Cameroun : Le projet de modification de l’article 6.2 de la Constitution devrait être déposé à l’Assemblée nationale en Mars
Depuis près de deux mois, l’entourage présidentiel est très préoccupé par la gestion stratégique de trois dossiers majeurs ayant considérablement entamé la cohésion nationale.
Il s’agit tout d’abord de la rumeur du vrai-faux coup d’Etat attribué au tonitruant Rémy Zé Meka (Mindef) et qui a entraîné de nombreuses arrestations de ressortissants nordistes, en l’occurrence les Toupouris. C’est ensuite la rocambolesque « tuerie » des soldats camerounais à Bakassi qui est venue plongée la communauté nationale dans l’émoi, non sans embarrasser une fois de plus Rémy Zé Meka, qui s’emploie tant bien que mal à gérer cette délicate affaire. Enfin, la récente publication par la presse locale de la « liste de 64 présumés criminels économiques » attribuée à Amadou Ali (Vice Premier Ministre chargé de la justice) est venue envenimée l’ambiance, déjà morose, au sein de la classe politique camerounaise.
Face à la crainte de probables déchirures politiques et de profonds ressentiments en voie d’être respectivement occasionnés par l’affaire de ce vrai-faux coup d’Etat et la tuerie des soldats camerounais à Bakassi, les stratèges d’Etoudi avaient préconisé une solution équilibriste : sacrifier Rémy Zé Meka au profit de son frère Fong (Zoétélé), Martin Belinga Eboutou, à l’époque Ambassadeur du Cameroun aux Nations-Unies. Le décret préparé et signé par le Chef de l’Etat n’a jamais été publié, des fuites ayant été organisées au niveau du Secrétariat Général de la Présidence de la République où Rémy Zé Meka compte de nombreux informateurs et amis, peu soucieux de voir revenir à ce poste cet ancien Directeur du Cabinet Civil de Paul Biya. Faute de mieux, Martin Belinga Eboutou s’était alors contenté d’un autre strapontin taillé sur mesure : celui de Conseiller spécial du Président de la République.
Disqualifié, parce qu’indexé, l’entourage présidentiel a par contre sollicité des arbitrages neutres dans l’affaire de la liste des 64 présumés criminels économiques. Sans hésiter, Paul Biya a ainsi décidé de remettre en scelle Ferdinand Léopold Oyono, qui revient d’une extraordinaire cure de jouvence, se payant le luxe de s’entourer de deux « Conseillers » en moins d’un mois. Le retour de ces deux « faucons » n’a par contre rien de fortuit, bien que l’un et l’autre se refusant d’être étiqueté dans la brouille à peine voilée entre Remy Zé Meka et Alain Edgar Abraham Mebe Ngo’o qui continuent de s’affronter par bulletins de renseignements interposés. Pour des besoins de précaution, les deux « conseillers » préfèrent s’imprégner des « analyses » moins passionnées de la DGRE pour asseoir leurs perspectives, non sans craindre de se faire embarquer dans une guerre qui est devenue le propre des Fongs. Des perspectives qui vont dans le sens de conforter les ambitions personnelles de Paul Biya.
En clair, le décor est planté pour le redéploiement des grandes manœuvres tant redoutées, celles consistant à matérialiser l’agenda secret de Paul Biya. Ainsi, le projet de modification de l’article 6.2 de la Constitution devrait être déposé à l’Assemblée nationale en mars prochain. Entre-temps, tout devrait être mis en œuvre pour que les camerounais soient noyés dans la joie des limogeages des personnalités à problème, suivie d’une reprise immédiate de l’Opération Epervier II. A défaut d’une victoire escomptée des Lions Indomptables à la 26e CAN !
© Camer.be : Mbarga Mengue Maxence.