USA : Barack OBAMA, le "ticket" des démocrates pour l'élection présidentielle
La convention démocrate de Denver s'est conclue jeudi par le discours d'acceptation du candidat Barack Obama. Un show à l’américaine qui a réuni quelques 75.000 partisans chauffés à blanc, noyés dans un discours de 45 minutes prononcé dans un stade. Ce qui n’était plus arrivé depuis John Kennedy en 1960, à qui Barack Obama est souvent comparé. Le sénateur de l’Illinois s'est engagé à effacer les errements économiques des huit années de la présidence Bush et à rétablir la réputation des Etats-Unis dans le monde.
Barack Obama est donc devenu le premier candidat afro-américain à une présidentielle américaine. Même John McCain et tous les républicains ont un temps rangé les gants pour saluer «un beau jour pour l’Amérique».
Dans un discours, riche en symbole et en vibrations sur «la promesse de l’Amérique». Obama a répondu présent. Il n'a pas lésiné sur les moyens pour exprimer ses voeux pour une Amérique riche et prospère.
"C'est pourquoi je suis là ce soir. Parce que depuis 232 ans (l'indépendance des Etats-Unis, ndlr) à chaque fois que ce rêve a été menacé, des hommes et des femmes ordinaires, des étudiants et des soldats, des paysans et des enseignants, des infirmières et des balayeurs ont trouvé le courage de maintenir ce rêve en vie", a poursuivi Barack Obama.
Son discours coïncidait avec le 45e anniversaire du discours fondateur de Martin Luther Ling, « I have a dream ». En réaction, le fils du champion de la cause des droits civiques, Martin Luther King III, a affirmé que son père serait "fier" du sénateur de l’Illinois.
Je n'hésiterai pas à défendre les Etats-Unis»
Constamment accusé depuis le début de la campagne de ne pas détenir suffisamment d'expérience sur le plan international et de ne pas avoir la stature de «Commander in chief», Barack Obama a affirmé qu'il n'hésiterait «jamais à défendre les Etats-Unis» s'il devenait président. Le sénateur qui a répété son engagement de terminer la guerre en Irak et de se concentrer sur la guerre en Afghanistan contre al-Qaïda et les talibans, a promis de «n'envoyer les soldats américains risquer leur vie que pour une mission claire et avec l'engagement sacré qu'ils auront tout l'équipement nécessaire pour combattre et qu'ils bénéficieront des soins et des aides qu'ils méritent quand ils rentreront».
Obama et la politique de rassemblement
«Le changement ne vient pas de Washington, mais le changement va à Washington». Il a utilisé cette dynamique de rassembleur sur l’épineux problème des valeurs. Selon lui, «on peut être en désaccord sur l’avortement mais trouver un compromis sur la nécessité de prévenir les grossesses chez les adolescentes ; ou en désaccord sur les armes à feux mais se retrouver pour s’assurer qu’un AK-47 ne soit pas entre les mains d’un criminel ; ou sur le mariage gay mais ensemble lutter contre les discriminations».
Cette convention démocrate a été la grand-messe de l'unité retrouvée, après les mois de frictions des primaires, qui avaient vu Obama et Hillary Clinton s'affronter en termes parfois vifs.
L'ex-Première dame des Etats-Unis n'a pas ménagé son soutien à Obama et a appelé ceux qui l'avaient soutenue pendant les primaires à ne pas déserter le parti lors de la présidentielle. Son époux, l'ancien président Bill Clinton, a lui aussi fait montre de ses talents oratoires au profit d’Obama.
© Camer.be : Hugues SEUMO