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5 janvier 2008

Cameroun : M. Le Président et Mme Biya, respectez la Constitution et déclarez vos biens !

Paul_ChantalBiya290508217Depuis la publication par le CCFD-Terre Solidaire  de son rapport concernant la fortune de M.  Paul Biya, nous assistons à une agitation pour le moins surréaliste des hauts responsables du Régime de Yaoundé. Cette agitation des principaux collaborateurs du Chef de l’Etat inquiète sérieusement la Plate-Forme de la Société Civile pour la Démocratie. La Plate-Forme note que l’ancien Ministre de la Communication, dans sa supposée stratégie de défense de M. Biya, s’est contenté de servir à l’opinion une leçon de journalisme.

Cette promptitude à faire semblant de défendre le citoyen Biya cesse pourtant d’avoir un sens lorsque l’on se situe dans le contexte du rapport du CCFD. Pourquoi M. Biyiti n’a pas réagit quand, en avril 2008, l’information sur l’implication de M. Biya dans l’affaire Raymond Bernard et Jo Di Mambro  et les sectes ORT, Circes, etc. a été publiée. Pourtant l’affaire était suffisamment grave dès lors qu’il s’agissait des informations extraites d’une ordonnance de renvoi d’un juge d’instruction français. En effet dans ce rapport on peut y lire

« Les millions africains d'un proche de Jo Di Mambo

Raymond Bernard, qui a derrière lui un long passé dans les milieux ésotériques, est le fondateur de l'Ordre rénové du Temple (ORT) qui est présenté, dans l'ordonnance de renvoi, comme le « berceau » de l'Ordre du Temple solaire. Selon le juge, le patrimoine financier de ce « proche » de Jo Di Mambro peut être évalué à 20 millions de francs, alors qu'il n'a, selon l'ordonnance, « jamais travaillé ». De 1992 à 1998, 11,2 millions de francs ont été virés sur son compte personnel par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun.

Raymond Bernard a expliqué aux enquêteurs que cette somme correspondait à des « conseils » donnés à Paul Biya, président de la République du Cameroun (600 000 francs), à la vente d'un tableau de Bernard Buffet à cette même présidence (5 millions de francs) et à un don de Paul Biya à une organisation ésotérique créée par Raymond Bernard lui-même, le Centre international de recherches culturelles et spirituelles (Circes), crédité par erreur sur son compte personnel (5,6 millions de francs) et ensuite remboursé. Ce même Circes a également bénéficié d'un virement de 2 millions de francs versés par la SNH du Cameroun et de 40 millions de francs de Paul Biya ».

Nous nous étonnons que ce soit lorsque le CCFD publie certaines de ces informations dans son rapport de juin 2009 que cela  réveille  M. Biyiti.

Au regard de la gravité des faits cités comme issus de l’ordonnance de renvoi d’un juge d’instruction français,  La Plate-Forme souhaite que le Président de la République éclaire les citoyens et apporte au besoin un démenti formel et officiel, étant entendu qu’il est inimaginable que le Chef de l’Etat camerounais ait pu se livrer à de telles manœuvres de distraction des ressources du Cameroun au profit d’une secte.

Par ailleurs, le branle-bas général du Comité Central du RDPC suscite naturellement des interrogations sérieuses. Pourquoi ces hauts responsables de l’Etat s’efforcent davantage à démontrer l’impossibilité pour le citoyen Biya de disposer d’une fortune ? Pourquoi s’obstinent-ils à mettre M. Biya en difficulté ?  Pourquoi des personnages aussi avisés que ces ministres du Régime ne peuvent-ils pas plutôt aider M. Paul Biya à justifier si possible sa fortune au lieu d’essayer de faire avaler à l’opinion qu’il n’en a pas droit ? Toutes ces interrogations et bien d’autres amènent la  Plate-Forme à s’interroger sur les vrais objectifs de ceux qui s’agitent en ce moment. Il est d’ailleurs à redouter que le vrai danger pour l’actuel Chef de l’Etat soit dans son propre entourage.
 
La Plate-Forme  remarque que tous ces hauts responsables du RDPC s’évertuent davantage à inciter le Président de la République à violer la Constitution (Article 66) au moment où celui-ci tient à prouver à l’opinion qu’il est très légaliste. Aussi bien en 1997 qu’en 2004, S.E M. Paul Biya n’a pas daigné déclarer après sa prestation de serment comme l’exige la Constitution qu’il a d’ailleurs tenu à modifier en 2008 contre le gré d’une majorité des camerounais.

La Plate-Forme a du mal à comprendre comment les conseillers du Président qui s’agitent en ce moment peuvent logiquement parler par exemple de la crédibilité de « l’Opération Epervier » lorsqu’ils encouragent le premier gestionnaire du Cameroun à ne pas déclarer ses propres biens conformément à la Constitution.

La Plate-Forme rappelle que M. Paul Biya, comme tous les citoyens, peut avoir légalement et légitimement une fortune à la seule condition que celle-ci ne proviennent pas d’un détournement des deniers publics;

La Plate-forme demande au Président de la République de ramener la sérénité au sein de la population, de mettre fin à toutes ces rumeurs en infirmant les « allégations » contenues dans le rapport du CCFD;

La Plate-Forme exige de M. Biya d’une part de publier sans délai le décret sur l’organisation et le fonctionnement de la Commission de Déclaration des Biens prévues à l’article 6 de la loi N°003/2006 relative à la déclaration des biens d’application, et d’autre part de déclarer ensuite ses biens auprès de la Commission qu’il aura créée. Il en est de même de l’urgence qu’il y a à déclarer les biens de Mme Chantal Biya ainsi que ceux des enfants Biya mineurs.

A partir de l’instant où une loi d’application de l’article 66 a été déjà adoptée par le Parlement et promulgué par le Président de la République depuis le 25 avril 2006 (contrairement aux informations contenues dans le rapport du CCFD),

La Plate-Forme souhaite que le Président de la République procède à ces deux actions dans un délai raisonnable. La crédibilité de nos institutions et surtout la justesse de l’Opération Epervier en dépendent.

La Plate-Forme de la Société Civile pour la Démocratie rappelle que les marches et autres motions de soutien actuellement initiées par le RDPC ne constituent aucunement un éclairage pour les citoyens qui sont en droit d’attendre du Président de la République, et de lui seul, des clarifications qui les rassurent.

Par ailleurs, la Plate-Forme rappelle que, conformément à la loi camerounaise, la non déclaration des biens est un motif d’inéligibilité.

Enfin, la Plate-Forme saisit cette occasion pour exiger un amendement de la loi N°003/2006 portant sur la Déclaration des biens afin de rendre la procédure de déclaration moins opaque.

La Plate-Forme réaffirme sa détermination à se battre pour une alternance par les urnes et dans la paix au Cameroun.

Salus populis suprema Lex Esto : «Que le Salut du Peuple soit la Loi suprême»

© Citoyen Hilaire KAMGA,Secrétaire Permanent et Porte Parole de la Plate-Forme

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