Cameroun : L’activisme et la colère dans la blogosphère camerounaise
A l'approche de la fin du dernier septennat du président de la République Monsieur Paul Biya, la problématique de la modification de la constitution du Cameroun alimente les débats dans la blogosphère camerounaise. Les manifestations populaires de ces derniers jours ont mis le feu aux poudres dans les rues de Douala, Bafoussam, Limbé, Kumba, Mbanga, Yaoundé etc. Pendant que les populations s’organisaient dans les rues. Au niveau de la toile, l'opposition s'est aussi organisée avec des web chroniqueurs. Camer.be a identifié quelques uns parmi eux.
Edouard Tamba ( http://edouardtamba.wordpress.com) ouvre son blog par un titre révélateur: Quand Yaoundé s’enflamme. Journaliste au Messager, il profite comme il l'a si bien dit à ses lecteurs pour livrer quelques « uns de ses gribouillis à la vindicte populaire ». Ces derniers temps, il a eu le temps de bien relater les déroulements des manifestations au niveau de Yaoundé. De Biyem-Assi au Rond point de la poste centrale, à Essos, à Etoudi, il a toujours été présent. A la fin de son blog, il précise que depuis deux jours Le Messager en version papier n’est pas disponible. La faute à la situation qui prévaut dans la ville de Douala.
Du côté de Nino (http://nino.akopo.com ) « Le pays va mal, le pays va mal, nous voulons le changement ». Le web chroniqueur balade ses visiteurs dans une série de vidéos sur l'actualité relatives aux différentes manifestations au Cameroun et plus loin, il affirme que le spectre des années de braise plane de nouveau sur le pays, après que le pouvoir de Yaoundé ait décidé de laver dans le sang toute velléité d'expression sur la modification de la constitution. Les médias ont été fermé pour certains, intimidés pour d'autres; aucune radio privée n'émet actuellement à Douala à part FM Ocean City Radio. Bref, la dictature, la vraie, s'installe au Cameroun, avec dans le rôle du nouveau Kontchou Kouomegni, un certain Biyiti Bi Essam (alias Goebbels).
Autre blog, autre son de cloche : ( http://www.prisma.canalblog.com ). Les « clavistes » de ce blog reviennent chaque jour sur les mêmes problèmes. Dans l’une de leur chronique intitulé On es où là ? Prisma international, réponds qu'on est bien là car "Si l'homme avait été créé immortel, il est indiscutable qu'il vivrait encore aujourd'hui comme à l'âge de la pierre taillée, parce que, sachant qu'il a pour lui l'éternité, il laisserait le temps au temps et remettrait toujours à plus tard ce qu'il pourrait faire sur-le-champ. C'est cette logique qu'on veut aujourd'hui nous imposer, puisque, après plus de quarante ans au pouvoir dont vingt cinq (25) à la magistrature suprême, M. Biya et ses affidés nous demandent encore de leur laisser une seconde chance, soit d'investir une fois de trop à fonds perdus dans des affaires sans fondement soit de jouer au dilatoire en se maintenant au pouvoir".
Même sensibilité chez Dibussi Tandé (http://www.dibussi.com ) qui, dans la langue de Shakespeare n'hésite pas un seul instant à gaver ses lecteurs des analyses personnelles sur la colère des populations camerounaises qui sont dans la rue. Il n'hésite pas un seul instant à mettre les vidéos des récentes manifestations populaires en lignes. Le tout saupoudré dans une série de suggestions.
Mwalimu George Ngwane quant à lui dans son blog (http://www.gngwane.com ) parle du triomphe de l'héroïsme des africains qui commencent à comprendre que la rue a aussi sa place et peux faire bousculer la situation politique d'un pays. Il conclu un peu plus loin par une lettre ouverte adressée au président Paul Biya avec au menu des suggestions relatives à l'Union de l'Afrique pour ne pas dire l'Union Africaine
Pour Roufaou Oumarou,( www.oumarou.org )son blog s'ouvre dans la page d'accueil par une série de citations dont nous avons pu retenir celle ci: La plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot. Est vraiment victorieux, l'homme resté seul et qui continue de lutter dans son cœur. Je ne veux pas qu'aux portes du pays des morts, le douanier trouve des souillures à mes pieds."Plus loin, il parle des conséquences du tripatouillage de la constitution qui peuvent porter malheur à un homme en se référant du cas de la république du Tchad avec le président Idriss Deby devenu depuis quelques semaines demi-prisonnier dans son propre palais.
"L'heure est grave!" s'inquiète le président Etounou dans son blog ( http://etounou.free.fr) Dans une analyse osée, il affirme que de nombreux affrontements et blocages paralysent l'activité dans les principales villes Camerounaises, Douala en particulier. La raison à tout ceci, le prince veut modifier la constitution pour s'offrir quelques années de plus de règne. En même temps, il asphyxie la population obligeant les transporteurs à se mettre en grève et le mélange de tout ceci donne un cocktail explosif qui a malheureusement un effet boomerang parce qu'handicapant encore plus ce peuple déjà bien mis à mal.
Dans une note de Pius Njawé publiée dans le Messager et reprise par plusieurs sources, Théophile Kouamouo en OFF dans (http://kouamouo.ivoire-blog.com) , fait étalage des informations sur les émeutes au Cameroun avec " le temps des analyses" . Il ne néglige pas les vidéos recoupées sur l'Afrique et qui évoquent les problèmes communs à plusieurs Etats africains.
Themacity (http://www.themediacity.com) quant à lui préfère nous faire visiter l'actualité thématiquement brûlante de l'heure au Cameroun avec des images poignantes prises dans les différentes villes où les manifestations ont été les plus rudes et difficile à contenir par les forces de l'ordre
Tous ces liens ont été obtenus grâce au moteur de recherche de Technorati, qui a pris le soin de répertorier dans la blogosphère camerounaise des thèmes liés à l’actualité locale. Les mieux répertoriés sont ceux qui, en moyenne et en une semaine ont pu mettre à jour leurs informations. Néanmoins, deux blogs que nous ne citons pas ici, publicité à part, se sont démarqués du lot avec la mise à jour quotidienne de leurs activités. Le temps de leur tirer un coup de chapeau.
Comme quoi, « les apprentis sorciers qui dans l’ombre » manipulent les jeunes ne se recrutent plus seulement dans nos grandes villes. Ils sont de plus en plus nombreux sur la toile regroupés autour de leur Maître en train de s’efforcer afin devenir des « meilleurs élèves ».
Hugues SEUMO
© Camer.be