France - Cameroun : Jean Claude NYOUNG "Garder un esprit d’équilibre pour ne heurter personne"
Il y a 16 ans, Jean Claude Nyoung débutait sur l'antenne de radio Fréquence Soleil. Aujourd’hui, il présente tous les samedi, de 09h00 à 11h00 sur Canalsud 92.2 FM un des programmes les plus écoutées de Toulouse "FRANC-PARLER". Des millions d'auditeurs écoutent cette émission au service du peuple. C'est dans les studios de Canalsud 92.2 FM Web Radio Libre de Toulouse que la rédaction de Camer.be est allée dénicher cet amoureux du micro pour la bonne gouverne de ses lecteurs.Il raconte son parcours et donne une analyse sur la situation de la communauté Camerounaise et africaine de Toulouse.
Bonjour Monsieur Jean Claude NYOUNG et merci de nous accueillir dans les studios de Canalsud 92.2 FM Toulouse. Comment se prépare votre émission ?
Des heures d’introversion à la recherche de sujets de discussion, lorsque l’actualité n’invite pas rapidement au débat. Dans tous les cas, cette étape n’est que l’élément sur lequel va se poser la préparation qui peut durer la semaine entière, sinon plus. Des notes abondantes, des recherches approfondies, le but étant évidemment de trouver un terrain d’entente pour la majorité des voix de la diaspora et ces autres bien nombreuses de ceux qui nous offrent l’hospitalité. Etant donné le caractère culturel de l’émission, il faut garder un esprit d’équilibre pour ne heurter personne mais sans occulter cette possibilité si le bon sens l’exige.
Un petit mot sur vous ?
Rien de particulier qui puisse ici captiver l’attention du lecteur; Taille moyenne, né à Sakbayeme au Cameroun, proche de toutes ces communautés dont on ne parle pas assez lorsqu’il n’y a aucun train arrivant en retard. Nous en avons pourtant tellement qui arrivent à l’heure. S’il faut chaque fois qu’un étranger fasse des prodiges pour mériter son intégration, alors il faut que tous humains confondus, nous nous mettions aux voyages pour rendre le monde meilleur qu’il ne l’est. Il semble, selon les dires, que je sois très africain; Je suis noir. S’il le faut pour être incontestablement africain, alors je le suis sans conteste. Mais enfin, doit-on moins aimer ce qu’on est, si cela n’est pas un défaut ? Je suis donc fier d’être noir et africain.
A quoi ressemble une journée type lorsque l'on exerce ce métier ?
C’est une journée semblable à un puzzle qui lie chaque élément à un autre du tableau. Différentes activités attendent leur tour. Entre toutes, la préparation des émissions demeure à l’esprit. Quand on ne les monte pas encore, on y réfléchi et on en fait une construction mentale qui peut changer à chaque seconde. L’entourage et les éléments de la nature y sont pour beaucoup.
Quel est le concept de "FRANC-PARLER" ?
Ces questions que nous nous posons seuls ou en cercle restreint, les porter à l’oreille du plus grand nombre dans le sérieux qui n’empêche pas la joie. Tout le monde est invité à participer à la discussion comme en Afrique où de tels moments de partage ne sont pas réservés à certains, ils n’oublient personne.
Que diriez-vous aux jeunes souhaitant exercer ce métier ?
Jetez-vous dans le bain, il y a tellement à faire. A laisser les autres parler de vous ou des vôtres, ils feront comme bon leur semblera. Nul autre ne peut mieux savoir à la place des concernés ce qui est bon et convenable. Attendez-vous à être critiqués, ne le prenez jamais mal et vous verrez que dans soixante ans ou un peu plus, votre amour pour le métier et pour les autres aura fait sa part pour le rapprochement des peuples et des individus. La goutte d’eau par vous donnée aura servi à détruire des murs de malentendus.
Que pensez vous de la diaspora camerounaise en particulier et de la diaspora africaine en général de Toulouse
Elle est à l’image de toutes les autres. D’ailleurs, pour revenir particulièrement sur ce Cameroun, ne dit-on pas de ce pays qu’il est la miniature de cette Afrique ! Les ressortissants camerounais sont dynamiques et volontaires dans beaucoup de domaines. Nous nous regardons de près et nous nous accusons de ne pas nous comprendre ; Regardant les autres communautés, nous les imaginons semblables à une forêt impénétrable lorsqu’elle est vue de très haut. Les arbres y semblent resserrés. Nous souffrons pourtant des mêmes maux, de ces incompréhensions propres aux humains et nous caressons les mêmes espoirs. Un peu plus d’action chaque fois nous fera toujours aller de l’avant.
Que pensez vous des médias camerounais de la diaspora ?
Ils ont une santé à l’image de camer.be. Un magazine par-ci, un site web par là et des émissions radio disséminées à travers les pays de notre exil volontaire ou obligé, les médias constituent un domaine dans lequel les camerounais ont une bonne longueur en matière de santé.
Merci Jean Claude NYOUNG pour cet accueil. Un dernier mot à l'intention des lecteurs de Camer.be ?
Voici un site capable de donner l’info en temps réel, un site de qualité qui laisse chacun imaginer la somme de travail abattu par un groupe d’inconditionnels dont le seul désir est de nous informer. Cette équipe est à vivement encourager. L’honneur et le plaisir étaient pour moi !
© Camer.be Propos recueillis par Hugues SEUMO