pour responsabilité de veiller à ce que la participation de ses entreprises culturelles s’effectue dans des conditions économiques viables pour elles au moment même où elles sont confrontées à une forte compétition à la fois sur leur propre marché et sur le marché extérieur.

Il serait par conséquent souhaitable qu’une nouvelle loi et son décret d’application viennent amender, compléter et renforcer le dispositif législatif existant en créant un Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique et une Commission de contrôle des organismes de gestion collective de droit d’auteur et des droits voisins dont le fonctionnement sera supporté par le budget de l’Etat.

Le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, dont les membres pourraient se recruter parmi les artistes, les auteurs, les producteurs, les éditeurs et les personnes ressources, aura pour principale mission d’assister et de conseiller le ministre de la Culture en matière de propriété littéraire et artistique. Le programme des travaux sera clarifié et organisé dans le cadre des commissions et des thèmes préalablement définis par le ministre de la Culture. A l’exemple de l’adaptation des droits littéraires et artistiques à l’environnement numérique.

Afin d’éviter que les organismes de gestion collective de droit d’auteur soient juge et partie, il est recommandable qu’ils ne soient pas représentés au sein de la Commission de contrôle des organismes de gestion collective. Laquelle pourrait éventuellement être composée par exemple d’un magistrat de haut rang qui serait à sa tête, d’un inspecteur de régie financière, d’un inspecteur d’Etat et d’un cabinet d’audit.

C’est ainsi que l’Etat devrait donc garder son pouvoir de contrôle sur les sociétés de droit d’auteur et sur toutes les structures qui bénéficieraient de sa garantie dans le cadre des prêts consentis par les établissements de crédit. Car, faut-il le rappeler avec insistance, l’Etat a le droit de regard. Ce qui est différent du droit d’ingérence dans la gestion au quotidien de ces entreprises.

La Commission de contrôle disposera donc des pouvoirs très étendus en matière de contrôle des comptes et de gestion desdites sociétés. Et pour des besoins de transparence, elle devrait communiquer ses rapports de travaux à l’Assemblée nationale, au gouvernement et aux Assemblées générales des sociétés de droit d’auteur. Lesquelles devraient disposer, en leur sein, des contrôles de gestion, des audits internes et des commissariats aux comptes. Autant de contrôles qui seraient à suffisance pour asseoir la bonne gouvernance.

La Commission permanente de médiation, dans laquelle on comptera les représentants des sociétés de droit d’auteur parmi les membres, sera fondue au sein du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique. Elle aura, entre autres, pour missions de favoriser l’approbation des barèmes conformément à l’article 78 de la loi N° 2000/011 du 19 décembre 2000 et de servir, en cas de conflit, d’interface entre les sociétés de droit d’auteur d’une part, entre les sociétés de droit d’auteur et les usagers d’autre part et entre les sociétés de droit d’auteur et le ministère de la Culture de troisième part.

Par ailleurs, dans le cadre d’un partenariat franc public-privé, il serait souhaitable, comme cela est d’usage au-delà de nos frontières, que les organismes de gestion collective de droit d’auteur supportent une partie des charges liées au fonctionnement de ladite Commission.

La complexité d’une industrie culturelle et la spécificité de la culture qui ne peut s’appréhender qu’en fonction de son contexte rendent impossible la définition à priori de la politique culturelle du Cameroun. Cependant, sur la base des tendances constatées au plan mondial et au plan local, il est possible de formuler quelques considérations et de suggérer quelques principes de travail tant au niveau de la production culturelle en général qu’à celui de l’industrie culturelle en particulier.

La nature des produits culturels implique que le développement d’une industrie culturelle fasse l’objet d’une politique publique fondée sur une stratégie industrielle associant autour du ministère de la Culture, le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, ceux des Finances, du Tourisme, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique, de l’Education de base, des Enseignements secondaires et des Petites et Moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat.

Au Cameroun où une image socialement défavorable est attachée à l’artiste, il y’a lieu de reconnaître sa contribution à l’expression créatrice et au patrimoine artistique de son pays ainsi que son rôle économique en tant qu’agent actif qui contribue à la création des richesses. Cette reconnaissance doit s’accompagner des mesures pour assurer aux artistes une protection sociale.

