La Plate-forme de la Société civile pour la démocratie au Cameroun opposée à la révision de la Constitution du Cameroun
La Plate-forme de la Société civile pour la démocratie au Cameroun, dénonce vivement, "l`initiative de certains caciques du Rassemblement Démocratique du Peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) qui invitent le chef de l`Etat, Paul Biya, à réviser la Constitution pour instaurer un mandat présidentiel illimité à la tête du pays
Communiqué.
Réaction au message de la LEKIE sur la modification de la Constitution
La plate-Forme de la Société Civile sur la Démocratie a suivi avec intérêt les appels bien organisés des sections du RDPC qui invitent le président Paul Biya à faire procéder à une modification de la Constitution du Cameroun. Le dernier appel, publié dans Cameroon Tribune ce 08 novembre émanant des élites de la Lekié nous commande une pré réaction urgente. D’abord, au regard de la qualité des auteurs de l’appel de Monatélé qui pour la plupart sont des proches collaborateurs du Chef de l’Etat, et ont pour certains partagé l’intimité des derniers séjours de Biya en Occident; Ensuite, parce que cet appel est très explicite sur la demande qui voudrait que la Constitution soit modifiée afin de permettre à M. Biya de postuler à un autre mandat en 2011. Enfin parce que les signataires ont signé le texte avec leur qualité de fonctionnaires camerounais.
Face à la gravité de telles initiatives sur la stabilité du Cameroun, les citoyens de la Plate-Forme de la Société Civile sur la démocratie, conformément aux résolutions de Bonamoussadi (Douala) du 27 octobre tiennent à faire les précisions suivantes.
1- Les citoyens camerounais ont décidé, et l’ont clairement exprimé lors de la dernière consultation électorale (le refus des camerounais de s’inscrire sur les listes électorales pour valider un processus électoral peu crédible), de se réapproprier désormais leur souveraineté et de défendre leur pouvoir ;
2- La Constitution de 1996 est certes à refaire, mais ne le sera que dans le cadre d’un nouveau Consensus national à établir après la fin du Mandat du président Biya en novembre 2011 ;
3- Le Parlement issu des élections du 22 juillet est certes légal, mais ne dispose pas de la légitimité suffisante pour décider du socle républicain qu’est la Constitution ;
4- Le peuple camerounais, le citoyen camerounais, souhaite désormais qu’on lui accorde plus de respect en le consultant avant de prendre des décisions en son Nom. Par conséquent, il est impérieux de solliciter les avis du peuple par référendum sur toutes les questions importantes en cette fin de règne du Président Biya en raison de ce que la stabilité du pays en dépend ;
5- Le refus de recourir à l’instrument référendaire s’est souvent justifié par l’indisponibilité des ressources financières. Cet argument ne peut plus tenir aujourd’hui avec la manne financière accumulée à la suite de l’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE. ;
6- Il est normal que des Sections du Parti au pouvoir, surtout à travers des cadres qui viennent d’être appelés aux affaires, essayent d’induire le Président en erreur, en lui proposant de s’attaquer à la Constitution. Mais ils doivent, non seulement tenir compte des autres citoyens majoritaires qui ne partagent pas cette dangereuse opinion, mais ils doivent surtout rejoindre la posture citoyenne qui voudrait que tous les camerounais de bonne foi aident le Président de la République à sortir tranquillement en 2011 et à vivre une bonne et heureuse retraite bien méritée ;
7- Le Président Biya doit rester du côté des citoyens et ne pas céder à cette pression des opportunistes qui veulent l’entraîner dans un cul-de-sac où il risque passer le reste de sa vie à résoudre des conflits internes qu’il aurait pu éviter.
8- Le RDPC, en tant que parti politique, ne saurait parler au nom du peuple camerounais souverain alors déclarations de la nature de l’appel de Monatélé n’engagent que leurs auteurs.
9- La Plate-Forme s’en offusque officiellement, et condamne fermement de telles initiatives cupides, nombrilistes et anti-citoyennes.
10- Le Président Paul Biya en certaines occasions déterminantes de la vie de la Nation, a souvent su faire preuve de discernement en refusant de céder à ces formes de chantage politique, tout en restant très attentif aux desideratas du peuple souverain dans sa majorité. On se souvient d’ailleurs qu’en 1990, malgré les pressions diverses émanant des antidémocrates de ce même RDPC, malgré les messages de soutien et les messes oeucuméniques diverses organisées par une minorité de camerounais opposée au processus démocratique, M. BIYA est resté serein et a écouté son peuple qui voulait le multipartisme. Nous continuons de croire qu’il gardera la même posture, surtout en cette fin de règne où il a naturellement envie de laisser, pour la postérité, une image positive. Ce faisant qu’il ne cédera pas à ce genre de sollicitation dangereuse pour l’équilibre social et futur de notre pays.
11- La Plate-Forme, lors de ses travaux de Douala a admis que certains dirigeants camerounais s’étant enrichi en spoliant les camerounais ont de la difficulté à envisager un Cameroun où leur sécurité sera garantie après Biya. Nous tenons à les rassurer de notre prédisposition à créer des conditions pour la sécurité de tous, y compris des prévaricateurs de notre économie, dans le Cameroun d’Après-Biya de novembre 2011.
En tout état de cause, La Plate-Forme appelle le peuple à rester vigilant et rappelle que le citoyen camerounais désormais organisé est prêt à défendre sa souveraineté.
Pour la Plate-Forme de la Société Civile sur la Démocratie
Citoyen Hilaire KAMGA
Secrétaire Permanent et Porte-parole de la Plate-Forme