Madagascar : Ville morte à Antananarivo
Ville morte depuis ce jeudi 29 janvier à Antananarivo, un conseil des ministres s’est tenu hier mercredi 28 janvier 2009, au Palais d’Etat d’Iavoloha, sous la direction du Président de la République, Marc Ravalomanana. L’appel pour une "ville morte" dans la capitale malgache a été lancé mercredi par Andry Rajoelina le maire d'Antananarivo. Selon le contenu des tracts qui circulent actuellement dans la capitale malgache, le principal opposant au président de Madagascar Marc Ravalomanana appelle à la mobilisation pour obtenir l'arrestation des meurtriers d'un adolescent tué lundi lors d’émeutes et de pillages qui ont fait au moins 68 morts dans tout le pays.
Pour ce matin, tout est fermé, les kiosques de l’avenue de l’indépendance ont disparu, quelques petites échoppes de quartiers sont ouvertes, mais la majorité des magasins restent fermés au sein de la capitale. Des écoles sont également fermées et le grand marché hebdomadaire du jeudi près du stade est désert. Dans les administrations, beaucoup de fonctionnaires sont également absents. Idem pour la place du 13 Mai, au centre d’Antananarivo où tout est fermé pour ce matin.Les transports en commun circulent, ainsi que de nombreuses voitures particulières. Par contre, certains guichets des banques sont ouverts et placés sous haute protection. Les usagers de la route (piétons) les plus nombreux sont les forces de l’ordre
Le Chef de l’Etat au cours du conseil des ministres de la journée d’hier a fait une déclaration concernant la situation actuelle. Il a condamné les actes de destruction perpétrés par les individus qui ont assailli et incendié les locaux de la Radio nationale et de la Télévision nationale. « Ceux qui ont incité les gens à venir sur ces lieux sont coupables.Ils ont détruit un patrimoine national, des archives de l’histoire de Madagascar sont anéanties », a déclaré le Président de la République.
Le président de la république a également lancé un appel à la population à aider les autorités, à faire des recherches sur les criminels, à présenter les preuves telles des photos, des images, afin de faciliter l’enquête.
Le Chef de l’Etat a également donné des instructions aux ministres de prendre leur responsabilité et a invité ces derniers à faire preuve d’audace dans la recherche de la vérité, pour aboutir à des arrestations aussi bien à l’encontre des exécuteurs que des commanditaires.
Le bras de fer s'est envenimé depuis la fermeture par le gouvernement le 13 décembre 2008 de la télévision privée Viva, propriété du maire, qui avait diffusé une interview de l'ex-président en exil, Didier Ratsiraka.
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© Correspondance particulière : Annie Razanamparany