Des manifestants camerounais arrêtés à Abuja au Nigéria
Ils étaient plus d'une trentaine ce matin, regroupés devant l'ambassade des Etats Unis à Abuja au Nigéria, des camerounais réunis au sein d'un collectif des demandeurs d'asile, décidés de manifester leur mécontentement quant à leur situation administrative précaire.
Il est précisément 9 heures, heure locale quand le dispositif dissuasif de la police fédérale nigériane a déjà pris place devant les locaux abritant l'ambassade des Etats Unis sis à la Plot 1075 Diplomatic Drive, Central District Area, à Abuja.
Non loin de ces locaux, on pouvait apercevoir quelques Camerounais arborant des T- Shirts aux couleurs sombres, tenant en main des messages hostiles au pouvoir de Yaoundé et des messages relatifs à leur situation administrative.
A 10 heures, l'un des agents de la police fédérale nigériane doit les rapprocher afin de demander aux manifestants de quitter les lieux. Ces derniers vont s'entêter et refuseront d’obtempérer. Las d'attendre, la police doit de prime abord lâcher des gaz lacrymogènes avant d'arrêter ensuite une douzaine d'entre eux.
Ils sont tous des demandeurs d'asile devant l'ambassade américaine à Abuja, a rapporté ce jour l'agence nigériane de presse NAN, citant un gradé de la police.
Le commissaire adjoint Nwaoha Uzoma a indiqué que ces Camerounais brandissaient des pancartes portant les slogans: "Gouvernement américain, sauvez nos vies", "Il est temps que Paul Biya cesse d'assassiner les Camerounais", ou encore "Demander l'asile n'est pas un crime".
Les Camerounais ont affirmé qu'ils étaient réfugiés dans un camp de l'ONU à Lagos et qu'ils étaient venus demander asile à l'ambassade américaine, a-t-il ajouté. Toujours selon ce gradé de la police fédérale, les manifestants seront poursuivis pour complot, action en réunion, participation à un rassemblement illégal, incitation au désordre et intrusion criminelle, a-t-il indiqué.
"C'est une histoire embarrassante pour le gouvernement américain et le Nigeria qui est chargé de la protection de l'ambassade", a relevé M. Uzoma. Les manifestants qui ont pu s’en fuir ont promis de revenir la semaine prochaine, cette fois munis d’une autorisation de manifester. A voir.
© Camer.be : Antonio Ogunremi