Si les artistes interprètes peuvent se définir, selon la loi N° 2000/011 du 19 décembre 2000 comme les acteurs, les chanteurs, les musiciens, les danseurs et autres personnes qui représentent, chantent, récitent, jouent ou exécutent de toute autre manière des œuvres littéraires et artistiques, y compris les expressions du folklore, les auteurs, eux, sont des personnes physiques ayant créé une œuvre littéraire ou artistique. Sont également auteurs, les personnes physiques ayant conçu une œuvre et ayant déclenché sa réalisation par un procédé automatique.

De ce qui précède, pour éviter toute confusion, la différence est nette entre un artiste interprète qui est un exécutant et un auteur qui est un créateur même si très souvent, on retrouve des personnes qui sont à la fois auteurs et interprètes.

Le statut de l’artiste interprète et celui de l’auteur entraînent forcément la notion du travail, donc l’emploi et la protection sociale (à travers la pension viagère, la mutuelle, l’assurance, etc.…).

Il ne peut y avoir de statut de l’artiste sans un contrat de travail. D’où la nécessité pour les syndicats d’artistes de se mouvoir à travers des propositions concrètes  à adresser au ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et devant aboutir éventuellement à la signature d’une convention collective associant toutes les parties (tenanciers de cabarets, producteurs de spectacles, entreprises culturelles et audiovisuelles, syndicats d’artistes et ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle). Et dans le strict respect du cadre de la loi prévue à cet effet à l’exemple du code du travail.

C’est donc à tort que certains artistes et même de pseudo syndicats font des revendications dans ce sens au ministère de la Culture et aux organismes de gestion collective de droit d’auteur pour leur statut.

Ce n’est qu’après cette étape que les artistes interprètes peuvent s’affilier au régime général de la sécurité sociale et bénéficier des prestations sociales (remboursement des soins, immatriculation à la sécurité sociale – CNPS, versement des cotisations à la sécurité sociale, calcul des montants des cotisations à partir des salaires, taux de cotisation, retraite complémentaire – mutuelle).

Le véritable problème qui va se poser ici est celui de savoir quelle personne versera les cotisations. Lorsqu’on sait par exemple que les artistes des cabarets ne touchent que du menu fretin et que par ailleurs les patrons desdits cabarets ne sont pas prêts à jouer franc jeu, on comprend aisément les blocages auxquels pourrait faire face une telle initiative. Le calcul des montants de cotisation et les taux de cotisation doivent être calculés avec précision lors des études de faisabilité par des professionnels.

Contrairement au statut de l’artiste interprète, il est difficile d’évoquer le statut de l’auteur car à la différence d’un artiste interprète qui, lui, joue ou exécute, l’auteur (musicien, parolier, adaptateur, arrangeur) n’est pas un salarié par son travail de création. Par conséquent, je ne peux qu’évoquer sa protection sociale.
Tout comme pour l’artiste interprète, il serait de bon ton qu’une loi puisse prévoir que les auteurs soient affiliés au régime général de sécurité sociale pour les assurances sociales et puissent ainsi bénéficier des prestations familiales dans les mêmes conditions que tous les autres Camerounais. L’on devrait également prévoir la création d’une assurance pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs qui permettra par exemple à ces derniers de se soigner et d’avoir une retraite complémentaire (sorte d’allocation vieillesse) qui leur permettra de ne pas mourir dans l’indigence.

Combien devra prévoir l’auteur pour y être affilié ?

D’après une pré-étude, les prévisions faites sont disproportionnées par rapport au revenu réel de chaque auteur. D’où la prévision d’un minimum très faible des revenus qui doivent être tirés de l’activité de l’auteur et qui sont constitués en pratique des redevances versées par la société de droit d’auteur.

Les diffuseurs des œuvres (producteurs, entreprises de production des spectacles, radios et télévisions) devraient également payer des cotisations à la sécurité sociale en faveur des auteurs. Le mode de calcul est à déterminer au cours des études de faisabilité. D’ores et déjà, dans le contexte actuel, il est difficile étant donné l’amateurisme qui caractérise ces diffuseurs d’œuvres. A mon humble avis, l’on devrait appliquer un taux varié entre 1 et 5% de la redevance perçue auprès de chaque diffuseur.

