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10 mai 2007

Crash de la Kenya Airways : Beaucoup de manquement dans la gestion du drame.

Secouristes_et_public_sur_le_lieu_du_drameDès le lendemain de ce crash, le gouvernement kenyan a dépêché une équipe sur place au Cameroun. Au Kenya, Une journée nationale de deuil  a été décrétée par le chef de l’Etat. Des messages de condoléances envoyés au gouvernement Kenyan par Thabo Mbeki, président de la République Sud Africaine, silence du chef de l’Etat camerounais, des manquements notoires dans la prévention et la gestion des catastrophes au Cameroun…

Connaissant la lenteur dans le déploiement sur le terrain des autorités camerounaises beaucoup plus préoccupées par les échéances électorales du mois de juillet, un hélicoptère Puma français rattaché à la base militaire française installée à Libreville au Gabon, était à pied d'œuvre dès le samedi 5 avril. Les autorités camerounaises étaient incapables de  localiser un accident d’avion qui s’est produit à une dizaine de kilomètres de son lieu de décollage. Heureusement selon le Messager qu'un paysan avait eu  le réflexe de le signaler, sinon on  serait encore en train de « chercher très loin la carcasse de l’avion qui se trouve pourtant tout près ».

Côté américain, une équipe arrive à Douala le 6 mai pour aider aux recherches Du côté du Cameroun, gendarmes, policiers, militaires dans un désordre sans pareil se ruent au Sud Cameroun mais, ce n'est que 48 heures après le drame que l'épave a été localisée. Qui donc avait la charge d'orienter les secouristes ?

Toulouse a- t-elle failli ?

Nous savons de sources aéronavales qu'à bord de chaque avion, on a ce qu'on appelle une balise de détresse. C'est cette balise qui a émis des signaux qui ont été captés par le centre de coordination international qui se trouve à Toulouse. Dans ce cas précisément, c'est Toulouse qui assure la coordination sur le plan mondial. 

Désintérêt des autorités de l'Aviation civile internationale sur le crash de l'avion de Kenya Airways ou dysfonctionnement des mécanismes d'alerte ? Tout reste à élucider.

Deux jours pour retrouver l'épave d'un avion, c'est grave. Le drame est là, et on ne pouvait pratiquement plus retrouver de survivants après 48 heures. Ils auraient voulu sauver des vies. Mais les secouristes arrivés sur le lieu de l'impact trois jours trop tard sont réduits à évacuer des restes de corps humains déchiquetés.

Que n'avons nous pas vu ni entendu ? Parmi les pertes en vies humaines, les Cameroun tient encore le record. Cela n'émeut personne sauf les familles éprouvées. Les secouristes déployés sur le terrain sont par ailleurs confrontés à un réel problème d’évacuation parce que dépourvus de matériels suffisants.

Au lendemain du drame, l'on assiste à une série de communiqués, celui du premier ministre camerounais dont le contenu n'émeut personne et celui de l'Autorité aéronautique, signé du directeur général adjoint de l'entreprise. Cette agitation a gêné plus d'un observateur.

Civils_et_croix_rouge_sur_le_site_du_crashQue dire des personnes inconnues qui sillonnent nuit et jour le site de l'accident ? Ceci vient une fois de plus poser le problème de la sécurité dans les aéroports Cameroun qui ne sont sécurisés dit on là bas qu'au moment où le Chef de l'Etat doit se déplacer. Le site du drame devrait constituer un périmètre non accessible au public. Mais à Banga Mpongo, c'est devenu un lieu de pèlerinage. Dommage.

N'est- ce pas une autre motif de donner raison à plusieurs compagnies Américaines qui ont déserté le Cameroun ces derniers temps sous prétexte d'un manque de sécurité dans les aéroports du Cameroun?

S’agissant des boîtes noires de l'appareil, selon les usages, elles seront  analysées par une commission spéciale composée par les représentants du fabricant de l’appareil (Boeing), ceux de la compagnie, et les autorités locales. Même si les Kenyans souhaitent les envoyer au Canada.

Avec ce crash, on assiste à un imbroglio total dans la gestion de la catastrophe au Cameroun. De mémoire, nous savons qu’en 1995, à 22 h 45, le Nyong, un avion de la Cameroon Airlines  s’écrase dans la mangrove à Youpwé située à 2 km de l’aéroport international de Douala. Seul Le Messager à l’époque évoque les responsabilités de la compagnie quelques semaines plus tard en mettant en cause la surcharge de l’avion et les négligences dans son entretien. Les enquêtes effectuées sur la  boîte noire de cet appareil demeurent muettes jusqu’à ce jour.

Avec cet autre drame de la Kenya Airways, le Cameroun gagnerait à tirer des leçons pour sa politique de sécurité et de prévention.

Une fois de plus, Prisma International présente aux familles des 114 disparus de ce crash ses sincères condoléances.

Hugues SEUMO
© Prisma International

   

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Commentaires
K
Il ya eu manquement. Vous croyez que c'est aussi facile comme vous le pensez de gérer une telle catastrophe ?
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