Qatar:La leçon de l’Emirat du Qatar aux dinosaures d’Afrique
Une première dans le monde arabe et dans ce riche Etat du Golfe au rôle diplomatique clé. L’émir du Qatar, cheikh Hamad,61 ans,arrivé au pouvoir en 1995 par une révolution de palais, a abdiqué mardi au profit de son fils,33 ans. Raison invoquée par le souverain qatarite : Ecrire de nouvelles pages du Qatar avec les jeunes générations. C’est donc, en substance, la motivation fondamentale du souverain qatarite. Au-delà de l’événement, c’est la morale qui en émane, qui est intéressante du point de vue d'une véritable leçon de pédagogie politique.
Voici donc un Emirat, un royaume, qui donne une belle leçon d’alternance à nos Etats d’Afrique où le mot alternance se conjugue au temps passé. C'est aussi une leçon pour ces dirigeants africains qui rêvent de mourir grabataires au pouvoir au lieu d'aller se reposer auprès des leurs dans leur village respectif.
Contrairement aux Etats africains, la succession est dynastique au Qatar, donc normale que le fils succède à son géniteur, même s'il est vrai qu'en Afrique, l'on a retrouvé quelques fils succéder à leur géniteur au mépris des textes fondamentaux.
En Afrique, l'on préfère mourir au pouvoir. Les exemples de Omar Bongo (Gabon), qui meurt en 2009 au pouvoir après l’avoir exercé pendant 41ans ou Mamadou Tandja du Niger, chassé par l’armée de son pays en 2009...sont courants.
Les dirigeants africains même quand ils sont décriés par le peuple à cause de leur gestion parfois calamiteuse, ne songent pas à démissionner. Leur seul souci étant de se maintenir contre vents et marées au pouvoir, au prix de multiples révisions de constitutions.
Ces derniers s’illustrent par leur incapacité à l’exception de quelques-uns tel que Nelson Mandela qui avait déjà posé un acte d’exception en 1999 en Afrique du Sud en faisant montre d’un leadership qui passe le témoin à un autre après son unique mandat dans le but de favoriser l’émergence d’une nouvelle classe politique
L’émir du Qatar en abdiquant au profit d'un jeune donne là une leçon indirectement adressée à tous les leaders et du monde entier.Un message fort à l'intention des leaders de parti politique,d'associations, chefs d'Etats etc.
En Afrique, cette décision pourrait être bien accueillie par les populations vivant sous le règne de présidents séniles. Heureusement que cela soit arrivé après que les Sénégalais aient décidé l’année dernière d’envoyer Abdoulaye Wade à la retraite et que l’armée nigérienne ait pris la responsabilité de déposer Mamadou Tandja.
Mais des Abdoulaye Wade, il y en a encore au Tchad, au Zimbabwe, au Congo, en Guinée Equatoriale, en Angola, au Burkina, au Cameroun, en Gambie et dans d’autres pays africains. A quand le tour de l’Afrique ?
Hugues SEUMO