A très court terme, et dans l’espoir d’une franche collaboration de la part des sociétés brassicoles et des entreprises audiovisuelles, ces points sont réalisables dans trois ans avec un bond spectaculaire. Mais, dans le cas contraire, il n’est pas permis d’espérer avant dix, voire vingt ans. Sans oublier que dans l’intervalle, si l’on n’anticipe pas et ne maîtrise pas très vite le peer to peer dans l’Internet ainsi que le picorage et même le téléchargement légal avec l’avènement de la fibre optique au Cameroun, si l’on y ajoute aussi la mauvaise foi manifeste des usagers qui sont réticents à payer leurs redevances, l’on assistera à la disparition pure et simple des sociétés de droit d’auteur au Cameroun, l’enjeu de la piraterie des œuvres étant devenu numérique.

Dans les axes prioritaires de sa politique culturelle présentée en 2004, le président de la République, Son Excellence Paul BIYA, avait mis un accent particulier sur le partenariat public-privé. Et c’est certainement dans cette logique qu’il a cru bon d’anticiper en 2001 en créant le Compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle. Malheureusement, sept ans après, les industries culturelles demeurent encore au stade embryonnaire, la vision du Chef de l’Etat n’étant pas toujours traduite dans les faits par ceux-là qui en ont la charge. Est-ce par ignorance ? Est-ce par laxisme ?

Cette situation remet au goût du jour le problème des droits voisins qui ont été consacrés au Cameroun par la loi du 10 août 1990 relative au droit d’auteur et aux droits voisins, promulguée en son temps par le président de la République. Malheureusement, dix-huit ans après, rien n’a toujours été fait. Le constat est amer. Leur développement aurait dû pourtant, à ce jour, renflouer abondamment le Compte d’affectation spéciale pour le soutien de la politique culturelle conformément à l’article 3 du décret portant création dudit Compte. Peut-être faut-il le relever, l’avènement desdits droits en 1990 a été qualifié de «révolutionnaire » par les spécialistes, l’OMPI et diverses structures internationales ayant congratulé le président de la République à cet effet. Le Cameroun figurait alors parmi les cinq premiers pays au monde qui se sont dotés des droits voisins.

Ainsi en est-il aussi de la loi sur le mécénat et le parrainage d’une part et de celle sur les entreprises culturelles d’autre part qui ont été, elles aussi, promulguées par le président de la République mais dont les décrets d’application ont tout simplement été enterrés au cimetière de l’oubli, rendant ainsi impossible l’émergence des industries culturelles au Cameroun. 

Face à l’impasse actuelle, le Chef de l’Etat serait sans doute, un jour, en droit de demander à toute la classe artistique nationale de lui rendre des comptes. Avec raison.

Aussi apparaît-il évident que le but, au fil des ans, s’éloigne sans cesse de nous. Plus nous avançons, plus nous devons admettre notre nullité. Notre récompense se trouve désormais dans l’effort et non plus dans le résultat. Un effort total est une complète victoire. Je reste un optimiste invétéré, croyant à la toute puissance de Dieu et à la victoire de la vérité. Je n’ai, malgré tout, aucun doute sur l’avenir de mon cher et beau pays, le Cameroun, et celui de l’humanité. Allons-y vite ! Soyons pour la paix, le travail et la patrie !

PS : La culture, en tant qu’objet de commerce et facteur de rayonnement d’un pays, nécessitant une alliance des acteurs du développement, cette modeste contribution de ma part à la réflexion a été adressée à Madame la ministre de la Culture le 14 septembre 2007. Plus d’un an après, il est urgent d’agir.

NB: Les intertitres sont de la rédaction

© Correspondance particulière de : Sam MBENDE, Homme de culture

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15-02-08

SERIE TELE : Ma Famille revient

ma_familleAprès plusieurs mois d’interruption, la série télé «Ma Famille» va redémarrer bientôt. Les téléspectateurs ivoiriens ont eu un avant-goût de ce que sera la quatrième saison de la série hier jeudi soir dans l’émission «La Saint-Valentin de la RTI».

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01-01-08

La série Ivoirienne Ma Famille revient

ma_familleAprès plusieurs mois d’interruption, la série télé «Ma Famille» va redémarrer bientôt. Les téléspectateurs ivoiriens en particuliers et Africains en général ont eu un avant-goût de ce que sera la quatrième saison de la série hier jeudi dans l’émission «La Saint-Valentin de la RTI».
 
