Belgique : Trente neuf sans papiers observent une grève de la faim, à Bruxelles
Trente neuf personnes en situation administrative irrégulières d'origines africaines « en lutte depuis de longs mois », observent depuis le 12/05/2008, à Bruxelles et plus précisément à l'Eglise Saint Curé d'arts, Paroisse- Parochie, une grève de la faim, pour réclamer la régularisation de tous les sans-papiers.
Ces grévistes de la faim, principalement des Somaliens, des Guinéens, des Algériens, des Maliens, des Sénégalais, et des Maghrébins, occupent l'Eglise Saint Curé d'arts, Paroisse- Parochie de Forest à Bruxelles où les autorités religieuses ont mis à leur disposition une salle leur servant d'abri.
Présents pour la plupart sur le territoire belge depuis de longues années, ils entendent poursuivre leur diète jusqu’à l’obtention de titres de séjour. Ainsi, ils comptent aller « jusqu’au bout » si les autorités belges ne se penchent pas sur leur situation.
« Nous avons déposé nos dossiers de régularisation depuis des années, mais les réponses ont toujours été négatives sans qu’on nous en explique les raisons. Maintenant, nous avons décidé d’aller jusqu’au bout pour obtenir des papiers. La grève de la faim se poursuivra tant que l'office des Etrangers n’aura pas réglé notre situation », a déclaré à notre rédaction Mamadou Bah, leur porte-parole.
Commencée le 12 mai 2008 puis suspendue le 04 juin dernier, cette grève de la faim a repris le 26/06/2008 à cause de l'injustice comme nous avons pu le lire sur des banderoles qui inondent les murs des locaux abritant cette Eglise de Forest.
Depuis le 26 juin, la situation commence sérieusement à se compliquer pour certains qui « commentent à ressentir des douleurs abdominales et dorsales ». Pour autant, ils n’entendent pas mettre fin à cette privation de nourriture. « Si c’est le prix à payer pour obtenir nos papiers, nous le ferons », précise un « gréviste » guinéen allongé sur un matelas.
Pour parer à toute éventualité, ils reçoivent régulièrement la visite des personnes de bonnes volontés, du Secours populaire et du Secours catholique. Ils ont aussi reçu la visite de plusieurs religieux, de syndicalistes et de responsables locaux des associations de défense des droits des sans papiers en Belgique.
Les grévistes ne s’alimentent qu’avec de l’eau, des jus de fruit. « Que vous voulez que nous fassions ? Nous sommes là depuis longtemps, mais on ne nous reconnaît même pas le plus petit droit », se désole un gréviste de la faim.
"Tous les grévistes sont affaiblis, mais tiennent le coup" nous confie une personne de bonne volonté venue de Charleroi pour rendre visite aux grévistes.
Cette grève de la faim apparaît au moment où le royaume de Belgique est en proie à une crise institutionnelle avec la démission récente du premier ministre. Actuellement, le Roi Albert II est en quête permanente et urgente de solutions de sortie de l’impasse politique.
En attendant, le sort des milliers de sans papiers est plus que jamais compromis. Les grévistes de la faim de l'Eglise Saint Curé d'arts, Paroisse- Parochie, quant à eux ne comptent pas baisser les bras car il est temps de régulariser tous les sans-papiers en Belgique.
© Camer.be : Hugues Seumo