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29 décembre 2007

Haro sur les APE ! Acteurs non étatiques et organisations de la société civile

APEDécidemment le mouvement de protestation enclenché contre la signature des APE ne décolère pas dans notre pays, notamment dans les rangs des altermondialistes.

En effet, après le grand meeting de protestation tenu il y a une dizaine de jours par la Coalition des organisations de la société civile, dont l’un des acteurs principaux est Aminata Dramane Traoré, c’est au tour des acteurs non étatiques de monter au créneau pour dénoncer ce qu’il conviennent d’appeler les accords d’appauvrissement des pays africains. Dans une déclaration dite de « renforcement de la position nationale » rendue publique la semaine dernière, il ressort que l’Afrique, dans ses grands ensembles sous-régionaux tout comme dans ses petites entités étatiques, n’est pas prête à signer l’Accord de partenariat UE/ACP dans sa forme actuelle.

Estimant que la position de notre pays demande le renvoi de la signature des APE entre l’UE et les ACP à une date ultérieure, les activistes révèlent que l’intégration sous-régionale et régionale est un préalable à la signature desdits accords et que cette intégration n’est pas encore effective. Aussi, déclarent les acteurs non étatiques et les organisations de la société civile, « les acteurs de la négociation, l’UE (une entité régionale européenne) et la CEDEAO (une entité sous-régionale africaine) sont deux entités d’inégale représentativité dans le processus de négociation ». Car, ajoutent-ils, celui-ci, tel qu’engagé, n’offre, par conséquent, aucune forme d’équité et d’égalité de chance face aux échanges commerciaux. « La signature d’une part entre l’UE, et d’autre part par les entités sous-régionales ou étatiques dans les ACP (Afrique, Caraïbes, et Pacifique) est symptomatique de violation de la souveraineté des pays en développement.

Aussi, la signature d’accords cas par cas, d’accords par identité sous-régionale, ou d’accords intermédiaires, ne traduit que la volonté de l’Union européenne d’imposer sa politique divisionniste du monde ACP » martèlent les alter mondialistes. Qui précisent que la signature intermédiaire avec les pays africains, comme la Côte d’Ivoire et le Ghana par exemple, est un acte flagrant visant à compromettre le processus d’intégration sous-régionale et l’Unité africaine. Ainsi, au regard de ces facteurs, les acteurs non étatiques et les organisations de la société civile de notre pays dénoncent, dans la présente déclaration de renforcement de la position nationale, l’acharnement de l’EU à faire signer aux ACP des accords de partenariat économique qui ne respectent point les principes de l’Accord de Cotonou. Aussi, les activistes expriment leur indignation face à la signature desdits accords par le Ghana en tant que, malheureusement, pays assurant la présidence de l’Union africaine.

Exprimant par ailleurs leur désaccord face au « chantage économique et financier de l’Europe sur les pays ACP, et le péril proclamé de nos productions agricoles et de nos industries », les altermondialistes dénoncent « l’aggravation du chômage, l’accroissement de la pauvreté et la détérioration de l’environnement que présage toute signature des APE à ce stade des négociations. « Notre engagement est ferme, et sera constant, à continuer la diffusion de l’information auprès des communautés locales en ce qui concerne les impacts des APE et les enjeux de la politique actuelle de l’Union européenne », déclarent les acteurs non étatiques qui, privilégiant l’investissement pour la création et la promotion de nouvelles entreprises, recommandent la création d’un fonds régional APE pour une compensation des pertes fiscales, estimées à plus de 100 milliards par an, dans le cadre de la mise en œuvre des Accords de partenariat économique.

Aussi, recommandent-ils, l’implication des organisations de la société civile et des parlementaires maliennes et africaines dans le processus de négociation, la définition et la mise en œuvre des politiques commerciales protégeant les populations, etc. Comme pour dire que pour les acteurs non étatiques et les organisations de la société civile de notre pays, la signature des Accords de partenariat économique est suicidaire pour les pays en voie de développement.

Rappelons que les acteurs non étatiques et les organisations de la société civile, signataires de la présente déclaration dite de « renforcement de la position nationale », regroupent, entre autres, l’UNTM, la CAFO, l’ASCOMA, le Collectif des femmes du Mali, COFEM, le Réseau « Yiriba Souma », l’Alliance contre la pauvreté au Mali, la CSTAM, le Conseil national de la société civile, la Coalition des Alternatives, Dette et développement (CAD-Mali).

Par Issa Fakaba SISSOKO de Radio Steve Bantou Biko

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