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11 mars 2007

Cameroun : L’arbre qui cache une situation de ni paix et de ni guerre.

Cameroun_imageOn a coutume de dire que la mésintelligence sociale qui a contraint plusieurs Camerounais à s’exiler dans leurs pensées de la résignation collective résulterait d’une fantaisie personnelle de quelques entrepreneurs dirigeants politiques en mal d’ambitions.

Il ne sert à rien d’hurler dans le langage agressif pour qualifier un pouvoir fut-il dictateur. S’il faut lire entre les lignes, avec des mots et le poids que pèsent ces littératures, on a l’impression que ceux-ci semble échapper au contrôle des autorités locales habituées à ces discours.

Au Cameroun, la lutte politique s’est relativement focalisée sur un seul individu : le  président camerounais, faisant croire que l’Etat ne serait qu’une entité abstraite et absolu, alors que celui-ci, véritable rapport social et culturel avait la réalité qui lui fut contestée depuis les luttes de résistances des années 90. On dénombre peu de discours dénonçant les dérives d’un ministre ou d’un haut responsable local. Toutes les critiques acerbes ne sont diligentées que contre un seul individu.

Mais une chose est certaine, le sentiment national n’est plus qu’un leurre dans ce pays. La loi n°96-06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 janvier 1972 dispose dans son préambule que « l’Etat assure la protection des minorités et préserve les droits des populations autochtones conformément à la loi ». Aussi louable qu’elle paraisse à première vue, cette disposition constitutionnelle referme les germes de la haine contre une majorité sans visage et des populations « allogènes » dans le même pays.

Un Etat de ni paix et de ni guerre.

Il ne sert à rien de dire qu’il y a la paix au Cameroun. Sommes nous en paix quand on a faim ? Sommes nous en paix quand on ne peut pas à la fin de ses études trouver un boulot ? Quand on ne peut  pas se coucher sur son lit ayant les yeux ouverts de peur d’être surpris par les brigands ? Quand on n’a plus de routes ? Trop de frustrations, de rancoeurs, d’égoïsmes, de jalousies, de trahisons, de crimes impunis, de fraude électorale etc.. La paix est menacée dans ce pays car le sentiment national est devenu fragile corollaire de l’impression des peuples dont leurs valeurs et leurs richesses sont exploitées.

Au Cameroun, le métier de politicien est connu par beaucoup de citoyen comme une passerelle pour s'enrichir illégalement. C'est peut être la raison pour laquelle certains partis politiques de l'opposition éprouvent des difficultés à assurer leur positionnement social car, ne disposant pas assez de moyen de déploiement.

Le processus camerounais est traversé de clivages et de conflits entre un parti au pouvoir dominant et qui manipule constamment dit-on le jeu politique, et une opposition divisée par des querelles de leadership.

Toujours dans ce pays, des bailleurs du pouvoirs politique, par le biais d’une efficace dynamique de positionnement, tirent toutes les ficelles du développement au détriment d’une majorité ; le peuple meurtris dans une misère indicible dont l’effectif croît au jour le jour, le tout noyé dans une situation  des droits de l’Homme qui  oscille entre enrichissement normatif du système de protection et la faiblesse des mécanismes de protection.

Dans un contexte où il y a multiplicité d’acteurs, un processus global de remise en question collective devient de plus en nécessaire et ne peut se réaliser efficacement que si toutes les parties prenantes acceptent de se mettre ensemble. Développer la tri-articulation Etat- Hommes politiques -Peuples qui débouchera sur la mise en place de systèmes de concertation perfectibles, s’appuyant sur des mécanismes de partenariat et de dialogue socialement définis et articulés sur différents niveaux de territoires, différents niveaux de décision.

Le processus qui nous semble avoir le plus de chance de succès est celui qui prend en compte les intérêts de tous et qui s’appuie sur la reconnaissance des compétences notamment celles des composantes sociales.

Bintou
©Prisma International

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