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31 août 2007

Un autre Cameroun est possible

Cameroun_quel_avenirPlus de quarante cinq ans après l’indépendance du Cameroun, ce pays continu à être empêtré dans de multiples dysfonctionnements. L'on avait espéré un peu naïvement que la pluie des revendications populaires des années quatre-vingt dix  viendrait nettoyer le pays de la kyrielle des maux qui la minent. Erreur. Elle est venue inonder le Cameroun dans le doute et l'exaspération.

Pendant que sous d’autre cieux les démocraties se profilent à l’horizon donnant naissance à  la prospérité et à de  l'espoir, chez nous, c’est la désolation totale.

Le Cameroun disait un contemporain, est devenu  un pays où les espoirs n’ont plus de place. Le peuple désabusé est obligé  de mendier chez le voisin même s’il faut emprunter la pirogue au risque et péril de sa vie pour s’y rendre. Personne n’échappe à la règle. Adultes, jeunes, hommes femme-enfant…

Tous les maux ont repris du galon, la zizanie du terrain, la dictature du service. C’est dans ce pays qu’un  Préfet par exemple ou un commissaire de police qui à bout portant, tire sur des manifestants qui réclament leurs droits élémentaires sans que cela n’émeut personne. C’est dans ce pays que l’impunité a le vent en poupe. Et voilà que le climat social en prend un coup et l'économie s'en va à vau-l'eau.

Peu d'études sur ce pays voisin du Tchad ne laissent réellement place à l'espoir : on ne cesse d'y répéter que  le Cameroun  s'enfonce  et devient de plus en plus  « un musée des maux de l'humanité.. L'image d'un pays abandonné à un groupe de gangsters  paraît résumer l'ensemble des perceptions d’un pays  qui tendrait à se confondre avec la misère, la corruption et la fraude et qui serait la patrie des crises diverses. Lentement, le Cameroun  s'en va à la dérive

Pourtant et fort heureusement, derrière ce décor tourmenté, de nombreuses contestations voient le jour en passant par les syndicats, les associations les mouvements sociaux de jeunes et de femmes, les organisations professionnelles, environnementales, des droits de la personne…, c'est toute la géographie sociale qui est en plein désespoir.

Au Cameroun, la classe politique au pouvoir et l'opposition dite  institutionnelle   sont  les seules à régner en véritable maîtres comme dans une chefferie traditionnelle. Cette classe ne songe, ni à traiter les questions de citoyenneté ni de susciter un dialogue social. Chacun ne pense qu’à s’enrichir illicitement, à piller l’économie du pays. Au Cameroun, on nomme souvent des ministres et les relèvent de leurs fonctions  quand on veut, un peu comme un jeu similaire au « Songo » pour un président qui s’ennuie à faire et à défaire son jeux avec des pions choisis en avance.

Le chemin sera sans doute encore long si rien n’est fait. Le temps de saluer ici les actions des organisations patriotiques de la diaspora. Qui constituent ici des poches de  résistances  organisées en dehors de la chape de plomb du pouvoir en place au Cameroun.

Mais pour que  le peuple se lève d’une seule voie pour mettre fin à ces années de souffrance, il faut qu’on la rééduque par tous les moyens nécessaires que possibles .Il  faut créer au sein de nos associations des espaces de démocratie, fédérer nos efforts dans une dynamique de réseau et offrir des alternatives concrètes aux pratiques sociales et de développement en vigueur. C'est le prix à payer pour échapper à la crise qui guette toute initiative de transformation sociale et d’alternance politique. 

Une  plate-forme commune de la diaspora progressiste comme celle qui existe déjà nous offre-t-elle aujourd'hui l'opportunité de construire un autre Cameroun ou, une fois de plus, une nouvelle occasion pour retomber dans la "raque de l'histoire" ?

A nous d'éviter la deuxième éventualité et de faire en sorte que la première se réalise car, en 2011, j’aurais 27 ans. Depuis 1984, date de ma naissance, je n’ai jamais connue de joie. Un autre Cameroun est possible mais, avec la volonté de tous sans discrimination aucune.

Bintou Fatimata

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