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22 juin 2008

Jeux Olympiques Pékin 2008 : "Bilan désastreux" de la liberté d'expression selon RSF

Robert_menard2L'organisation de défense de la presse, Reporters Sans Frontières (RSF), a dressé le 22 août dernier un "bilan désastreux" de la liberté d'expression pendant les JO de Pékin, et accusé le Comité international olympique de "lâcheté".Selon RSF, "au moins 22 journalistes étrangers ont été agressés, interpellés ou entravés dans leur travail pendant les jeux", et "au moins 50 militants des droits de l'Homme pékinois ont été placés en résidence surveillée, harcelés ou contraints de quitter la capitale pendant les jeux".

"Au moins 15 citoyens chinois ont été arrêtés pour avoir simplement demandé le droit de manifester" et "au moins 47 militants protibétains, principalement de l'organisation Students for a Free Tibet, ont été interpellés et expulsés", selon le rapport de l'ONG. Comme nous le craignions, pouvons nous lire dans ce rapport, " les JO de Pékin ont été une période propice aux arrestations, condamnations, à la censure, à la surveillance et au harcèlement de plus de cent journalistes, blogueurs et dissidents. Cette répression restera l’un des faits marquants de Pékin 2008."

RSF appelle" également à faire, dorénavant, du respect de la liberté d’expression l’un des critères dans l’attribution des JO à une ville candidate. Alors que le mouvement olympique a récidivé l’erreur de Pékin en attribuant les Jeux de 2014 à la ville russe de Sotchi, Reporters sans frontières continuera à se mobiliser pour que la liberté de la presse soit garantie lors de ces événements sportifs", a affirmé Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

S'agissant des conditions de travail de la presse étrangère, selon l'organisation de Robert Menard,Wang Wei avait promis en 2001 une "liberté totale pour la presse" pendant les Jeux olympiques. Cela n’a pas été respecté.

L'ONG a recensé vingt-deux incidents entre le 6 et le 22 août en Chine. Des journalistes étrangers dûment accrédités ont été agressés, comme le Britannique John Ray, ou interpellés, comme par exemple deux reporters japonais à Kashgar (Nord-Ouest).De nombreux journalistes se sont plaints de l’intervention des forces de l’ordre ou de volontaires civils dès qu’ils tentaient d’interviewer des Chinois. Une journaliste d’une agence de presse a affirmé qu’en une semaine, au moins cinq personnes qu’elle avait interviewées avaient ensuite été arrêtées par la police.

Le communiqué de RSF relève également que pendant les conférences de presse organisées pour les médias internationaux, les responsables du Comité organisateur des Jeux de Pékin (BOCOG), en premier lieu son vice-président Wang Wei, ont refusé de commenter les différents incidents liés à la liberté d’expression. En accord avec le CIO, les organisateurs chinois ont même annulé certaines conférences de presse, après une série de questions trop pressantes de journalistes anglo-saxons

Reporters sans frontières a constaté qu’une trentaine de sites d’informations en chinois et d’organisations de défense des droits de l’homme étaient toujours bloqués en Chine, y compris dans les centres pour la presse étrangère. Dernière censure en date : celle du site de musique iTunes. Selon une organisation pro-tibétaine, c’est parce que celui permettrait aux athlètes présents à Pékin d’écouter des chansons en faveur du Tibet.

Robert Ménard a reproché au CIO de n'avoir "jamais trouvé rien à redire". Pour RSF, Jacques Rogge, président du CIO, qui a montré "une lâcheté et une couardise sans comparaison depuis sept ans" et qui a "menti à tout le monde", ne doit pas être réélu l'an prochain à l'expiration de son mandat.

© Camer.be Hugues SEUMO

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