Cameroun : le coût des parkings ne font toujours pas plaisir aux usagers à l'aéroport de Douala
Bientôt un peu plus d'un an après leur instauration, plusieurs automobilistes ne veulent toujours pas payer leur ticket de parking. Facilement accessible de tous, ce parking manque toujours de clients. Plusieurs usagers continuent à le boycotter tout en créant des bouchons le long des halls de l’aéroport.
Il ya de cela quelques années, les emplacements réservés au parking de l’aéroport international de Douala étaient gratuits. Mais un véhicule garé ne serait ce que pour dix minutes en ressortait tout dépouillé. On avait même vu à l’époque des véhicules qui y accédaient et étaient abandonnés pendant des mois par leurs propriétaires car, dépouillés jusqu’aux pots de phares.
" Je ne suis là que pour moins de 10 minutes, et vous me demandez de payer pour me garer ", " Vous faites même quoi avec cet argent, bande de voleurs"." Si vous touchez ne serait ce que le rétroviseur de mon véhicule vous irez en prison" Des phrases comme celles-ci, Bernard A. les entend tous les jours, lui qui est caissier et surveillant de parking à l'aéroport international de Douala.
Tous les jours ouvrables exceptés les week-ends et les jours fériés, Bernard doit s'habiller en tenue bleue sur laquelle on peut lire " Parking Aéroport " dans le dos. Il doit être à son poste de travail dès 7h du matin : " Je travaille de 7h à 18h voire 19 heures. Je vends les tickets de parking valable pour 60 minutes voire plus.
Interrogé sur son employeur, Bernard refuse de nous fournir toutes les informations nécessaires. Bernard selon nos enquêtes est temporaire à l'une des structures privées qui gèrent les parkings de l'aéroport international de Douala.
A la fin du mois, il reçoit un salaire d'environ 50.000 FCFA et des primes tous les mois, s'il parvient à verser plus de 20 000FCfa par jour à son employeur.
Selon Bernard, certains automobilistes refusent de payer. Ils trouvent que donner 300 Fcfa par heure est trop cher. Il ajoute que la majorité des expatriés payent sans discuter. Il en est de même pour les hommes d'affaires. Quant aux taximen, le ton est toujours au durcissement.
Face aux récalcitrants, Bernard affirme qu'il ne dispose d'aucune force pour contraindre un utilisateur du parc à payer pour le temps mis. " Si quelqu'un refuse de payer, je note son numéro d'immatriculation, ou je fais appel à la police de l'aéroport et je bloque la sortie ". Cette solution reste tout de même peu efficace parce que très souvent, " Si je bloque l'unique sortie, du coup ceux qui ont payé sont aussi bloqués au moment de sortir"
" Il existe aussi des chauffeurs qui viennent à la caisse toujours avec des gros billets par exemple ceux de 10 000 Frs CFA ou des billets en Euros ou en Dollars pour un temps mis évalué à 300 Frs Cfa et exigent d'être remboursés immédiatement".
Les agents de parkings travaillent sur des contrats précaires car, à tout moment on est susceptible d'être viré nous confie un taximan que nous avons croisés sur place et qui nous affirme avoir fait ce travail il ya de cela un peu plus d'un an après avoir été viré parce qu’il était accusé de corruption par les usagers.
Il demeure nécessaire de mieux organiser ce service de parking afin d’éviter les embouteillages au niveau de l’aéroport de Douala. Les véhicules se garent dans un désordre indicible et ne font pas la fierté de ce joyau qui est en train de faire peau neuve ces derniers temps. Du pain sur la planche pour les différents gestionnaires mais, un clin d’œil tout de même.
© Camer.be : Evelyn Nana