Douala : 500 manifestants marchent contre la modification de la constitution
Le meneur, Mboua Massock, a été interpellé et entendu pendant 7h dans le bureau du sous-préfet du 3ème arrondissement.Ambiance surchauffée samedi 12 janvier dernier au carrefour Ndokoti à Douala. Le père des "villes mortes", Mboua Massock, a décidé d'organiser une marche contre la modification de la constitution.
A 11h, deux cars de la police sont garés au carrefour Ndokoti. Des policiers montent la garde. 11h 32 minutes, Mboua Massock, le regard ferme, l'air déterminé, s'avance vers les policiers. Un salut militaire à leur endroit, puis il se retourne. Le coup de sifflet qu'il tient à la main droite retentit et des hommes manifestement prêts se mettent en rang derrière lui. La marche commence. La police, surprise par la rapidité des évènements, appelle du renfort. Ce d'autant plus que les rangs grossissent au fur et à mesure que la marche progresse.
Les manifestants scandent des slogans hostiles au pouvoir en place et demandent à l'unisson que la constitution camerounaise ne soit pas modifiée. Ils sont près de 500 manifestants lorsque trois véhicules bondés de soldats, de policiers et de gendarmes arrivent sur les lieux. Le leader Mboua Massock est encerclé et sommé d'entrer dans un véhicule de la police. Ce qu'il refuse. La foule surexcitée lance des pierres en direction de la police qui veut embarquer Mboua Massock. Voyant la situation s'envenimer, le meneur décide de suivre les forces de l'ordre. Un taxi est réquisitionné et il est conduit sous forte escorte à la sous- préfecture de Douala 3ème. En quelques minutes, la zone est bouclée. La police, sur les dents, interdit tout rassemblement de plus de deux personnes dans la zone. Les deux issues qui mènent à la sous-préfecture sont interdites d'accès. Dans la cour de la sous préfecture, l'on peut apercevoir une dizaine de véhicules de la police et de la gendarmerie et près de 150 policiers qui veillent au grain. Les quelques journalistes présents sont sommés de quitter les lieux.
Des policiers et des gendarmes, appuyés par le sous-préfet de douala 3ème, Yampen Ousmanou, interrogent Mboua Massock au secrétariat du bureau du sous-préfet. Il lui est notamment demandé pourquoi avoir organisé la marche alors que celle- ci, selon la police, était interdite. Joint au téléphone dans la nuit après qu'il a été libéré, Mboua Massock soutient que sa marche n'est pas illégale. Il affirme avoir déclaré la manifestation selon la loi. Et de préciser que sur la déclaration, il avait indiqué une série de manifestations qu'il entendait organiser. Relâché autour de 19h30, Mboua Massock a déclaré qu'il ne cèdera pas à l'intimidation. Il entend organiser d'autres marches similaires dans les prochaines semaines. En effet, la marche de ce samedi n'a duré qu'une dizaine de minutes et les manifestants ont parcouru moins de 100 mètres. La marche organisée par Mboua Massock intervient une semaine après celle du Social democratic front à Douala.
Écrit par Lambert Ngouanfo, Le Jour
NDLR: Les photos illustratives de la manifestation seront en ligne dans notre prochaine édition