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31 août 2007

Bruxelles : Les aventures coloniales en Afrique à travers les pinceaux d’un jeune artiste camerounais.

Mus_e_Louvre_ParisUn siècle et des années plus tard, l’Europe rendra t- elle un jour à l’Afrique ce qu’elle lui doit ? La réponse à cette question semblera bizarre pour certains et claire pour d’autres.  Le vieux continent a longtemps puisé une bonne part de son énergie de l’Afrique, encore qu’il ne faut pas ignorer combien les colonies, et l’Afrique plus singulièrement ont empreint l’imaginaire du vieux continent.

Que de fait, ne compte-t-on, à présent de films, d’expositions, de colloques, de débats et de documents de toute espèce sur cet univers foisonnant dont on se plut à croire, trop longtemps, qu’il ne regorgeait guère que de ressources minières, animales ou végétales…

Les sublimes réserves de diamants dit t- on cachés à Anvers en Belgique où les œuvres d’art africains cachées dans les caves en Hollande n’ont-t-ils pas largement contribué à nous prouver le contraire ?

La crise endémique qui mine les relations entre les pays africains et les anciennes puissances colonisatrices depuis de longues années permettent de voir qu’il n’y a pas en Afrique que du Cacao, du Café, de l’or, de l’uranium, du cuivre, de l’ivoire, du Bois, du caoutchouc, sinon des esclaves. Mais une culture toujours vivace et luxuriante qui continue de transcender la plus extrême pauvreté. Et à laquelle l’Europe ne manque jamais de se ressourcer.

Longtemps en Europe, des journaux, bandes dessinées, cartes postales retraçant les aventures coloniales en Afrique furent détruits dans le seul dessein d’effacer dans le subconscient collectif des africains ces macabres aventures historiques. L’histoire ne s’effaçant jamais, les
indices et traces laissés par les colons n’ont jamais disparu.

On comprend mieux aujourd’hui à travers ce triste passé, vu au prisme original des différents intérêts comment la colonie a pu faire le lit des dictatures ambiantes et actuelles  tant décriées en Afrique.

Depuis le 1er septembre dernier, à travers les photos et les toiles d’un jeune  d’origine camerounaise, l’on découvre  dans le hall de l’asbl  Mediatis à Schaerbeek  l’illustration des familles décimées pendant les deux guerres par des milliers de spahis et de tirailleurs sénégalais. Sans oublier la chosification de l’africain à travers des expositions universelles de Paris, Bruxelles et pour mémoire la toute récente exposition en été 2002 à Yvoir / Belgique dans un parc animalier des pygmées Baka venus du Cameroun.

D'abord réaliste, sa peinture y devint progressivement plus synthétique, couleurs et motifs condensant alors le morceau. Des qualités diverses dont témoigne cette petite mais convaincante exposition. La vingtaine de tableaux au rendez-vous est révélatrice d'un parcours créatif sublimé par la découverte de l'histoire coloniale. «Roots» et «Camaroes» sont les toiles les plus prenantes d'un accrochage qui explore bien la diversité imaginative de l'artiste. Faudrait-il enfin résumer ce très vivant panorama en une seule image que l’on retiendra la publicité : Couleurs tropicales, qui concoure en sa manière à présenter clairement l’idée que la colonie a longtemps développée de l’Afrique et que beaucoup n’osent pas en parler..

Dans ses séries, l’artiste travaille directement le pastel en procédant par masses de tons locaux moyens - roses, orangers, beiges - sur lesquels il dessine des hachures superposées plus claires ou foncées qui laissent apparaître, en épaisseur, les demi-teintes de tons voisins.

Avec ce médium, l'artiste peut suggérer la matière onctueuse du subconscient collectif du colon et accroître la qualité de la matité ou du velouté des âmes sensibles.

Les visiteurs curieux de la kyrielle de toiles de Monsieur KENGNE ont jusqu’au 15 septembre 2007 pour admirer les chefs d’œuvres de cet artiste. L'artiste affirme lui même qu'en peignant ses toiles, il écrit avant tout l'histoire de l'Afrique.

L’artiste vit aujourd’hui à Bobigny, banlieue Parisienne après un bref passage au canada.  où il exerce la profession de professeur d’arts plastiques dans un institut de la place.

Depuis 1996, il a réalisé plusieurs expositions au aux USA, Canada, Europe...Le Chaplin l’avait déjà accueilli en novembre 1999.

Hugues SEUMO

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