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8 décembre 2008

Gabon: Confusion sur l'annonce du décès du président gabonais Omar Bongo

Omar_Bongo301107200Selon le site Internet du magazine français Le Point,Omar Bongo, 73 ans dont 41 ans au pouvoir, hospitalisé dans une clinique privée de Barcelone est décédé le 7 juin 2009 des suites d'un cancer de l'intestin. Au niveau de Libreville selon plusieurs sources, dès l’annonce du décès de ce doyen des chefs d’Etats de l’Afrique noire, des inquiétudes persistent au niveau de sa succession, inquiétudes renforcées dit-on  par le récent exemple du Togo où Faure Gnassingbé a remplacé son père.

Pour l’opposition, le fils du président, le ministre de la défense du Gabon, Ali Ben Bongo, serait prêt à succéder au doyen au cas où... Certains pensent plutôt qu’Omar Bongo a déjà préparé sa fille Pascaline, 52 ans, directrice du cabinet présidentiel, à le remplacer. L’opposition craint donc un coup d’Etat constitutionnel

Qui est Omar Bongo ?

Albert-Bernard Bongo est né le 30 décembre 1935 dans la province du Haut-Ogooué, il effectue ses études primaires et secondaires au Congo, puis après son service militaire, il rejoignit d'abord les services secrets français, puis l'entourage de Léon Mba futur président du Gabon, et travailla comme commis des postes. Il parvint par la suite à tenter d'opposer à la stratégie commune une approche plus transversale mais non moins subversive (telle que déclamée dans une lettre ouverte aux représentants de l'ordre établi, datée du 15 mai 1970).

Après l'indépendance en 1960 il fut vice-président et bras droit de Léon Mba, avant de lui succéder après sa mort en 1967. En 1968, il fonde le Parti démocratique gabonais socle du monopartisme jusqu'en 1990.

Omar Bongo se convertit en 1973 à l'islam et devient El Hadj Omar Bongo. En 1990, Bongo est poussé à organiser une conférence nationale à l'issue de laquelle il accepte la restauration du multipartisme. Il ajoute le nom de son père au sien et devient donc en 2004 Omar Bongo Ondimba.

Omar Bongo Ondimba, durant toute ses 41 années de  présidence, dirige le Gabon de façon très directe, monopartisme ou multipartisme important peu.

Omar Bongo Ondimba a été réélu le 27 novembre 2005 avec 79,18 % des suffrages selon les résultats officiels. L’opposition, avec à sa tête Pierre Mamboundou, a dénoncé des fraudes massives constatées lors du scrutin.

Le 14 mars 2009, Edith Lucie Sassou Bongo Ondimba, première dame du Gabon, épouse d'Omar Bongo Ondimba et fille aînée de Denis Sassou Nguesso, décède à Rabat au Maroc, à l'âge de 44 ans des suites d'une longue maladie.

Et sa succession  au cas où il serait décédé ?

Le 6 mai dernier, le Gabon vivait une situation inédite depuis l’indépendance du pays en 1960. Omar Bongo annonçait cesser "momentanément" ses activités liées à sa fonction de chef d’Etat. "Le président prend soin de lui et se repose", déclarait alors un conseiller de la présidence. "Il a pris trois semaines de repos après plus de trois mois d’intense activité." Plongeant ainsi le Gabon dans l’incertitude. Et faisant de sa succession le sujet principal des conversations.

Selon le Figaro dans sa parution en ligne d'hier, Omar Bongo, il est vrai, n'a jamais ménagé sa virilité, la rumeur publique allant jusqu'à lui attribuer plusieurs dizaines d'enfants. Proche parmi les proches, sa fille Pascaline dirige son cabinet. Le mari de celle-ci, Paul Toungui, est ministre de l'Économie et des Finances. Certains observateurs pensent que son fils Ali Ben Bongo, actuellement ministre de la Défense, pourrait lui succéder.

Selon les rumeurs, l’opposition politique serait en train de s’organiser afin de barrer la route à une telle initiative

D'après la constitution gabonaise, c'est la présidente du sénat, Rose Francine Rogombe qui doit prendre "temporairement" la tête du Gabon, tandis que le délai théorique pour organiser des élections se situe entre 45 et 90 jours. Néanmoins, elle ne pourrait pas prendre part aux élections.

L'annonce du décès de Bongo suscite également des polémiques. La ministre gabonaise de la Communication Laure-Olga Gondjout a démenti dimanche soir les informations selon lesquelles le président Omar Bongo était mort. Mme Gondjout, jointe au téléphone par l'Associated Press, a déclaré que M. Bongo "n'est pas mort". Elle a ajouté que le chef du gouvernement Jean Eyéghé Ndong s'était lui-même rendu sur la chaîne nationale pour démentir cette information circulant dans les médias français. Le porte-parole du gouvernement Raphaël N'Toutoume a également démenti "formellement" l'annonce du décès, selon l'ambassade du Gabon à Paris.

Selon Ouedrago Omar du bimensuel burkinabé PAA'O, le décès du président gabonais s'il arrivait que la nouvelle soit fondée, représenterait  sans nul doute un tournant dans la vie politique franco-africaine, tant Omar Bongo constituerait  un élément essentiel du réseau françafricain. Le doyen des chefs d'États africains  quitterait ainsi  la scène à un moment crucial avec l’affaire des biens mal acquis, le décès de sa femme en mars dernier

© Camer.be : Hugues SEUMO

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