La grande question à propos de «Ma Famille» concerne avant tout Delta. Depuis son divorce d’avec Bohiri, on se demande à présent qui sera son nouveau compagnon ? Le début de réponse sera donné ce jeudi sur la Première. En effet, l’actrice, invitée à cette émission, sera entourée de trois hommes : Adama Dahico, Maklakane et Doh Kanon. Trois prétendants prêts à tout pour épouser Delta. Qui des trois sera choisi par cette femme ?
Ce n’est sans doute pas fortuit si c’est le jour de la Saint-Valentin qu’elle va devoir faire un choix entre des hommes dont l’un entre eux, Dahico, notamment, lui court après depuis belle lurette. On le dit bien placé pour gagner le cœur de cette femme adorable. N’est-ce pas lui qui disait «Si Bohiri ne veut plus de Delta, moi je suis prêt à la prendre» ? Mais, ces derniers temps, Maklakane semble avoir mis le paquet pour être l’élu. Et Doh Kanon ? Lui ne veut pas perdre cette bataille. Une belle bagarre d’amoureux donc en perspective.

C’est le 3 mars prochain que va démarrer le tournage de la quatrième saison de «Ma Famille». Avec les arrivées fracassantes d’Adrienne Koutouan, Martin Guédéba, Bamba Bakary, Etrany. Ainsi que de nombreux autres comédiens qui ont accepté de se joindre à la «famille». Les inconditionnels de cette série retrouveront également Brigitte Bleu dans le rôle de Betty (anciennement Cléclé), Guéhi Vèh dans celui de Titanic (anciennement Abass), Lupita (Marie-Laure), pour ne citer que ceux-là.

 
Par R.J  Abidjan
 

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25-12-07

Jazz- Canada : Hommage à Oscar Peterson

AFP_060731peterson_oscar_n« Musicien exceptionnel qui marque la scène mondiale depuis près de six décennies. ».« L'un des trésors nationaux du Canada, l'un des plus grands maîtres de jazz au monde. »C'est en ces mots élogieux que les dirigeants des organismes de soutien aux arts du Canada et des États-Unis ont décrit le pianiste et compositeur à qui ils rendront hommage au cours d'une soirée de gala à Toronto, le 11 janvier prochain.

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03-12-07

Veye Tatah : « Before we Cameroonians complain of racism in Europe, we should first of all keep our own house clean »

veye_tatahVeye Tatah, is a black lady, native of Cameroon living in Germany. She is also  the Manager director of Africa Positive Magazine, publish in Germany.

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Livre : Un dictionnaire peul pour la santé

Dictionnaire_peulLes éditions Karthala (22-24 Bd Arago, 75013 Paris) nous offrent aujourd'hui un nouvel ouvrage du professeur Henry Tourneux, dans la collection Dictionnaires et Langues. Il s'agit d'un dictionnaire peul du corps et de la santé, qui s'inscrit dans la filiation d'une précédente publication du même auteur, consacrée au milieu naturel et à l'agriculture (Dictionnaire peul de l'agriculture et de la nature, Paris 1998).

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23-11-07

Jazz- Canada : Hommage à Oscar Peterson

AFP_060731peterson_oscar_n« Musicien exceptionnel qui marque la scène mondiale depuis près de six décennies. ».« L'un des trésors nationaux du Canada, l'un des plus grands maîtres de jazz au monde. ». C'est en ces mots élogieux que les dirigeants des organismes de soutien aux arts du Canada et des États-Unis ont décrit le pianiste et compositeur à qui ils rendront hommage au cours d'une soirée de gala à Toronto, le 11 janvier.

Le Conseil des Arts du Canada et son équivalent américain, la National Endowment for the Arts (NEA), profiteront de la conférence annuelle de l'International Association for Jazz Education (IAJE) pour reconnaître publiquement l'immense contribution aux arts d'Oscar Peterson, tant au Canada qu'à l'étranger.

Son ancien élève Oliver Jones interprétera, en compagnie du Smithsonian Jazz Masterworks Orchestra, de ses oeuvres. L'événement aura lieu au Constitution Hall au Metro Toronto Convention Centre.

