Cameroun: Des journalistes de l'hebdomadaire Gestion & Perspectives sur le couloir de la mort.
Ils ont osé dénoncer les errements d'un notaire hors du commun qui a immédiatement sollicité les services d'un commissaire et d'un officier de police pour « régler » le problème. Les détails d'une mort programmée de votre journal.
Sans liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. Gestion&Perspectives, hebdomadaire d'investigations de référence reconnu pour sa liberté de ton, fait un usage délibéré de la critique comme un aiguillon, une incitation à la rigueur et au résultat. Fustiger les manquements de ceux qui nous gouvernent est un devoir inhérent au métier même de journaliste. Mais à coté de la liberté de blâmer, il est tout aussi stimulant d'user plus résolument du droit à l'éloge , tout particulièrement en cette période où la mort proclamée de votre journal et de ses rédacteurs ont été décrétées par le tout puissant notaire Pierre François Xavier Menye Ondo.
Une preuve par neuf que la profession de journaliste est l'une des plus dangereuse qui soit. Elle est en même temps l'une de celles où l'on est soumis aux tentations les plus nombreuses : l'immense majorité croit devoir indiquer au journaliste l'information qu'il doit communiquer, surtout si ses intérêts sont en jeu. Certains tentent d'influencer comme maître Menye Ondo et de convaincre le journaliste par des moyens que l'on pourrait qualifier de légitimes. Maître Menye Ondo est allé un peu plus loin, cherchant à nous tenter, à nous faire passer à la balançoire en utilisant ses copains des renseignements généraux du centre. Plus dangereux et sûrement aussi plus condamnables sont ceux comme l'officier Mbida, au nom du « commissaire LOUA », qui, à l'abri d'un pouvoir qui leur a été délégué, abusent de celui-ci par divers moyens, souvent en approuvant des lois restrictives pour faire pression sur les journalistes et les médias et limiter la liberté de la presse, ainsi que le droit du public à l'information.
Un trio qui va jusqu'à programmer l'assassinat des journalistes de GESTION&PERSPECTIVES. Il est clair que si l'on assassine un journaliste, c'est parce que l'on n'a pas réussi à l'influencer, ni à le persuader, pas plus qu'à l'acheter ou à l'intimider, d'où le recours au meurtre. Et l'assassinat n'est qu'un moyen , le but ultime étant que le journaliste n'informe pas et qu'il n'exprime pas ses opinions , autrement dit , qu'il s'autocensure et que , du même coup, le reste des citoyens n'apprennent pas ce qu'ils ont le droit de savoir. Non seulement un être humain voit son droit à la vie violé, ce qui est déjà beaucoup, mais on intente à la liberté d'expression, au droit d'informer et d'être informé, à la liberté de la presse. Le délit est multiple.
Le syndicat du crime
En effet, après la publication dans son édition numéro 06 du 22 novembre 2007 d'une enquête minutieusement fouillée et publiée sous le titre : "LES FAUX ACTES NOTARIES DE MAITRE FRANCOIS XAVIER MENYE ONDO », il ne se passe plus un seul jour où nos journalistes sont menacés d'arrestation ou de mort par certains individus à la solde du Notaire. Des coups de fils anonymes affluent à la rédaction. Les journalistes de «Gestion&Perspectives » se sentant dans une insécurité totale, ont déserté leurs familles en cette période des fêtes de fin d'année. Par ailleurs, selon certaines informations parvenues à nous, les policiers à la solde de maître Menye veulent justifier notre arrestation par le fait que nous avons publié dans notre édition numéro 7 du 12 décembre 2007 ; un article de NDZANA SEME sur l'exploitation de la bauxite paru dans le site www.africanindependent.com de l'auteur ; le 10 mars 2007. Article précédemment repris par certains médias locaux et internationaux.
Jusqu'ici, votre journal ne se reproche de rien et estime avoir fait professionnellement son travail. Curieusement, notre directeur de publication a été convoqué par téléphone le lundi 18 décembre 2007 à 15 heures 07 minutes par l'officier de police Mbida, en service à la délégation provinciale des renseignements généraux du centre ; répondant au numéro de téléphone : 22 22 76 32 et qui agirait au nom du commissaire de police LOUA, à l'instigation de maître Pierre François xavier Menye ; sans en savoir les motifs. Les deux policiers exigent non seulement de la première à la septième édition de notre journal mais aussi et surtout notre présence et celle du Représentant de Reporter sans Frontières, qui, selon eux est « notre minable bouclier ».
Gestion&Perspectives constate avec regret un flou dans la démarche et une machination ourdie contre son personnel. Lorsqu'on se rappelle que, Me François xavier Menye ondo a juré devant certains confrères de nous « faire bastonner par tous les moyens » par ses « éléments du quartier Briqueterie à Yaoundé »,nous réalisons une fois de plus, qu'il s'agit là d'une grave entrave à la liberté de la presse.
Gestion&Perspectives a déjà saisi les hautes autorités de la République, diplomatiques et corporatives. En attendant la suite de l'affaire, la rédaction prend à témoin l'opinion sur les menaces auxquelles sont victimes ses rédacteurs et appelle ses nombreux lecteurs au soutien multiforme et sans faille pour que l'hebdomadaire qui ose dire la vérité sur la base des faits vérifiables, ne soit bâillonner par les tontons macoutes et les taupes qui infectent chaque jour le paysage médiatique camerounais.
Nestor Nga Etoga, depuis l'exil.