Cameroun : Pius Njawé aurait violé la législation du travail
Le directeur de publication du Messager a récemment servi une décision de suspension au journaliste Ndjébet Massoussi. Pius Njawé écarte donc son désormais ex-collaborateur de toute activité au sein de sa rédaction. La victime était jusqu’alors délégué du personnel au sein du groupe que dirige Pius Njawé. La décision de suspension de Pius Njawe date du 14 octobre 2008. Comment en est-on arrivé là ? L’on se souvient que des revendications salariales avaient éclaté au sein du très réputé quotidien de Douala il y a quelques jours.
Njawé soupçonnerait la main cachée de Ndjébet Massoussi derrière ce récent mouvement social. Un confrère de Douala explique :’’ Sous des dehors de manquements professionnels purement artificiels, notre confère paie au prix fort d'avoir mené avec opiniâtreté, ces dernières semaines, les revendications salariales et sociales des employés du Messager, qui ont dû travailler pendant de longues périodes sans le moindre kopeck dans un cycle qui dure depuis trois ans’’.
Le patron du Messager serait à l’étranger au moment ou la lettre suspendant son collaborateur est signée. Du coup, certains soupçonnent que la décision de Pius Njawé est ‘’antidatée’’ puisque ‘’servie à l'intéressé pendant que le DG de Free Media Group se trouve à l'étranger’’.
Selon la législation camerounaise en matière de droit du travail, un délégué du personnel n’est "licenciable" qu'avec l'autorisation expresse du ministre ayant le Travail dans ses compétences ou le cas échéant de son représentant.
Suspension n’est pas licenciement
A Douala, il se dit que la décision de Pius Njawé est intervenue en violation de cette disposition légale puisque ni le ministre, ni son délégué pour le Littoral n’auraient été saisis.
Contacteé par Camer.be, une source indique que : ‘’Si le licenciement de notre confère aboutit, il signifierait, en effet, la fin de l'espoir d'une classe employée opiniâtre dans les rédactions, c'est-à-dire un recul historique inadmissible’’.
La lettre de Pius Njawé dont Camer.be a pu obtenir copie explique que le journaliste qui serait bientôt licencié [il ne l’est pas encore malgré la mesure d’ordre le suspendant] a été plusieurs fois rappelé à l’ordre pour insubordination et manquements professionnels.
Enfin, Njawé dit vouloir licencier son chef service de service politique pour faute lourde. Le patron du Messager dit également attendre la décision du représentant du ministre du travail pour se séparer de son collaborateur. C’est ce que prévoit le code du travail camerounais. Contacté par nos soins, le patron du Messager n’est pas joignable pour l’instant. Nous y reviendrons.
Source: Camer.be, La rédaction