Maintenant âgé de 82 ans, Oscar Peterson a commencé à jouer du piano à l'âge de cinq ans, à Montréal, où il est né et a grandi. Il a fait ses débuts sur la scène internationale au Carnegie Hall de New York en 1949. Il a reçu sept Grammy Awards et a été intronisé au Temple canadien de la renommée en musique, en 1978. Il a été promu Compagnon de l'Ordre du Canada en 1984, après en avoir été fait Officier, en 1972. Il est notamment connu pour ses compositions, dont Canadiana suite.Il vit aujourd'hui à Mississauga.

La contribution d'autres musiciens soulignée

Au cours de cette soirée, la NEA remettra ses prix Jazz Master Fellowship de 2008. Le directeur musical Quincy Jones, le compositeur et arrangeur Tom McIntosh, le trompettiste Joe Wilder, le pianiste Andrew Hill, le percussionniste Candido Camero et le jazzman Gunther Schuller feront partie des lauréats.

Plus de 7000 musiciens, enseignants, dirigeants de maisons d'enregistrement, exposants, médias et amateurs de jazz de partout dans le monde devraient participer à la conférence de l'IAJE. Elle s'était tenue à Toronto en 2001.

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20-11-07

Veye Tatah : « Before we Cameroonians complain of racism in Europe, we should first of all keep our own house clean »

veye_tatahVeye Tatah, is a black lady, native of Cameroon living in Germany. She is also  the Manager director of Africa Positive Magazine, publish in Germany. 

Could you please introduce yourself? 

I am 35 years old and was born in the Nso, Bui Division. I am married and have two sons.I did my primary and secondary studies in Cameroon before travelling to Germany in 1991 for my University studies. I attended the University of Dortmund, where I studied Computer science. At the moment I'm working at the computer science department of this university as an assistant with the aim of pursuing a doctorate degree in a few years to come.


You are the only woman owner of an international magazine in German speaking countries. Could you tell us more?

Well why I started the project called AFRICA POSITIVE is because the media mostly reports about wars, hunger, poverty and disease in Africa. The usual pictures we see on European and US TVs are those of Africans who can hardly hold up their skeletal bodies, brawling for food and gifts thrown out at them from trucks owned by western aid organisations.

Not that there aren't similar sights in Europe and in America, but they make it appear to be the norm in Africa. Just because there are wars in, for instance, Sudan, Congo or Somalia doesn't mean that there is war in all of Africa. As already mentioned Africa is comprised of 53 states and not only of the few that have wars.

Africans and Europeans who have travelled to Africa know the incredible richness of cultures, the hospitality of its people, the abundance of its natural beauty. With the rare exception of travel reports, the majority of the western media neglect these aspects of the continent. The African continent is mostly portrayed as the source of war, hunger, corruption and disease. AFRICA POSITIVE magazine has been contributing to change this negative image. 

I am aware that Africa has many negative sides, but I am equally aware that the continent has many positive sides. What has Africa done or what is happening in all of Africa that causes many people to be afraid of it and treat it so badly? Africans have always generally been good-tempered, hospitable and happy people contrary to the western world.

The general negative attitude of our hosts in Europe and in the US is at first shocking to us and we tend to be full of anger as a result. But we ask ourselves why we should be angry with innocent people when they don't see or read anything else in the media about Africa? We are aware that such anger doesn't help. 

These reasons motivated me to start this project, in order to change the pictures and perceptions of the German speaking people. I was convinced that, what would help us is an information campaign, portraying the other sides of Africa. 

Firstly, AFRICA POSITIVE tries to provide a different introduction of the African continent and its peoples. AFRICA POSITIVE shows the world that, there are not only wars and conflicts in Africa but a rich heterogeneous culture and warm hearted people.

AFRICA POSITIVE is the magazine that returns pride and courage to Africans, because most Africans feel inferior and lack the will of changing their own lives, thinking that manner will fall from the western world to save them.

AFRICA POSITIVE is the forum in which Africans speak about their strides to solve their problems and report about their successes.

We try to demonstrate to Africans that they can achieve their goals; they only need to try. And most importantly, the African Child needs to read more and also see many African role models.  AFRICA POSITIVE will not be a propaganda machine for any government. 

