Cameroun: Le CPJ préoccupé par les abus contre la presse, écrit à Paul Biya
" Monsieur le Président Biya,Nous sommes très préoccupés par les violations de la liberté de la presse qui persistent au Cameroun. Nous sommes particulièrement alarmés par les récentes menaces de mort contre un directeur de publication, les récentes poursuites judiciaires contre deux journalistes par un tribunal militaire de votre pays, ainsi que les emprisonnements de longues dates de deux autres rédacteurs sur la base d’accusations de diffamation. Nous vous demandons ainsi d'user de votre influence pour mettre fin à ces pratiques qui compromettent la libre circulation de l'information" telle est en substance l'introduction de la lettre adressée au président camerounais par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ)
Cette organisation de défense et de promotion des droits des journalistes basée à New York, s'indigne contre les "séries d'abus contre la presse" au Cameroun, en passant par des emprisonnements de journalistes .
l'ONG explique également avoir envoyé récemment une lettre adressée au président camerounais Paul Biya, "pour demander son intervention" face à "une série d'abus contre la presse".
"Nous sommes très préoccupés par les violations de la liberté de la presse qui persistent au Cameroun", déclare dans ce courrier son directeur exécutif, Joel Simon, exhortant M. Biya à "user de (son) influence pour mettre fin à ces pratiques".
Il cite les menaces de mort contre le directeur de publication de l'hebdomadaire Germinal, Jean Bosco Talla, en lien avec la publication, le 24 juin, d'un rapport d'une ONG française évoquant notamment la fortune du président Biya. Les auteurs de ces menaces n'ont pas été identifiés.
Il rappelle que deux responsables de La Nouvelle Presse (hebdomadaire), Jacques Blaise Mvié et Charles René Nwé, ont été condamnés par un tribunal militaire de Yaoundé à cinq ans de prison et 500.000 FCFA (762 euros) d'amende pour "violation du secret de défense nationale" et "complicité d'insulte".
Les autorités camerounaises leur reprochent la publication, en 2008, d'informations classées "secret défense". Un mandat d'arrêt a été émis par le tribunal, mais les deux journalistes étaient en liberté, "en attendant leur appel", d'après leur avocat.
Autre sujet de préoccupation pour le CPJ, selon la lettre: "les emprisonnements" depuis septembre 2008 "de deux autres rédacteurs sur la base d'accusations de diffamation".
L'un est Lewis Medjo, de l'hebdomadaire La Détente Libre, qui purge une peine de trois ans de prison à Douala (sud) prononcée en janvier et attend l'examen de son appel. L'autre est Michel Mombio, du bimensuel L'Ouest Républicain, incarcéré à Yaoundé et dans l'attente de son jugement.
La CPJ dans sa correspondance signé de Joël Simon le directeur exécutif de la CPJ souhaite que le gouvernement camerounais essaie de revoire les lois sur la diffamation et l’insulte en abrogeant les sanctions pénales pour les délits de presse. "Nous estimons que de telles sanctions induisent l’auto censure dans la presse. Les journalistes ne devraient pas se retrouver en prison pour des articles d’opinion et les citoyens se sentant diffamés devraient se tourner vers les tribunaux civils pour obtenir gain de cause."
H.S