Cameroun: Gestion municipale, ambiance de fin de mandat à la mairie d’Obala
La commune fonctionne au ralenti depuis la fin des primaires. Un mouvement d'humeur a été observé par certains agents la semaine dernière, pour revendiquer le paiement de trois mois d'arriérés de salaire. Ils dénoncent par ailleurs la gestion familiale du maire sortant.
" Obala ne vit pas. Mais survit. " Le premier habitant de cette ville rencontré le dit dès l'entame de la conversation. Et cette situation prévaut depuis la fin des primaires dans le Rdpc, qui ont consacré la défaite du maire sortant. Si M. Félix Koa n'était pas déjà très régulier dans son bureau, il est devenu plus que rare. Un désintérêt qui s'est emparé de la commune, et qui se traduit au quotidien par l'arrêt de l'enlèvement des ordures ménagères. Les autres services fonctionnent au ralenti. Même les portes de l'hôtel de ville ne s'ouvrent pas très souvent avant 12 heures, comme lundi dernier.
C'est que, une ambiance délétère règne en ce moment à la mairie d'Obala. Elle trouve sa source dans le mécontentement des agents communaux qui, la semaine dernière, ont observé un mouvement d'humeur et adressé un mémorandum au maire. Ceux-ci revendiquent trois mois d'arriéré de salaires. " Une situation inexplicable pour une commune qui a des revenus aussi importants. D'ailleurs, ce n'est pas l'argent qui manque. Les caisses de la commune permettent d'apurer cette dette ici et maintenant, sans avoir besoin d'aller à la banque où la mairie dispose d'un solde de près de 15 millions Fcfa ", explique un responsable des services financiers.
De même, ils se plaignent de n'avoir pas eu droit au congé annuel depuis 2002. La suppression des allocations familiales date aussi de la même période. Pourtant, l'examen du compte administratif des exercices 2004, 2005 et 2006 indique bien que le maire a reversé près de cinq millions de retenues salariales à la Caisse nationale de prévoyance sociale. Mais toute vérification faite, la commune rurale d'Obala n'a, en tout et pour tout, reversé que 429.120 Fcfa le 15 décembre 2003 à la Cnps au titre des cotisations sociales du mois de novembre de la même année.
A mots à peine voilés, les agents communaux dénoncent la gestion jugée familiale de leur maire. " Pendant tout son mandat, M. Félix Koa a écarté ses adjoints, le secrétaire général, le receveur municipal et le comptable-matières de la gestion de la mairie, au profit des temporaires qui ont pour seul mérite la fidélité au maire. Les dépenses étaient dès lors effectuées par arrêté municipal ", révèle une source.
Normal alors que le comptable-matières n'ait jamais reçu la facture pour certifier l'acquisition à 70 millions en 2005 d'une niveleuse par la commune. Alors que la maire, dans le compte administratif, inscrit que la location des engins rapporte annuellement 1.800.000Fcfa à la commune, les agents relèvent, preuve à l'appui, que la location pendant 22 jours par la société NB Sera Sarl de la niveleuse a rapporté 5.500.000Fcfa à la commune. De même, la menuiserie municipale, dont la construction a bénéficié d'un financement de 40 millions Fcfa du Feicom, n'a généré aucun sou dans les caisses de la commune depuis son ouverture en janvier dernier.
Son fonctionnement coûte plus d'un million par mois à la commune en termes d'entretien des machines, paiement des factures d'électricité et de salaires d'un personnel recruté au mépris des dispositions réglementaires, payé alors qu'aucune imputation budgétaire ne le prévoit. Un personnel qui bénéficie en plus d'avantages exorbitants (prime de technicité, indemnité de téléphone, de transport, de production, etc).
Les agents communaux sont convaincus de faire les frais de la défaite du maire aux primaires qui a décidé de les " punir ". Conséquence : le salaire des " insurgés " subit des abattements arbitraires, au gré " des humeurs et de la fidélité au clan ". Ainsi du salaire de Mme Gisèle Marguerite Nomo. Recrutée en novembre 1983 en qualité d'agent de bureau, sa rémunération mensuelle de 58.000Fcfa s'est réduite comme peau de chagrin depuis depuis 2003. Son net à percevoir était de 2500Fcfa en novembre 2006, contre 16.400Fcfa en octobre de la même année. Elle s'est rendue coupable, comme bien d'autres agents communaux, de " collusion avec l'ennemi ".
D M