In my opinion, the African continent could enormously improve its economy, if its image in the world can steadily and decisively be improved. Therefore, the incredibly, many positive factors happening on the African continent need to be promoted. For obvious reasons, we would like to point out that we are well aware of Africa´s many problems, but we are equally aware of the continents many positive developments. 

You are actually working on your Ph.D. What is it about?

At the moment I'm working on my Dissertation to develope a framework for the Modelling and Analysis of logistic systems. Modelling is a process that needs a lot of decision support and this framework aims to assist the users in construction adequate models, which can be used for analysis and optimization.

We will be interested by some facts and data about AFRICA  POSITIVE....

In 1998 I founded the Africa Positive organisation which publishes the AFRICA POSITIVE Magazine. It is a non profit organisation based in Dortmund, Germany. The members of the organisation are Africans and Europeans working on a voluntary basis in order to promote a positive image of the African continent and its people. 

The first issue of the Magazine came out in July 1998, black and white and with 20 pages. Today the AFRICA POSITIVE magazine is the most popular and highly appreciated magazine in the German speaking countries with 60 pages and prints 20.000 copies.  AFRICA POSITIVE magazine is published quarterly and distributed in Germany, Austria and Switzerland. Although we don't sell it in other European countries, we do also have some subscribers from the Nederland.   We also have Subscribers in some African Countries, mostly people who once lived in Germany before or Germans working there. 

AFRICA POSITIVE magazine serves as a forum for dialogue among the diverse opinions about Africa. AFRICA POSITIVE is unique because it covers objectively and independently the political, economic, touristic and cultural developments of the whole continent. 


You have decide to use the german language as communication tool for your newspaper instead of English, one of your colonial mother language. Why?

Well, I chose the German language because I realized how ignorant the majority of Germans were, when it comes to Information about Africa. There are a lot of African newspapers and Magazines in English and French. But how many Germans do read these languages? So my idea was, if we want them to know much about Africa, we need to give them the information in their own language. 

Before any person starts a publication, he/she has some objectives to achieve, either financial or for educational purpose. As you know, most of the magazines you mention are being published by companies. If I'm not mistaking AFRICA POSITIVE is the only International Magazine published by a non profit Organisation for educational purpose. 

Wie ist die Reaktion der kamerunischen bzw. afrikanischen Gemeinschaft in Deutschland über ihre Leistung mit AfP? Wie reagiert das deutsche Publikum?

Well, most Africans from other countries do appreciate the work we are doing. Unfortunately most Cameroonians and their Institutions on the other hand do not seem to appreciate AFRICA POSITIVE. For example almost all the African Embassies based in German do invite us to events taking place in their Embassies. We have never got a single invitation from the Cameroonian embassy in Germany.  At times I have the feeling that because I am from the English Cameroons, they just want to snub the project. 

Not withstanding, most Germans who have seen AFRICA POSITIVE like it very much. They say it is the best African Magazine they've seen, quality wise.  The German media also appreciates the work we are doing. They publish many articles about AFRICA POSITIVE and I do get many invitations to participate in Television programs. Most institutions here always recommend us, when it comes to topics concerning Africa or the Migrants from Africa. For example I have been featured in 'POLITEA' calendar 2007, which portrays active Women in  Germany.


Are you happy to study, work and live in germany? What are the challenges for a black woman like you living abroad?

Well I cann't really say if I am happy living in Germany or at home. But as you know, home is always the best place to live. But the conditions are home are not conducive for me to live there, that's why I'm in Germany. 

The disadvantage of living here is that I cannot contribute physically to the development of my own country. But if the people in charge of curving the future of the country do not seem to care if the country develops or not, then my present home will be of not profit to any body. Development is a collective task and it implies that the society be matured in thinking. In Cameroon, at times I get the feeling; most people do not want development, because they are always putting obstacles to stop the hard working citizens from progressing. Jealousy, racism, corruption, selfishness and greed, are the bottlenecks to our development in Cameroon. The Media and the state in Cameroon need to educate the majority of Cameroonians to respect each other in order to solve the problems I just mentioned. Just as AFRICA POSITIVE is educating the Germans and Africans.

The advantage I have living in Germany, is that I can express myself well and have room for creativity. When somebody is hard working here, one can achieve various goals. A lot of people complain about racism in Europe but they forget that in most African countries especially Cameroon, the racism practice there is worst than the racism in Europe. 

