Cameroun: L’opération Epervier n'attrape que des membres du RDPC depuis 2006
C'est au moment où le rapace se montre de plus en plus dangereux que les ennemis de la République affichent leur détermination à vider les caisses de l'Etat.A voir ce qui se passe au Cameroun aujourd'hui on est tenté de conclure que l' Opération épervier lancée le 21 février 2006 avec l'arrestation spectaculaire de quelques barons du régime, n'émeut plus personne, ou du moins on serait en train de passer à côté de la plaque. l'" Opération Epervier " dite également " Opération mains propres " continue, certes, à planer telle une épée de Damoclès sur la tête des gestionnaires indélicats de la fortune publique. Mais elle n'a jusqu'ici pas produit l'effet dissuasif escompté, de l'avis des Camerounais. [...]
Quelques délinquants économiques incarcérés au Cameroun pour détournement de la fortune publique.
Pierre Désiré Engo, directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), arrêté en 1999, 10 ans de prison.
Mounchipou Seidou, ancien ministre des Postes et Télécommunications arrêté en 2003, 20 ans de prison.
Dieudonné Angoula, ancien directeur des Télécommunications arrêté en 2003, 20 ans de prison.
Emmanuel Gérard Ondo Ndong, directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale du Cameroun (FEICOM) arrêté en 2006, 20 ans de prison.
Gilles-Roger Belinga, directeur général société immobilière du Cameroun (SIC), arrêté en 2006, 35 ans de prison.
Joseph Edou, directeur général du Crédit foncier du Cameroun (CFC) arrêté en 2006, 40 ans de prison.
Édouard Nathanaël Etondè Ekoto, ancien président du conseil d’administration du port autonome de Douala (PAD), arrêté en 2006, 15 ans de prison (en appel au lieu de 10 dans un premier jugement du Tribunal de Grande Instance du Wouri).
Alphonse Siyam Siewé, ancien ministre de l’Eau et ancien directeur du port autonome de Douala (PAD), arrêté en 2006, condamné à vie (en appel contre 30 ans dans un premier jugement du Tribunal de Grande Instance du Wouri).
Polycarpe Abah Abah, ancien directeur des impôts, ancien ministre de l’économie et des finances, arrêté en 2008, dossiers en cours d’instruction.
Urbain Olanguena Awono, ancien ministre de la Santé publique, arrêté en 2008. Dossier en cours.
Zacchaeus Mungwe Forjindam, directeur général du chantier naval du Cameroun (CNC), arrêté en 2008. Dossier en cours.
Jean-Marie Atangana Mebara, ancien secrétaire général de la présidence de la république et ancien ministre d’Etat en charge des relations extérieures, arrêté en 2008. Dossier en cours.
Jean-Baptiste Nguini Effa, directeur général de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), arrêté en 2009. Dossier en cours.
Paul Gabriel Ngamo Hamani, ancien administrateur provisoire de la Camair, arrêté en 2009. Dossier en cours.
Jérôme Mendouga, ambassadeur du Cameroun à Washington, arrêté en 2009. Dossier en cours.
Haman Adama Halimatou, ancienne ministre de l’éducation de base, arrêté en 2010. Dossier en cours
Roger Ntongo Onguene, ancien directeur général de l’Autorité aéronautique, arrêté en 2010. Dossier en cours.
Henri Engoulou, ancien ministre délégué aux finances en charge du Budget, arrêté en 2010. Dossier en cours
Catherine Abena, ancienne secrétaire d’Etat auprès du ministre des Enseignements secondaires, arrêtée en 2010. Dossier en cours
Selon les chiffres officiels, environ 4 000 milliards de CFA ont été détournés par la corruption au Cameroun entre 1997 et 2009. De l'argent qui aurait permis, selon les experts financiers, d'acheter au moins un bœing 777, construire 4 barrages hydroélectriques, 10 grands stades de football, et 200 gymnases sportifs, lancer deux satellites de communication, offrir un ordinateur à tous les étudiants réussissant le baccalauréat ou le GCE, construire 20 hôpitaux de référence, construire 1000 écoles primaires, accorder une bourse de 75 000 CFA par mois à tous les étudiants de l'enseignement supérieur etc.
Le problème qui se pose avec cette opération Epervier à notre avis n'est plus celui des arrestations folkloriques qui accompagnent cette véritable chasse à l'homme. L'on devrait se poser ces quelques questions: Pourquoi avoir laissé pendant longtemps les inculpés et accusés dilapider les richesses du pays ? Pourquoi l'on ne déclare pas ses biens au Cameroun ? Qu'a t-on déjà récupéré depuis le début de l'Opération et reversé dans les caisses de l'Etat ?
Quand on sait que ceux qui ont été mis sous mandat de dépôt pour indélicatesse avec les biens de l'Etat, en dehors de la privation de liberté, voient leurs affaires tourner à mille à l'heure, et occupent des cellules dotées de tout le confort possible. A cette allure, n'importe qu'elle famille sacrifierait un des siens pour sortir de la pauvreté au détriment de la masse ". Après des années d’opération EPERVIER, rien n’a changé dans le comportement des dirigeants dans leur comportement vis-à-vis des biens publics. Les personnes impliquées se recrutent toujours dans l’entourage proche du Président de la République, et de surcroît, lui-même a été épinglé publiquement pour détournement de bien publics. Dans le rapport du CCFD, il ya des accusations dont Paul Biya ne peut se défaire. Les millions de francs Cfa versés à la secte française, la villa niçoise de Franck, ce sont là des faits établis et avérés . L'on espère simplement que l'étau ne pourra pas se resserer autour de leurs initiateurs. Just wait and see