Eventuel procès d'un présumé financier du génocide rwandais
Vendredi dernier, le procureur fédéral, Michel Yernaux, a requis devant la chambre du Conseil de Bruxelles, le renvoi d'Ephrem Nkezabera devant la cour d'assise.
Ce dernier, âgé de 55 ans, avoue avoir armé et financé des miliciens Interahamwe pour procéder à des massacres de Tutsis durant le génocide de 1994.
Il reconnaît également avoir pris la parole en 1993, devant des combattants Interhamwes pour les appeler à perpétrer ces massacres.
Il serait aussi l'un des financiers de la Radio Mille Collines qui exhortait ses auditeurs à accomplir le génocide.
Par ailleurs, et c'est une première en Belgique, Ephrem Nkezabera est inculpé de crimes de génocides et de viols considérés comme des crimes de guerre.
Mais l'ancien banquier conteste cette accusation, affirmant qu'il s'agissait de partenaires consentantes.
Au cours de son réquisitoire, le procureur du Roi relève aussi que l'inculpé a été filmé alors qu'il buvait du champagne devant une barrière derrière laquelle des enfants, des femmes et des hommes étaient, au même moment, abattus ou découpés jusqu'à ce que mort s'ensuive.
De son côté, l'avocat de la défense, Gilles Vanderbeck conteste non seulement les inculpations de viols, mais aussi celles de génocide, invoquant une erreur de procédure.
L'avocat d'Ephrem Nkezabera affirme que le crime de génocide n'a été introduit qu'en 1999 dans la législation belge, et que donc la loi ne peut être rétroactive pour des faits commis en 1994.
Ses confrères des parties civiles rétorquent que d'autres dispositions antérieures prévoient bien la qualification du crime de génocide.
La chambre du Conseil prononcera son ordonnance le 20 février prochain.
A cette date, on saura plus clairement si Ephrem Nkezabera comparaîtra devant la justice belge, pour les faits qui lui sont reprochés, en application de la loi de compétence universelle.
BBC Afrique