At least in Europe, if they don't like you because of your race but you have skills, they will still employ you, because they will gain something from you. In Cameroon, most people do not get the jobs they deserve, only because they belong to a certain group. I call that destructive racism and that's one thing that is keeping Cameroon underdeveloped. 

Before we Cameroonians complain of racism in Europe, we should first of all keep our own house clean. This form of destructive jealousy, racism and hatred is seldom in Germany.  I hope one day all Cameroonians will learn to love, appreciate and work together for the interest of this country.

Interview made by  Simon INOU

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Livre : Un dictionnaire peul pour la santé

Dictionnaire_peulLes éditions Karthala (22-24 Bd Arago, 75013 Paris) nous offrent aujourd'hui un nouvel ouvrage du professeur Henry Tourneux, dans la collection Dictionnaires et Langues. Il s'agit d'un dictionnaire peul du corps et de la santé, qui s'inscrit dans la filiation d'une précédente publication du même auteur, consacrée au milieu naturel et à l'agriculture (Dictionnaire peul de l'agriculture et de la nature, Paris 1998).

Cette fois encore, il s'agit d'un dictionnaire à visée didactique et pratique. Directeur de recherche au CNRS (LLACAN), mis à la disposition de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD, ex-ORSTOM) au Cameroun, l'auteur est peut-être plus connu pour ses travaux sur les langues tchadiques de la région ; mais il a aussi étudié la langue peule, pour laquelle il a obtenu un diplôme aux Langues orientales (Paris) en 1973 ; depuis, il s'est spécialisé dans l'étude des savoirs populaires à travers le lexique.

L'auteur a mené, au Nord-Cameroun, une recherche dans le domaine de la santé, portant sur les conceptions et représentations du corps et de la maladie en fulfulde. Il a aussi abordé les termes concernant la psychologie et les valeurs de la société, dans la mesure où ils ont un rapport avec le corps. Son approche est de type encyclopédique, et les entrées de son dictionnaire sont illustrées d'extraits d'interviews ou d'autres citations, en langue originale et en traduction.

Pour cet ouvrage, H. Tourneux a reçu de l'Organisation internationale de la Francophonie, le prix Marcel Kadima pour la valorisation des langues africaines et créoles, qui lui a été remis officiellement le 1er octobre dernier à Yaoundé par Mme Mama Tutu Muna, ministre de la Culture.

L'ouvrage vise principalement à répondre aux besoins de communication entre personnels de santé et patients. La connaissance des sémiologies populaires est très importante, en effet, dans la perspective d'une amélioration des relations entre personnels de santé et usagers. Lorsque l'on souhaite modifier les habitudes de la population, notamment par des campagnes en faveur de l'utilisation de la moustiquaire, par exemple, il est capital de savoir ce que les gens connaissent du paludisme et de ses causes.

Pourquoi avoir choisi la langue peule plutôt qu'une autre ? C'est parce qu'elle est la langue véhiculaire de la région, la langue supra-ethnique par excellence. De par son histoire, elle ne reflète pas uniquement la culture peule telle que l'on peut la rencontrer au Mali ou au Niger. Par le biais de l'assimilation culturelle et religieuse, de nombreux groupes "autochtones" sont devenus peuls au cours des deux siècles écoulés. En retour, ces non-Peuls d'origine ont importé dans la culture peule une partie de leurs conceptions et de leurs pratiques. On peut donc estimer, de ce point de vue, que la langue peule du Diamaré porte maintenant une sorte de culture synthétique et syncrétique, représentative à la fois des traditions peules et des traditions "païennes" de la région.

Dans ce livre, le lecteur qui souhaite certainement en savoir plus sur la façon dont la culture locale conçoit le fonctionnement du corps et des maladies trouvera, par la même occasion, un aperçu sur les procédés employés par les guérisseurs et guérisseuses traditionnels du Diamaré pour soulager les maux de leurs patients. (Un ouvrage plus complet consacré uniquement à la pharmacopée est actuellement en cours d'élaboration.)

Le dictionnaire peul du corps et de la santé compte 614 pages ; il est commercialisé en France au prix de 29 000 Fcfa et à Maroua, à 20 000 francs. On peut l'obtenir au bureau "Forêts" de l'IRAD à Djarengol.

Posté par seumo à 00:01 - CULTURE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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