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31 janvier 2007

Marché central de Douala Cameroun, le désordre continue.

Marche_central_DlaMalgré les multiples rappels à l’ordre du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, les vendeurs des médicaments du marché central de Douala couramment appelés les « gazonniers ou docta » continuent d’occuper les alentours du marché Congo. Ils n’ont pas où aller. « Ces vendeurs de médicaments occupent les espaces publics qui appartiennent à tout le monde. A vous et à moi » Ainsi parle ONDOBO, le porte-parole des vendeurs de médicaments. Il affiche un air de mépris vis-à-vis des autorités locales qui, jusqu’ici n’ont jamais trouvé un endroit propice pour eux. Le phénomène ne date pas d’aujourd’hui. Depuis les années 70, cette situation prévalait déjà. Mais aujourd’hui, le degré d’occupation des alentours par les sauveteurs a atteint des proportions regrettables. Cela se justifie par le taux de chômage qui va croissant, obligeant plusieurs jeunes diplômés ou non à devenir vendeur à la sauvette pour subvenir à leurs besoins vitaux. « La police et leurs gens de la communauté urbaine qui nous menacent sont déjà bien. Mais ils nous font souffrir tous les jours. Moi, je n’ai pas assez d’argent pour louer un comptoir approprié », justifie SOKOUDJO Jacques, derrière une mallette exposée en pleine chaussée au rond point du marché Congo. De nombreux autres à l’exemple de Achu Moses, vendeur de montres installé sur une borne fontaine publique abandonnée depuis des lustres, située au cœur même de ce rond point, estime que c’est beaucoup plus de manque d’espace dans le marché que les moyens d’implantation qui fait problème. Les tracasseries ne manquent pas chez ces vendeurs à la sauvette. Malgré de multiples pertes matérielles dues aux saisies et aux casses ordonnées par la communauté urbaine, ils doivent encore payer des tickets de marchés qui s’élèvent à 50 ou 100 frs CFA par jour. C’est tout simplement incompréhensible pour Thomas NDI, vendeur de médicaments génériques de la place depuis plus de 20 ans. « Pendant qu’on nous fait payer le ticket du jour, les agents de la communauté urbaine accompagnés de la police sont aux aguets. Juste au moment où le percepteur s’en va, les casseurs arrivent et font leur travail. Lorsqu’en fuyant le commerçant ne renverse pas le contenu de son comptoir, ces derniers s’en accaparent. » Ces percepteurs sont pourtant des employés de la communauté urbaine installée dans les marchés. Leur tâche n’empêche pas celle des autres agents de la communauté urbaine et de la police locale. Mais, malgré les mesures draconiennes prises pour empêcher les « gazonniers » à s’installer illégalement sur la chaussée et le rond point du marché Congo, ceux-ci ne baissent pas les bras. Ils s’entêtent et opposent un bras de fer à la CUD. On a donc l’impression que ce problème va durer et qu’il ne trouvera peut-être pas de solution adéquate. N’est-il pas temps de décongestionner par exemple les marchés existants en créant d’autres ? En tout cas, la répression ne résoudra aucun problème. Elle enfoncera plutôt un problème social. Il est temps d’y réfléchir sérieusement. NS, Douala Cameroun © Prisma International
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