Madagascar: Des militaires donnent 7 jours à Andry Rajoelina pour quitter le pouvoir
« Nous demandons à Andry Rajoelina et Ratsirahonana de quitter sans condition le pouvoir. Ils ont une semaine de se décider » pouvons- nous lire en substance dans un communiqué signé par un groupe de militaires de la Base Aéronavale d’Ivato (BANI) et du Premier Régiment de la Force d’Intervention (1e RFI) d’Ivato. Ces derniers ont ordonné à Andry Rajoelina de quitter le pouvoir dans les sept jours à compter du 18 mars, date à laquelle la Haute Cour Constitutionnelle a légalisé son investiture en tant que président de Madagascar.
Dans ce communiqué, diffusé en primeur par le site Internet malgache topmada.com et relayés par plusieurs autres médias, les soldats basés à Ivato, ont condamné « l’acte de vandalisme perpétré par les militaires du CAPSAT par le coup d’Etat du 16 mars 2009. ». Idem pour « toute violence envers les civils que les Officiers du CAPSAT dirigés par le Colonel NDRIARIJAONA André ont commis durant le mois de Mars 2009. » Plus loin dans le même communiqué, ces soldats condamnent également « les menaces et les kidnappings » de leurs Officiers généraux
"Nous condamnons Andry Rajoelina et Ratsirahonana (précédent président de la Haute Cour Constitutionnelle) pour avoir déclenché une guerre civile à Madagascar" indique le communiqué daté du 18 mars.
Les soldats de la marine militaire basés à Ivato un district de la capitale où est situé l'aéroport international ont déclaré dans leur communiqué que les forces armées ne pouvaient jamais être divisées par la politique.
Ils estiment que leurs collègues du CAPSAT avaient été payés avec des centaines de millions d'Ariary, (monnaie malgache), par Andry Rajoelina, déclarant que les preuves de cette corruption étaient "irréfutables".
Par conséquent, ils affirment dans leur communiqué d’avoir « porté plainte au sein du tribunal militaire malgache et africain pour que ces militaires putschistes et incontrôlables soient jugés et punis par la loi martiale ».
Ils ont appelé la communauté internationale à ne pas s'ingérer dans les affaires malgaches tout en concluant qu’ils sont prêts et disponibles à protéger la nation par la force si nécessaire.
La pression s'était très nettement accentuée depuis quelques jours sur l’ex président malgache, Marc Ravalomanana, qui, le 17 mars dernier, sous la pression de l'armée qui s'était ralliée au chef de l'opposition, a fini par quitter ses fonctions et a remis le pouvoir à "un directoire militaire", dirigé par le plus ancien dans le grade le plus élevé de l'armée, le vice-amiral Hippolyte Rarison Ramaroson,.Dans la soirée du même jour, le directoire militaire mis en place a transmis par ordonnance les "pleins pouvoirs" au chef de l'opposition Andry Rajoelina..
Pour l'heure, après les Etats-Unis et l'Union européenne, l'Union africaine a à son tour dénoncé vendredi "un changement de gouvernement non constitutionnel" à Madagascar. Antananarivo est suspendue des instances de l'organisation africaine et des sanctions sont à l'étude. Nicolas Sarkozy, le président français a lui aussi condamné "un coup d'Etat à Madagascar"[...] et au même moment l'ambassadeur de France à Madagascar rendait une visite de courtoisie à Andry Rajoelina.
Devant toutes ces contestations, Andry Rajoelina a prêté serment ce samedi 21 mars en tant que président de transition à Madagascar, au cours d'une cérémonie devant plus de 40 000 personnes dans un stade d'Antananarivo. "Devant tout le peuple malgache et devant Dieu, je jure que je ferai de mon mieux pour faire le bien du peuple et je jure que je vais respecter les lois en vigueur à Madagascar", a-t-il déclaré en langue malgache.
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