Infrastructures : L'hôpital gynéco de Douala en questions
Une certaine célérité caractérise le projet sino-camerounais de construction de l'hôpital gynéco obstétrique et pédiatrique de Douala.
La récente visite du président chinois au Cameroun en février dernier avait donné un coup d'accélérateur au dossier, grâce à la signature de la lettre relative à la construction de l'hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala, signé entre les gouvernements du Cameroun et de Chine.
Cet accord est assorti d'un montant de 44,8 millions de francs CFA, comme contribution chinoise aux études préliminaires liées au projet. A cela, le gouvernement a répondu en mobilisant une centaine de millions de francs CFA. Ces fonds doivent servir, entre autres premières actions à mener, au repérage du site devant abriter cette infrastructure hospitalière de référence. Les premières conclusions rendues à cet effet indiquent que les experts camerounais qui ont planché sur la question à Douala ont retenu deux sites : l'un à Bonassama et l'autre à Nyala. Il est pour le moment difficile de dire ce qui a motivé le choix de ces quartiers de ville.
Une chose est toutefois sûre : l'hôpital gynéco de Douala sera construit sur le modèle de celui de Ngousso à Yaoundé et offrira par conséquent les mêmes services. Autre fruit de la coopération sino-camerounaise, l'hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy) est un établissement public administratif, médical et technique créé le 24 septembre 2001. Inauguré le 28 mars 2002 par le président de la République, sa construction a coûté environ cinq milliards de francs CFA. " De par sa vocation, l'institution est ouverte à la femme, la mère et l'enfant dont l'état de santé nécessite un suivi, un traitement médical, accouchement ou intervention chirurgicale ", affirme-t-on à la direction générale de l'hôpital. Toutefois, les patients hommes sont aussi reçus pour toutes sortes de consultations en externe.
Sa capacité d'accueil est de 243 lits repartis entre la pédiatrie, la néonatalogie, la gynécologie, la maternité, la chirurgie et la réanimation. Ouvert 24 heures sur 24, l'Hgopy, classé dans la catégorie des hôpitaux de référence, pratique des prix sociaux. Le billet de cession pour les consultations s'élève à 1500 francs CFA, pour une validité de deux semaines. Pour les consultations spécialistes, les patients doivent s'acquitter d'un ticket d'une valeur de 2000 francs CFA. Les Vip paient 10 000 francs CFA. Et pour les cas d'hospitalisation, la caution d'entrée est fixée à partir de 25 000 francs. En plus des services ordinaires, l'Hgopy offre des spécialités comme la coelioscopie (chirurgie à ventre fermé), la colposcopie (exploration du vagin à l'aide d'un appareil optique) ambulatoire.
Au cours de leurs soins, les malades sont pris en charge par un corps médical composé de Camerounais et d'une équipe chinoise. Cette coopération s'étend jusqu'aux médicaments prescrits, qu'on peut trouver indifféremment dans la pharmacie occidentale ou chinoise.
Une précision d'ordre pratique est faite aux visiteurs : les garde-malades ne sont pas admis dans les salles d'hospitalisation. Les malades apportent quelques objets intimes personnels, les pyjamas et la literie sont fournis par l'hôpital. Et le patient hospitalisé a droit à trois repas par jour.
Douala, qui dispose seulement d'un hôpital de référence et de Laquintinie, comme institutions sanitaires de haute et moyenne gamme, peut déjà s'impatienter de la construction de son hôpital gynécologique. La ville en a grand besoin.
Parfait N. Siki