Hafis Ruefli « Un Cameroun de demain est possible »
Les Camerounais ont longtemps vécu dans l´incertitude quant à la vacance du poste de président de la république. Les textes existant laissaient un vide avec des conséquences tristes si le Cameroun perdait brusquement son chef d'Etat. Avec la mise en place du sénat, l'élection et la nomination de ses membres, ce vide juridique longtemps décrié est comblé. La nomination de Monsieur Niat Njifendji Marcel à la tête de cette institution a interpellé le CCC (Conseil Citoyen des Camerounais) qui, aurait souhaité que ce soit un jeune doté d'une énergie tonitruante capable de renforcer la dynamique du renouvellement de la classe politique camerounaise.
Pour cette formation politique camerounaise constituée des jeunes et que l'on ne présente plus, que ce soit le Lamido de Rey Bouba, le Fon du Sud-Ouest ou le roi des Bandjoun tous membres du Sénat, ce sont des figures contemporaines de la classe politique qui ne donnent pas la possibilité aux jeunes de se mouvoir dans un pays. Ils incarnent tous un pouvoir traditionnel qui bloque l'émancipation des jeunes.
Selon son jeune leader, le CCC pense pour sa part que l'Etat actuel du Cameroun doit se bâtir avec une nouvelle classe politique car, il est temps de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de leaders politiques aptes à prendre ses responsabilités devant l’histoire et à œuvrer au redressement de notre cher et beau pays le Cameroun.
Sur la lecture ethnique de l’arrivée de M. Niat Njifendji et le Lamido du Rey Bouba.
Le CCC pense qu'il est indéniable n'en déplaisent à ceux de l'Ouest ou du Grand Nord qui ont décidé d'envoyer des motions de soutiens au président de la république dans le but de le remercier d'avoir "confié la gestion du pays entre les mains d'un Bamileké et d'un ressortissant du Grand nord".
Plus loin, Hafis Ruefli le leader du CCC affirme que "Si nous acceptons d'embrasser cette logique ethniciste dans la gestion du pouvoir, cela voudrait simplement signifier que le pouvoir désormais au Cameroun s'est ethnicisé. Le CCC ne se sent pas concernée par tous ces calculs aux colorations ethniques de la gestion du pouvoir. Le Cameroun étant un et indivisible.
Sur la question de la reconstruction du Cameroun.
A la question de savoir sur quelle base devra désormais se construire le Cameroun, Hafis Ruefli affirme sans anicroche que le Cameroun de demain doit se construire sur des bases solides et unitaires et sera l’œuvre des compétences issues de toutes les contrées.
Selon lui, le peuple camerounais depuis bientôt trois décennies est à la recherche d'une oreille plus attentive, d'un projet de société qui fédère toutes les sensibilités et les toutes les composantes sociologiques . Pour lui, l'ère des grands discours est révolue et l'heure est à l'action sur le terrain où il faut partager avec le peuple ses aspirations dans la plus grande transparence.
Natif de Lainde à Garoua dans le Nord-Cameroun, Hafis Ruefli est un fiscaliste et analyste consultant en finance et immobilier sorti de grandes écoles privées de Suisse. il connaît mieux quiconque les réalités socio-économiques du Cameroun son pays. Calme et discret, il croit que le Cameroun a un meilleur avenir en lequel, il suffit de croire.
© Corine Nonga