Le dépistage VIH au Cameroun moins cher et le suivi ?
Depuis le mois de janvier 2007, la connaissance du statut sérologique est passée à 500 Frs Cfa. Mais que font les pouvoirs publics pour sensibiliser la population au sujet des VIH-Sida et les autres maladies sexuellement transmissibles ?
Jusqu’à ce jour, en dehors des campagnes de grandes pompes de sensibilisations contre les MST- Sida qui se sont limitées à des conférences, table rondes, etc. le message ne passe toujours pas car, le taux de prévalence ne cesse de s’accroître aussi bien chez les jeunes que des vieilles personnes.
Au Cameroun, il devient de plus en plus difficile d’avoir un nombre estimatif des personnes porteuses du VIH- Sida. Jusqu’ici le dépistage a été l’un des principaux blocages en terme de changement de comportement au sein de la population.
Sur un échantillon de 300 personnes interrogées ce jour par Prisma International au marché central de Douala, plus de la moitié continue à penser que la maladie commence le jour où l’on apprend qu’on est séropositif et que par conséquent, on peut vivre aussi longtemps qu’on le souhaite en portant le virus sans le savoir.
L’initiative de ramener à 500 Frs CFA le paquet de dépistage jusqu’ici n’entraîne pas encore de foule selon notre constat fait à l’hôpital Laquintinie. Cela veut certainement dire que le plus grand frein au dépistage du VIH n’est peut être pas le coût et que, même avec la gratuité du test, on n’assistera pas à une affluence. Beaucoup de camerounais ont toujours peur de faire les tests. Cette attitude signifie qu’il y a encore beaucoup à faire au niveau de l’éducation du peuple en matière de VIH-Sida.
Au lieu d’organiser des grandes conférences à coût des millions de francs, il serait souhaitable que les pouvoirs publics puissent apporter leur soutien aux ONG qui sont sur le terrain et qui travaillent depuis des années. Le comité national de lutte contre le sida gagnerait à être plus présent auprès de la population que de pondre des communiqués, des affiches dans le but d’espérer sensibiliser la population à propos.
Dans nos établissements scolaires, les pouvoirs publics gagneraient également à instaurer le dépistage gratuit de tous les élèves, préalable à toute inscription. Cela permettra à coup sûr à tous les élèves d’avoir une idée sur leur statut sérologique. Si l’exemple a réussi dans plusieurs pays, pourquoi ne pas l’essayer au Cameroun.
De même, les chefs d’entreprises devraient faire la même chose pour leurs employés. Que ce soit dans les familles, à l’école, au travail, chacun devrait y penser. Dans le cas contraire on en restera dans au statu quo voire même pire. Sachons très bien que 500 Frs CFA c’est l’équivalent d’une bonne bière glacée.
NS