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2 mars 2007

Cameroun : Un système sanitaire à double vitesse.

Hopital_de_district_New_bell_Douala__CamerounDe Jacques Lelon, Chercheur à la faculté de Médecine à l’université de Moncton au Canada nous pouvons lire de ses écrits sur l'Afrique que  l’indice majeur de développement d’un pays est son niveau de développement social, caractérisé par les niveaux d’éducation et de santé de ses populations.

Si nous nous arrêtons un seul instant sur le cas du Cameroun, sans toutefois prendre le risque de nous tromper, nous allons constater que les niveaux de santé et d’éducation sont généralement en dessous des seuils acceptables. Cette situation rend compte de l’importance des déficits en infrastructures, de la faiblesse voire de l’inefficacité des systèmes mis en place.

Il est indéniable que la bonne réussite de toute initiative salutaire de reconstruction globale d’un système sanitaire est tributaire de la rigueur et du doigté des politiques d’investissement et aussi de la justesse des choix dans l’orientation de celles-ci.

L’exemple du Cameroun montre que ce pays connaît de nombreux problèmes, liés à l’orientation des investissements. Il y a urgence d’une optimisation dans la répartition des infrastructures sanitaires et scolaires afin d’atteindre des taux de desserte corrects de ces infrastructures de lutte contre la pauvreté.

Autre problème, les médecins et les personnels paramédicaux du secteur public ont le statut de fonctionnaire. Les salaires sont généralement très bas et oscillent autour de 140 000 FCFA (213, 43 euros) pour un généraliste.

Le personnel médical et paramédical des établissements privés est salarié dans les établissements qui l’emploient. Certains médecins pour pouvoir survivre se sont installés en clientèle privée. En pratique cependant, bon nombre des médecins du secteur public exercent aussi dans le secteur privé, en particulier les spécialistes.

Au Cameroun, outre les soins privés et semi privés (chers), le pays s’est doté d’une médecine étatisée. Les soignants sont payés par l’état. La consultation coûte en moyenne 1630 frs CFA (2 €) ; les médicaments sont payants et non remboursés.

Par rapports aux années soixante, les indicateurs de santé se sont améliorés au Cameroun. Cependant, les objectifs fixés par la conférence d’Alma Ata et la déclaration en faveur des soins de santé primaires, la santé pour tous en l’an 2000, n’ont pas été atteints.

La politique sanitaire devrait s’orienter vers la prise en charge et la prévention des problèmes de santé. Pourquoi ne pas organiser le système de santé de manière à le rendre efficace et efficient.

Au Cameroun on n’a jamais pensé à évaluer les programmes de santé mis en place afin de s’assurer de leur efficacité .Même si certaines de ces actions ont déjà été entreprises, les résultats tardent à venir.

Depuis la baisse des salaires de 50 à 70% en 1993, la dévaluation du franc CFA en 1994, et l’inflation qui a multiplié les prix par 3 depuis 1994, la misère est dans les rues, aux quartiers, dans les ménages, etc.

Le décalage entre l'image que patients et soignants ont de la médecine  et la dure réalité alimente les frustrations et crée des tensions permanentes entre infirmiers et malades. Les rapports sont si tendus  dans les hôpitaux qu'il n'est pas rare de voir les personnes souffrantes fuir l'hôpital avant la fin du traitement. Beaucoup reste donc à faire.

Hugues SEUMO

© Prisma International

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