Immigration clandestine aux USA: Debut de l'Opération retour à l'expéditeur
Depuis bientôt une semaine, les illégaux sont victimes des séries de déportations vers leur pays respectif, dans le cadre d’une action intitulée « Opération retour à l’expéditeur. ». Ce matin à New York, plusieurs organisations de la société civile ont manifesté pour dénoncer cette pratique qu'elles jugent d'illégale.
Cette situation a suscité également une inquiétude de la part de plusieurs immigrés installés aux USA depuis des années. Parmi les cas vécus ici et là, l'exemple de Mathews O, Camerounais d'origine, vivant aux USA depuis plus de onze ans s’est fait déporter vers le Cameroun pourtant son épouse naturalisée Américaine constituait selon la loi de l'immigration une garantie de vivre décemment car ayant des attaches sur le sol Américain avec une personne en situation administrative régulière.
Mathews et son épouse vivent aux USA depuis des années et sont mariés depuis 7 ans. Ils ont un enfant âgé de quatre ans et demie. Selon les services de l'immigration américaine, Mathew est Camerounais, venu aux Etats Unis illégalement.
Selon Denise Diaz qui travaille pour « Jobs With Justice », une ONG qui milite pour les droits des immigrants. Par le passé, dit-elle, les autorités traquaient surtout les « clandestins » qui avaient un casier judiciaire. Maintenant, elles s’en prennent, injustement, à tous les sans papiers. « Ils ne constituent pas une menace pour la société ou pour la sécurité des Américains. Les autorités ont monté d’un cran dans leurs abus et il semble qu’elles violent les droits fondamentaux de ces gens », déclare Denis Diaz.
Selon les rapports des les services de l’Immigration, les personnes déportées sont celles qui se trouvent sur le sol Américain en situation irrégulière, ou sur l’ ordre d’un juge. Selon les mêmes services, il existe des milliers de personnes vivant sur le territoire américain depuis plusieurs années dans une situation illégale et cela ne constitue aucunement une garantie de sécurité.
D’après les derniers chiffres officiels, 150 000 « clandestins » se sont fait déporter entre octobre 2006 et juin 2007 et environ 90 000 d’entre eux n’avaient jamais eu maille à partir avec la justice.
A l'heure actuelles, les aéroports américains sont les plus contrôlés. L'on a parfois assisté à des scènes de fouilles frisant le ridicule. Des voyageurs qui se déchaussent, des vestes que l'on fouille jusqu'aux moindres recoins, des sacs scannés etc.. Cette situation devient de plus en préoccupante de telle sorte qu'avant de se rendre aux Etats Unis affirme un touriste qui a requis l'anonymat, il faut se préparer psychologiquement.
Les services de l’immigration affirment qu’ils ne déportent pas les gens de façon arbitraire, mais agissent sur la base d’informations bien précises sur le dossier des « clandestins. » Toujours selon eux, toutes les personnes de race maghrébine en situation irrégulière sur le territoire américain affirment qu'elles sont d'origine Irakienne. ce qui leur complique de plus en plus la tâche.
Ce qui est certain, les Américains doivent également être conscients qu’ils sont eux-mêmes à l’origine du flux migratoire exponentiel dans leur pays. Il ne sert à rien d’entretenir des dictateurs dans les pays du Sud, de financer les guerres par exemple sous prétexte de vouloir instaurer une démocratie alors que sur leur propre territoire, on assiste chaque jour à des séries de violations flagrantes des droits de l'Homme. Il ne sert à rien également de prétendre donner de leçons alors qu'on ne constitue pas en soi un exemple.
Bintou Fatimata
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