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28 février 2008

Le bilinguisme à Bruxelles

bruxellesbrusselUne société de la place recrute pour les besoins de ses services des employés bilingues. Mathieu X se présente le jour de l'entretien. Seulement c'est une société de transport et l'agent qui le reçoit  s'exprime uniquement en français. Mathieu s'efforce tout de même à prononcer quelques phrases en néerlandais. Son interlocuteur lui donne l'impression d'être occupé au téléphone.

Quelques minutes après, Mathieu est reçu par les responsables des ressources humaines de cette société pour un entretien. A la question de savoir s'il s'exprime en français et en néerlandais, Mathieu répond à ces derniers qu'en plus du Français qu'il maitrise très bien, il s'exprime également en Swahili. Les recruteurs lui demandent de formuler une lettre de motivation en Swahili. Ce que Mathieu n'a pas pu faire.

BRUXELLESENFINBILINGUEConclusion, n'a pas été retenu. Mathieu n’a pas compris qu’il fallait s’exprimer selon l’intitulé de l’annonce en français et en néerlandais. Il faut toujours bien lire une annonce pour les chercheurs d'emploi avant de s'engager. A Bruxelles, le critère de langue est très souvent avancé pour recaler plusieurs candidats à une offre de recrutement.

Mérimée cette année voudrais passer les examens de recrutement à police fédérale. Il sait très bien que la loi impose le bilinguisme pour les agents désirant travailler à Bruxelles. Il s’engage à répondre à l’appel du ministre de l’Intérieur. Ils sont au total plus de 500 candidats pour 150 places. Seulement avant la date fatidique des examens, 300 d’entre les candidats ont pris la clé des champs.

En imposant aux candidats policiers désirant travailler à Bruxelles l'obligation de présenter un diplôme de bilinguisme, plusieurs candidats trouvent un prétexte pour ne plus se présenter aux examens.

Quelques fois, les pouvoirs publics ferment les yeux face à cette réalité car en 2007 par exemple à Bruxelles, 580 postes étaient à pourvoir et la police fédérale a permis d'en combler 282 mais s'il avait fallu appliquer à la lettre le règlement en matière de connaissance de l'autre langue, seuls 64 agents auraient pu être engagés, ce qui montre assez clairement l'ampleur du problème.

C'est vrai, il faut être bilingue mais, le drame c'est que ce n'est pas toujours évident sur le terrain. Certains francophones s'inscrivent par formalité pour se former en néerlandais. Ils sont nombreux, travaillant dans le secteur public à Bruxelles qui, à peine avoir fini avec les cours, oublient sur leur chemin de retour ce qu'ils venaient d'apprendre.

On ne perd jamais quand on s’exprime en plusieurs langues dit-on très souvent. En attendant, le ministre de l'Intérieur compte engager plus de 200 policiers supplémentaires cette année, dont certains devraient être affectés à Bruxelles. Juste le temps de bien réviser sa leçon de néerlandais avant le jour -J et le tour est joué.

King Tolly

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